Dans mon grenier

Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 02:14

Par Loran
Je t’ai attendu
et tu n’es pas venu.
Mon Dieu !
que je suis triste
elles ont fané
aussitôt
les roses que j’avais apportées
pour faire ta connaissance

*

Il y a de ça deux ans
et quelques mois
je t’ai envoyé mon imagination

Il y a deux ans
et quelques mois
que mon imagination t’espionne.

Deux ans et quelques mois
ont passé
et je n’ai pas de nouvelles
de mon imagination
comme si elle s’était perdue en toi
à moins qu’elle n’ait fait de toi
sa patrie.

*

Dieu a créé la terre
en six jours,
le septième
il s’est reposé.

Quand il a voulu te créer
il a eu besoin
de milliers d’années
de millions d’hommes
et de femmes.

Dieu a créé la terre en six jours
et je ne sais ce qu’il a fait
le septième,
mais quand il a commencé
de me créer
il a eu terriblement besoin
d’un homme
comme toi.

MARAM AL-MASRI


 Maram al Masri

 

Installée à Paris en 1982

après des études en littérature

anglaise à Damas

Maram al-Masri (مرام المصري),

est une poétesse syrienne.

Elle est considérée comme

l’une des voix féminines

les plus connues et les plus

captivantes de sa génération.




 

 Maram al-Masri  
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 01:11

Par Loran

Hier je suis allé aux sources andersen
qui irriguent ma mémoire
plongeant mes mains d'orpailleur
dans des eaux de toutes sortes
mes yeux cupides se sont allumés
à bien des ors factices
ces flux ne me livrèrent jamais
qu'incisions vives de carmin
pourpres saturées et repoussantes
rondes bosses vertes
des mouches qui creusent
la paupière des morts
je me suis épuisé
à cette quête navrante
ne découvrant jamais
que reliquats frugaux
parmi la rosée frêle et froide
un jour enfin
j'ai regardé le fleuve dans les yeux
et dit "allons-nous en"
nous sommes partis
nous avons choisi de suivre
le ruisseau perdu
qui serpente en moi.

 

Christian Erwin Andersen : http://bris-de-verre.over-blog.com/

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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 09:28

Par Loran

Ecce Mulier !Bizarre déité, brune comme les nuits,
Au parfum mélangé de musc et de havane,
Œuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
Sorcière au flanc d’ébène, enfant des noirs minuits,

Je préfère au constance, à l’opium, au nuits,
L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane ;
Quand vers toi mes désirs partent en caravane,
Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis.
 

Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme,
Ô démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme;
Je ne suis pas le Styx pour t’embrasser neuf fois,

Hélas ! et je ne puis, Mégère libertine,
Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
Dans l’enfer de ton lit devenir Proserpine !

 

Baudelaire

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Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 09:12

Par Loran

Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche
Est large à faire envie à la plus belle blanche;
A l'artiste pensif ton corps est doux et cher;
Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair.
Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t'a fait naître,
Ta tâche est d'allumer la pipe de ton maître,
De pourvoir les flacons d'eaux fraîches et d'odeurs,
De chasser loin du lit les moustiques rodeurs,
Et, dès que le matin fait chanter les platanes,
D'acheter au bazar ananas et bananes.
Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus,
Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus;
Et quand descend le soir au manteau d'écarlate,
Tu poses doucement ton corps sur une natte,
Où tes rêves flottants sont pleins de colibris,
Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris.

Pourquoi, l'heureuse enfant, veux-tu voir notre France,
Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance,
Et, confiant ta vie aux bras forts des marins,
Faire de grands adieux à tes chers tamarins?
Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles,
Frissonante là-bas sous la neige et les grêles,
Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs,
Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs,
Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges
Et vendre le parfum de tes charmes étranges,
L'oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards,
Des cocotiers absents les fantômes épars!

 

Baudelaire

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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 18:15

Par Loran

Oui, ce monde est bien plat ; quant à l'autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

 

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes.
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord
Me plonge en une extase infinie et m'endort
Comme aux parfums mourants de mille cassolettes.

 

Et j'entre au paradis, fleuri de rêves clairs
Ou l'on voit se mêler en valses fantastiques
Des éléphants en rut à des choeurs de moustiques.

