Cette nuit
J'ai fait un rêve étrange
Etrange comme les fruits de Georgie
Cette nuit
Homo Nobili
J'ai fait un rêve étrange
de croix incendiées
et de feuilles ensanglantées.
J'ai rêvé
Homo Letalis
Qu'on lapidait à tours de bras
Au nom du père ou bien du fils
Dans les rues d'Atlanta.
Quand je me suis éveillé
Ce vingt deux septembre
A cinq heures dix
Au pénitencier de Jackson
s'éteignait Troy Davis
Homo Nobili
Homo letalis
Et les feuilles
des arbres de georgie
Etaient encore
rouge sang
Ce soir encore il attend... Oh ce n'est même plus vraiment pénible cette attente... du moins c'est ce qu'il se dit. Car il s'en dit des choses désormais, il s'en raconte, il se peuple l'esprit.
Sa tête est un grand hall de gare où déambule une foule disparate et fugitive...
Il ne sait plus. Il lui reste une lueur lointaine qui vacille. Il attend, nuit et jour, qu'elle s'éteigne ou reprenne vigueur...
Il attend des trains dont personne ne descend, il regarde les heures sans les compter, il ne sait plus compter...
Il attend sur la sellette comme un prévenu en attente de jugement, en attente d'un verdict auquel sa vie future est suspendue...
Sa vie future, ça le fait sourire lui pour qui ce mot a perdu toute substance, coincé qu'il est dans cet éternel présent qui résume son attente.
Mais qu'attend-il ?
Qu'espère t-il ?
Depuis le temps qu'il attend, il ne sait plus vraiment, et cette seule pensée lui donne le vertige...
Il se raconte, des mots au hasard qui résonnent au silence de sa tête vide.
Elephant... Pyramide... Poisson rouge...
On dit que les poissons rouges ont une mémoire de trois secondes,quelle chance. Il enchaine,
Hypodrome, Syndrome, Stockholm... Jan Erik Olsson. Patricia Hearst.
Pourquoi ces gens viennent ils le hanter ?
Il se secoue, s'arrache à son attente. Il se déplie, se force à regarder en dehors, autour...
Il s'oblige à reprendre pied, parmi les siens...
Bon sang, il a pourtant des responsabilités ! et puis, cette attente l'étouffe, il doit respirer, bouger, oublier les quais de gare fut elle de Stockholm...
Ah, tendre... Vous l'aviez prévenu pourtant ! Mais il n'entendait pas...
Vous lui aviez dit que les prisons parfois n'ont pas de murs.
Qu'on ne pouvait s'évader comme ça, sur commande....
Mais il n'entendait pas comme il n'entend pas encore aujourd'hui...
Il préfère attendre encore, demain, jusqu'à la fin de l'attente... Cette attente...
Cette douleur lancinante de l'incertitude qui l'emprisonne, si familière qu'il finit par la réclamer, la désirer, comme la preuve d'un amour déchirure qui se cache et murmure...
Alors lui, l'incrédule, se tourne vers le ciel et prie... Pour que cette attente enfin s'achève...
Puis il attend, dans cette gare dévastée, des trains qui ne viendront plus.
Je partirai demain pour cet étrange ailleurs
cet ailleurs improbable où la chair n'a pas cours.
Je laisserai demain cet habit bien trop lourd
sans avoir d'autre choix qu'apprivoiser mes peurs,
sans avoir d'autre choix que d'injurier le sort
qui m'infligea la vie pour m'imposer la mort.
Sans état d'âme, sans au revoir et sans mémoire
Partirai-je demain sans savoir que je pars
te laissant sur le quai seule et désemparée ?
Bien j'en mourrais de chagrin, à n'en pas douter !
Des vierges en paradis ça la fit rire. Et puis, faut bien le dire, De la lettre, l'esprit est hors d'atteinte Quand c'est son pied que l'on vénère La barbe dans le sang. Sale affaire Sale affiche, Le souf y manque Et l'oie habite la haine Ça la fit taire, De peur...
J'avais oublié le guide du nitrique voyage
et je marchais dans les flaques
au bord d'un cimetière
où l'habit cynique de la nuit qui cage
blanchit la page idéelique
des anciennes chimères.
Des arbres maléfiques se tordent
et tout autour, une fresque démoniaque
de spectres difformes
hurlant aux ténèbres
des sons synthétiques multiformes.
Fuir ! Courir dans l'oblique.
Je crie : Lumière !
Mais le noir sardonise...
Terreur...
Mes pieds dans l'immonde sensation de vide
se posent
j'ouvre les yeux sur une lueur faible et léthargique
qui s'évapore dans l'air insipide
qu'elle embrase soudain
en un gigantesque incendie.
Douce Lumière,
ile promise de mes paradis biosynthétiques,
Symphonie élégiaque de couleurs transparentes,
merveilleux décors d'harmonie cristalline...
Je vis,
je sens,
je vois,
lumière envoutante et sanguine.
je suis dans la fresque grandiose; je suis unique.
Je suis moi, je suis Tout... Ne suis je pas dieu ?!
Tendre beauté bercée par tant de joie prophétique
C'est un beau voyage, Je suis moi,
Lésia ! J'expire à Guernesey des mots crapauds privés de sens, Chantant aux mules amusées De jolis souvenirs d'en France, Quand ton sein cloué sur mon coeur Poussait la marée salicole Des pages de mon livre d'heures Aux lignes de tes lèvres folles. Mon âme à ton coeur s'est donnée Et je te cherche comme un fou Quand guère ne sais si tu fus mienne A Divona ou Guernesey. Dans l'ombre tendre de Julienne Le sable coule à tes genoux Mes doigts démaquillant tes yeux Quand la tendresse te trahit Aux heures blanches de nos jeux. Que tu voudrais tout voir fini Et que j'implore que le temps cesse, Et que j'implore que le temps cesse...
Loran (version 2 de j'expire à Guernesey - 26 janvier 2011 )
(à mon ami extra-terrestre Rollo Tomasi qui s'en est retourné sur sa planète au cours de cette fichue année 2010)
Non vraiment je ne veux plus Il y a bien trop longtemps... Je n'irai plus au bois des flutes ondines Pour émincer des échalotes ! Elle s'alla tremper à la fontaine. Les mandarines s'agglutinaient au couchant, Le soleil couché s'endormit. Elle hésita, avant de prendre la route, Le condescendant escalier des plaisirs indélicats Glissait sa rampe huileuse à boule terminale. Armée de cyniques desseins La Bellissima tricota son chapeau. Les breloques D'un camerlingue aux crémasters alanguis, Tâteur de têtes molles en mal de raideurs bucoliques, Pendaient tristement. Il avait mal aux fleurs, Javanaise affection de ses neurones. Il en manquait, Ses plumes recollées Il partit en chercher au jardin suspendu Il s'envola puis disparu.
Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D
ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com