Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 20:59

Un poème que vient de m'offrir  mon amie AnnaJ que vous pourrez retrouver sur son blog :  http://www.annajouy.ch/

A la mémoire de Dimitri Christoulas, 77 ans, qui a  mis fin à ses jours le 4 avril comme pour témoigner de la souffrance de tout un peuple.

 

 

ô vieil homme inerte

ta mort est une pierre accrochée à ma main

dans la pesée des liasses

ton poids d'ans et de sagesse

vaut son fusil de larmes

le vent fait tourner la noria des gâchettes

il ratisse entre tes os

sa munition de colère

mais la Meule Mirobolante

écrasera les ruffians du désespoir

 

vois, vieil homme inerte

comme chaque vie dans les médina

se change en pavés et en cris

sous ton ombre qui marche

tu croches à chaque porte

tes marques saignantes

comme des sésames

et touchant tes blessures

le monde derrière toi se lève

et sort enfin de ta mort

 

vieil homme inerte

tu as pris la route du vide et des béances sans mot

je mets à ma bouche tes dernières pensées

vois

elles sont rouges comme les révolutions

 

Anna Jouy

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Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 01:13

 

C'est arrivé doucement
une approche
un froissement de tissus
dans la bande son
un point de colle
sur l'image
et puis le sentiment confus
que ça cloche
un contre-chant
un contretemps.
J'avais trois ans peut être,
la pellicule qui s'effiloche
le film qui saute
et moi qui me dédouble

dans la déchirure
et tombe.

L'escalier sombre
la poussière grise
sur les marches noires
les marches noires
la poussière grise
la toile d'araignée
comme une voile
dans l'escalier
qui attend le vent
comme j'attends...

C'est arrivé doucement
un froissement de tissus
un frémissement d'idée
une ombre dans le miroir
que j'ai suivie
et le film a repris

Du fond de mon miroir
je regarde l'écran
et j'y fais bonne figure
je leur donne l'illusion

je fais semblant

de suivre la mesure

 

Loran(11/01/12)

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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 22:17
L'éternité ne dure que le temps de l'effroi
qui rôde dans les coeurs dévastés
comme rôdent les loups de Bachar
dans les rues de Souryia déchirée.
L'éternité ne dure que le temps de compter
le poids des morts et le prix du sang

au cours du yuan, au cours du rouble.

L'éternité ne dure que le temps du cri
expulsé de ventres en gorges
que des générations d'échos
colportent des rocailles aux forêts
de nos mémoires oublieuses.
L'éternité se hisse
des strates de nos scories
aux étoiles de nos étreintes
et reprenant vigueur dans l'oeuvre blanche
emperlée de rosée
elle souffle sur la plaine un vent de liberté
Loran


Publié dans : Printemps
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 22:52


D'un métissage bleu
Aux yeux grands ouverts,
La nuit dilue son encre noire
A l'eau de l'aube, à l'heure blanche.
J'aime cette nuit qui flanche
Sous l'horizon d'ivoire
et la chambre qui s'éclaire
et réveille les feux,
L'ambre chamoisé de ton corps
et ton corps qui se cambre
juste avant l'aurore.
J'attends l'or de tes yeux
et ton sourire de nacre
et le sacre du jour
accroché dans les branches
où mille visages chiffonnent
Mes brouillons de mémoire.
Sous mes yeux entrouverts
Une biche à la roseraie vint boire
pour qui Sisera plus qu'Hever,
oserait, perdant la tête,
Le divin breuvage 
D'un métissage bleu

 

Loran 25/11/2011

 

Voir l'article de Roland Reumond au sujet de ce poème ici

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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 12:04
Nos chaudes larmes mêlées
coulent  dans tes rivières
et l'écho de nos fous rires
raisonne encore d'hier.
Argentine mon amour
Par dessus tes Andes
aux dents de nacre,
ombres envoûtantes
de mes souvenirs,
deux noirs condors
ont pris les airs,
pour d'autres cieux.
Nos chaudes larmes mêlées
coulent dans tes tangos
Et sans vergogne
les vigognes légères de tes doigts
courent sur mon visage.
A l'heure de tes sortilèges
Mes pas s'effacent
sous la neige.

Loran
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Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 12:33

 

Les mots agonisent,

Foudroyés

Au son péremptoire

De l'intonation

Qui rôde

Et jaillit

Dans un éclair de lame.

 

Mes lévitations d'inouï

S'effondrent,

Marquant le pas

Au saut des dits

Infusés

De mots citrons

Qui n'assaisonneront plus

Tes salades.

