Vendredi 6 avril 2012
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Un poème que vient de m'offrir mon amie AnnaJ que vous pourrez retrouver sur son blog : http://www.annajouy.ch/
A la mémoire de Dimitri Christoulas, 77 ans, qui a mis fin à ses jours le 4 avril comme pour témoigner de la souffrance de tout un peuple.
ô vieil homme inerte
ta mort est une pierre accrochée à ma main
dans la pesée des liasses
ton poids d'ans et de sagesse
vaut son fusil de larmes
le vent fait tourner la noria des gâchettes
il ratisse entre tes os
sa munition de colère
mais la Meule Mirobolante
écrasera les ruffians du désespoir
vois, vieil homme inerte
comme chaque vie dans les médina
se change en pavés et en cris
sous ton ombre qui marche
tu croches à chaque porte
tes marques saignantes
comme des sésames
et touchant tes blessures
le monde derrière toi se lève
et sort enfin de ta mort
vieil homme inerte
tu as pris la route du vide et des béances sans mot
je mets à ma bouche tes dernières pensées
vois
elles sont rouges comme les révolutions
Anna Jouy
Publié dans : Dans mon grenier
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Mercredi 4 avril 2012
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01:13
C'est arrivé doucement
une approche
un froissement de tissus
dans la bande son
un point de colle
sur l'image
et puis le sentiment confus
que ça cloche
un contre-chant
un contretemps.
J'avais trois ans peut être,
la pellicule qui s'effiloche
le film qui saute
et moi qui me dédouble
dans la déchirure
et tombe.
L'escalier sombre
la poussière grise
sur les marches noires
les marches noires
la poussière grise
la toile d'araignée
comme une voile
dans l'escalier
qui attend le vent
comme j'attends...
C'est arrivé doucement
un froissement de tissus
un frémissement d'idée
une ombre dans le miroir
que j'ai suivie
et le film a repris
Du fond de mon miroir
je regarde l'écran
et j'y fais bonne figure
je leur donne l'illusion
je fais semblant
de suivre la mesure
Loran(11/01/12)
Publié dans : Mes textes
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Lundi 19 mars 2012
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22:17
L'éternité ne dure que le temps de l'effroi
qui rôde dans les coeurs dévastés
comme rôdent les loups de Bachar
dans les rues de Souryia déchirée.
L'éternité ne dure que le temps de compter
le poids des morts et le prix du sang
au cours du yuan, au cours du rouble.
L'éternité ne dure que le temps du cri
expulsé de ventres en gorges
que des générations d'échos
colportent des rocailles aux forêts
de nos mémoires oublieuses.
L'éternité se hisse
des strates de nos scories
aux étoiles de nos étreintes
et reprenant vigueur dans l'oeuvre blanche
emperlée de rosée
elle souffle sur la plaine un vent de liberté
Loran
Publié dans : Printemps
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Samedi 3 mars 2012
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22:52
D'un métissage bleu
Aux yeux grands ouverts,
La nuit dilue son encre noire
A l'eau de l'aube, à l'heure blanche.
J'aime cette nuit qui flanche
Sous l'horizon d'ivoire
et la chambre qui s'éclaire
et réveille les feux,
L'ambre chamoisé de ton corps
et ton corps qui se cambre
juste avant l'aurore.
J'attends l'or de tes yeux
et ton sourire de nacre
et le sacre du jour
accroché dans les branches
où mille visages chiffonnent
Mes brouillons de mémoire.
Sous mes yeux entrouverts
Une biche à la roseraie vint boire
pour qui Sisera plus qu'Hever,
oserait, perdant la tête,
Le divin breuvage
D'un métissage bleu
Loran 25/11/2011
Voir l'article de Roland Reumond au sujet de ce poème ici
Publié dans : Mes textes
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Samedi 3 mars 2012
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12:04
Nos chaudes larmes mêlées
coulent dans tes rivières
et l'écho de nos fous rires
raisonne encore d'hier.
Argentine mon amour
Par dessus tes Andes
aux dents de nacre,
ombres envoûtantes
de mes souvenirs,
deux noirs condors
ont pris les airs,
pour d'autres cieux.
Nos chaudes larmes mêlées
coulent dans tes tangos
Et sans vergogne
les vigognes légères de tes doigts
courent sur mon visage.
A l'heure de tes sortilèges
Mes pas s'effacent
sous la neige.
Loran
Mercredi 22 février 2012
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12:33
Les mots agonisent,
Foudroyés
Au son péremptoire
De l'intonation
Qui rôde
Et jaillit
Dans un éclair de lame.
Mes lévitations d'inouï
S'effondrent,
Marquant le pas
Au saut des dits
Infusés
De mots citrons
Qui n'assaisonneront plus
Tes salades.