 

Et puis, quand je m'éveille en songeant à mes vers,
Je contemple, le coeur plein d'une douce joie,
Mon cher pouce rôti comme une cuisse d'oie.

 

 

Jules Laforgue

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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 21:27

Par Loran


Et un jeune dit, Parle-nous de l'Amitié.
Et il répondit, disant:
Votre ami est votre besoin qui a trouvé une réponse.
Il est le champ que vous semez avec amour et moissonnez avec reconnaissance.
Il est votre table et votre foyer.
Car vous venez à lui avec votre faim, et vous cherchez en lui la paix.
Lorsque votre ami parle de ses pensées vous ne craignez
pas le "non" de votre esprit, ni ne refusez le "oui".
Et quand il est silencieux votre coeur ne cesse d'écouter son coeur;
Car en amitié, toutes les pensées, tous les désirs, toutes les attentes naissent et sont partagés sans mots, dans une joie muette.
Quand vous vous séparez de votre ami, ne vous désolez pas ;
Car ce que vous aimez en lui peut être plus clair en son absence, comme la montagne pour le randonneur est plus visible vue de la plaine.
Et qu'il n'y ait d'autre intention dans l'amitié que l'approfondissement de l'esprit.
Car l'amour qui cherche autre chose que la révélation de son propre mystère n'est pas l'amour, mais un filet jeté au loin : et ce que vous prenez est vain.
Et donnez à votre ami le meilleur de vous-même.
Et s'il doit connaître le reflux de votre marée, laissez le connaître aussi son flux.
Car qu'est-ce que votre ami si vous venez le voir avec pour tout présent des heures à tuer  ?
Venez toujours le voir avec des heures à faire vivre.
Car il est là pour remplir vos besoins, et non votre néant.
Et dans la tendresse de l'amitié qu'il y ait le rire et le partage des plaisirs.
Car dans la rosée de menues choses le coeur trouve son matin et sa fraîcheur. 

 

Khalil GIBRAN

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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 19:33

Par Loran

Regard perdu dans le temps

Un poème de Maggy De Coster

 

Je vois passer le temps
Comme une traînée de chiens sans museaux
Le temps c'est une meute de désespoirs
Qui s'engueulent dans les volutes des printemps perdus
Et qui s'enchevêtrent dans l'entrebâillement du vide
Le temps c'est la connerie du présent
Qui chantonne à double voix
A l'opéra des myriades d'oiseaux
Qui ont perdu leur nid
Et qui s'enfoncent dans la profondeur
Des jours sans vergogne
Le temps c'est la lumière grisâtre
Qui s'éteint quand l'âne braie
Dans la prairie des insolences
De l'espérance chavirée
Avec son sac en bandoulière
C'est un vieux chiffon qui moisit
Dans la liqueur forte des passés lointains
C'est le rouge-gorge qui dit merde à la nature

 

Maggy De Coster

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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 10:14

Par Loran

j'ai retrouvé mon calme.andersen.jpg
 
En somme, la rencontre avec la mort avait été brève, comme je l'eus été avec l'assassin ! 
 
Puis, d'un seul coup, je me suis mis à trembler, de tous mes membres.
 
Je commençais soudain à comprendre. J'ai porté les mains au visage. Les masques ! Oui. C'était ça. Les masques. Moi aussi.
 
 
auriez-vous davantage
de vérité trébuchante
que les plus pures
gemmes sonnantes
de la langue
 
ô masques superposés
et silencieux
que taisent à escient
les tables de loi
 
je m’enivre ici
de l’arrachement
qui vous recompose
sans fin
et me livre pantelant
aux éblouissements du neuf
 
masques au levant
les armes cliquètent
au couchant
le ciel s’embrase
 
couteau sur la gorge
la vie rougeoie
 
c’est à l’étale
sur une plage déserte
que la mort vomit
nos enfantements
 
 
Christian Erwin Andersen dans "Adressé aux chiens & Petite histoire du meurtre"

 

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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 09:15