 

Ce matin

Des mots défunts

se sont pendus à tes lèvres

et mon corps

soupire

au mausolée

 

Loran (22.01.2011)

 

 

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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 10:11

A cause d'une lente noirceur
imprégnée sur vos corps assoupis
j'ai dû veiller au bord de la page
surveillant un peuple d'images qui louvoyaient
entre les mots et les cachots
là où le noir ronge le noir
barbouille les mémoires
d'instants inédits

quel étrange bonheur
lorsque hier
une pluie de paroles déferlait
sur vos silences d'autrefois
dilatant les muscles de vos consciences rugueuses
et pourchassant les loups
jusqu'aux frontières de vos souvenirs

imaginez demain
quand il faudra balayer les feuilles mortes
les vieilles pierres crachées par la nuit
et les cendres des promeneurs en allés

vous chercherez ensuite
des forêts réprimées par le temps
et des steppes qui murmurent
les mots d'argile
à peindre sur la liberté de l'autre
incitant la flamme de vos bras nus
à reprendre le poème entamé la veille

 

Huguette Bertrand - voir son site : http://www.espacepoetique.com/

 


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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 10:01

petit café. jambes très serrées. les gens tout autour. ça parle de tout de rien de rien du tout.

mais le bruit. le bruit sans fin du vide. quelqu'un écoute -t-il? café et ce froid entre peau et laine, ce truc qui court entre des couches et me rétrécit, feutre d'impuissance. je ne me réchauffe pas. je me retrousse. l'esprit rentre sous les doublures. je retourne au ventre essentiel.

et soudain, qui tombe avec le lait dans le noir,  cette sensation palpable du mal de vivre. un flou partout dedans dehors mais là, à ce moment précis, le clair tranchant savoir  de n'être  non seulement pas à ma place mais de ne l' avoir jamais été.... ai-je vraiment fui mon état de faussaire, la duperie évidente, si convaincue d'aller vers le vrai? l'ai-je un jour fait? et réussi...?

je me retrouve là, en cet instant de tea-room, avec cette identique sensation  bancale, l'inconfort de tenir le pied en l'air, l'entre ballant des  apatrides.  je mets le doigt sur ce sentiment coupable qui fait que toujours vous poursuivent les devoirs pas faits, les lâchetés, les inconstances notoires, cette difficulté d'attache, la fuite à nouveau , toujours.. je reconnais ma douleur, plus virulente encore comme s'il importait maintenant de me rendre , -oh mais quelle urgence  en effet-, à ma  place, à cet endroit  qui ferait que la vie était donnée pour cela... défaire le puzzle aux pièces débridées rendre mes tickets de transport, céder enfin à la vie.

mais cette conscience n'annihile nullement l'ostracisme qui me régit...  en moi plus épaisse encore maintenant cette évidence, au goût d'arabica, que je ne toucherai jamais mes racines. est-ce pour cela la poésie...

 

AnnaJ (voir son blog)

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 01:40

Cette nuit m'accable
de bruits de bottes
et de coups de matraques
de portes que l'on claque
et de fers qui s'entrechoquent

Cette nuit m'accable
de ses cohortes noires
et de leurs chiens de sang
qui rôdent dans ma mémoire

Cette nuit m'accable
de journaux incendiés
de bouches qu'on baillonne

Cette nuit m'accable
de poètes qu'on emprisonne
au retour liberticide
de la nuit macabre

Bientôt
l'aube étendra sa rumeur
sur la retraite des chiens
et blanchira le ciel d'Angye
que cette nuit accable.

 

Loran

( Pour Angy Gaona - le 19 janvier 2012)

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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 21:37

« Ouvrez votre journal n’importe quel jour de la semaine et vous trouverez venant de quelque part dans le monde une dépêche indiquant que quelqu’un a été emprisonné, torturé ou exécuté parce que ses opinions ou ses croyances religieuses ont été jugées inacceptables par son gouvernement. Ils sont plusieurs millions en prison pour cela et leur nombre ne cesse de croître. Devant son journal, le lecteur ressent un sentiment d’écœurement et d’impuissance. Or, si ces sentiments de dégoûts répandus dans le monde entier pouvaient être réunis en vue d’une action commune, quelque chose d’efficace pourrait être réalisé  »  Peter Benenson

 

Benenson raconte qu’en 1960, saisissant le journal, il est attiré par un entrefilet en provenance de Lisbonne : deux étudiants ont été arrêtés, incarcérés et condamnés à 7 ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté.

Particulièrement sensible aux injustices qui accompagnent régulièrement les procès politiques, Benenson pense d’abord se rendre à l’ambassade portugaise pour protester. Mais conscient du peu d’impact qu’aurait une telle démarche, il imagine une action plus percutante : bombarder le gouvernement portugais de lettres de protestation envoyées par des citoyens anglais.  Deux ans plus tard naissait Amnesty International...

 

Aujourd'hui, comme l'an dernier, un appel est lancé en faveur d'une poète colombienne. Angye Gaona n'a jamais cessé de dénoncer les assassinats et disparitions des opposants à l'état colombien.  En Janvier 2011 elle avait été interpellée puis incarcérée sans qu'aucune charge tangible ne soit retenue contre sa personne. Après une intense campagne de soutien, d'ampleur internationale, elle avait été libérée. Mais peu de temps après sa sortie de prison, le 20 mai 2011, le couperet est tombé et elle a été accusée de trafic de drogue. Bien évidemment et vous l'avez compris il s'agit une fois de plus de faire taire la voix de la liberté.

 

Le procès d'Angye doit commencer le 23 janvier et il est urgent de se mobiliser afin d'influer sur le pouvoir colombien pour obtenir sa libération. Pour ce faire je vous invite à vous rendre sur le site d'André Chenet à cette adresse :

http://poesiedanger.blogspot.com/

 

Merci

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