Ce matin
Des mots défunts
se sont pendus à tes lèvres
et mon corps
soupire
au mausolée
Loran (22.01.2011)
Publié dans : Mes textes
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Lundi 20 février 2012
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10:11
A cause d'une lente noirceur
imprégnée sur vos corps assoupis
j'ai dû veiller au bord de la page
surveillant un peuple d'images qui louvoyaient
entre les mots et les cachots
là où le noir ronge le noir
barbouille les mémoires
d'instants inédits
quel étrange bonheur
lorsque hier
une pluie de paroles déferlait
sur vos silences d'autrefois
dilatant les muscles de vos consciences rugueuses
et pourchassant les loups
jusqu'aux frontières de vos souvenirs
imaginez demain
quand il faudra balayer les feuilles mortes
les vieilles pierres crachées par la nuit
et les cendres des promeneurs en allés
vous chercherez ensuite
des forêts réprimées par le temps
et des steppes qui murmurent
les mots d'argile
à peindre sur la liberté de l'autre
incitant la flamme de vos bras nus
à reprendre le poème entamé la veille
Huguette Bertrand - voir son site : http://www.espacepoetique.com/
Publié dans : Dans mon grenier
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Lundi 30 janvier 2012
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10:01
petit café. jambes très serrées. les gens tout autour. ça parle de tout de rien de rien du tout.
mais le bruit. le bruit sans fin du vide. quelqu'un écoute -t-il? café et ce froid entre peau et laine, ce truc qui court entre des couches et me rétrécit, feutre d'impuissance. je ne me
réchauffe pas. je me retrousse. l'esprit rentre sous les doublures. je retourne au ventre essentiel.
et soudain, qui tombe avec le lait dans le noir, cette sensation palpable du mal de vivre. un flou partout dedans dehors mais là, à ce moment précis, le clair tranchant savoir de
n'être non seulement pas à ma place mais de ne l' avoir jamais été.... ai-je vraiment fui mon état de faussaire, la duperie évidente, si convaincue d'aller vers le vrai? l'ai-je un jour
fait? et réussi...?
je me retrouve là, en cet instant de tea-room, avec cette identique sensation bancale, l'inconfort de tenir le pied en l'air, l'entre ballant des apatrides. je mets le doigt sur
ce sentiment coupable qui fait que toujours vous poursuivent les devoirs pas faits, les lâchetés, les inconstances notoires, cette difficulté d'attache, la fuite à nouveau , toujours.. je
reconnais ma douleur, plus virulente encore comme s'il importait maintenant de me rendre , -oh mais quelle urgence en effet-, à ma place, à cet endroit qui ferait que la vie
était donnée pour cela... défaire le puzzle aux pièces débridées rendre mes tickets de transport, céder enfin à la vie.
mais cette conscience n'annihile nullement l'ostracisme qui me régit... en moi plus épaisse encore maintenant cette évidence, au goût d'arabica, que je ne toucherai jamais mes racines.
est-ce pour cela la poésie...
AnnaJ (voir son blog)
Publié dans : Dans mon grenier
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Jeudi 19 janvier 2012
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01:40
Cette nuit m'accable
de bruits de bottes
et de coups de matraques
de portes que l'on claque
et de fers qui s'entrechoquent
Cette nuit m'accable
de ses cohortes noires
et de leurs chiens de sang
qui rôdent dans ma mémoire
Cette nuit m'accable
de journaux incendiés
de bouches qu'on baillonne
Cette nuit m'accable
de poètes qu'on emprisonne
au retour liberticide
de la nuit macabre
Bientôt
l'aube étendra sa rumeur
sur la retraite des chiens
et blanchira le ciel d'Angye
que cette nuit accable.
Loran
( Pour Angy Gaona - le 19 janvier 2012)
Publié dans : Mes textes
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Dimanche 15 janvier 2012
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21:37
« Ouvrez votre journal n’importe quel jour de la semaine et vous trouverez venant de quelque part dans le monde une dépêche indiquant que quelqu’un a été emprisonné, torturé ou exécuté
parce que ses opinions ou ses croyances religieuses ont été jugées inacceptables par son gouvernement. Ils sont plusieurs millions en prison pour cela et leur nombre ne cesse de croître.
Devant son journal, le lecteur ressent un sentiment d’écœurement et d’impuissance. Or, si ces sentiments de dégoûts répandus dans le monde entier pouvaient être réunis en vue d’une action
commune, quelque chose d’efficace pourrait être réalisé » Peter Benenson
Benenson raconte qu’en 1960, saisissant le journal, il est attiré par un entrefilet en provenance de Lisbonne : deux étudiants ont été arrêtés, incarcérés et condamnés à 7
ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté.
Particulièrement sensible aux injustices qui accompagnent régulièrement les procès politiques, Benenson pense d’abord se rendre à l’ambassade portugaise pour protester. Mais conscient du peu
d’impact qu’aurait une telle démarche, il imagine une action plus percutante : bombarder le gouvernement portugais de lettres de protestation envoyées par des citoyens anglais.
Deux ans plus tard naissait Amnesty International...
Aujourd'hui, comme l'an dernier, un appel est lancé en faveur d'une poète colombienne. Angye Gaona n'a jamais cessé de dénoncer les assassinats et disparitions des opposants à l'état
colombien. En Janvier 2011 elle avait été interpellée puis incarcérée sans qu'aucune charge tangible ne soit retenue contre sa personne. Après une intense campagne de soutien, d'ampleur
internationale, elle avait été libérée. Mais peu de temps après sa sortie de prison, le 20 mai 2011, le couperet est tombé et elle a été accusée de trafic de drogue. Bien évidemment et vous
l'avez compris il s'agit une fois de plus de faire taire la voix de la liberté.
Le procès d'Angye doit commencer le 23 janvier et il est urgent de se mobiliser afin d'influer sur le pouvoir colombien pour obtenir sa libération. Pour ce faire je vous invite à vous rendre
sur le site d'André Chenet à cette adresse :
http://poesiedanger.blogspot.com/
Merci
Parrèsia