Par Loran
Heureusement, en des temps re­culés, ma découverte des mots fut érotique. Dans la bibliothèque du bourg, dans l'antre des bouqui­nistes, l'odeur des livres qui avaient pris de l'âge et dont le papier se froissait tels des des­sous de demi-mondaine m'inspi­rait des remous érectiles. Combien d'ouvrages, et pas seu­lement les interdits, n'ai-je pas doucement entrouverts, violés en secret et refermés souillés ?  Quand on commence par ressen­tir l'écriture à la façon dont on désire une femme, quand on re­joint l'une dans l'épaisseur des pages et le fouillis des phrases un peu de la manière que l'on rejoint l'autre, la nuit, dans un fourré ou une alcôve, peut-être se destine-t-on, sans le savoir, à entretenir avec la littérature des rapports étranges et dévorants. Comment suis-je entré dans le textuel, si­non par le libidinal.. Par l'intui­tion, la troublante sensation, que le vocabulaire n'était pas d'un matériau voué aux délectations de l'esprit... Les mots que je ma­nipulais me semblaient non seu­lement sensuels au point d'être de sang, mais aussi excités au point d'être de verge ou de vulve. Mes  premières écritures, je les vivais  comme  un emmêlement de signes de désir, de pénétration, une sorte de création tactile se ré­percutant procréatrice. Je sexuais les mots qui ne l'étaient pas. Ils le devenaient    sous    l'effet d'une brûlante, caniculaire poussée  de concupiscence. Parfois,  les  mots n'étaient que de petits organes séminaux, tapis dans les signifi­cations. D'autres fois, c'était d'une pulpeuse sonorité que naissait l'obscène tressaillement.  D'une espèce d'entrejambages laiteux, ou d'un corps plurisylla­bique tout en rondeurs, certaines velues. Cette perception luxurieuse de l'acte d'écrire et des fonctions viscérales du verbe fut décisive. Elle m'éclaira sur les formidables prédispositions des pulsions à se constituer en roman,  voire en philosophie, d'une vie. C'est parce que j'ai vu, senti, écouté les mots se grimper les uns sur les autres, souvent ivres, pour produire des générations de pensées avides elles-mêmes de faire noces, et ainsi se multiplier, que j'ai pu fonder pour mon propre compte une culture trépidante, un mode de connaissance rythmique, fié­vreux, aussi peu suspect que possible de sclérose ou d'avachis­sement. Sans cela, comment au­rais-je pu trouver la force de faire de mon inadaptation à ce monde une activité certes trop désespérée pour être brandie comme un exemple et pourtant assez in­tense pour être vécue comme une aventure ? 
 Marcel Moreau

in Tiens n°1, 1996.

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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 00:35

Par Loran

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise:
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière les voiles,
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est, par un ciel d’automne attiédi,
Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor!

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur,
Et tout cet ail de basse cuisine!

Prends l’éloquence et tords-lui son cou!
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où?

O qui dira les torts de la Rime!
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime?

De la musique encore et toujours!
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.

PAUL VERLAINE

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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 02:38

Par Loran

 

Nombres des gammes, points rayonnants de l'anneau
Hiérarchique, - 1 2, 3 4 5, 6 7 -
Sons, voyelles, couleurs vous répondent car c'est
Vous qui les ordonnez pour les fêtes du Beau.

La OU cinabre, Si EU orangé, DO, O
Jaune, Ré A vert, Mi E bleu, Fa I violet,
Sol U carmin - Ainsi mystérieux effet
De la nature, vous répond un triple écho,

Nombres des gammes ! Et la chair, faible, en des drames
De rires et de pleurs se délecte. - O L'Enfer,
L'Aurore ! La Clarté, La Verdure, L'Ether !

La Résignation du deuil, repos des âmes,
Et La Passion, monstre aux étreintes de fer,
Qui nous reprend ! - Tout est par vous, Nombres des gammes !

 

Ernest Cabaner

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Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 12:05

Par Loran

 

La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur,

de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l'ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle

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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 15:05

Par Loran


Sur la berge du Nil, un soir, une hyène rencontra un crocodile.
- Comment allez-vous ? dit-elle au crocodile
- Ca va mal pour moi, répondit-il, dans ma peine et mon chagrin lorsque je pleure,

les autres créatures disent de mes larmes qu'elles ne sont que  larmes de crocodile.

Ca me blesse plus que je saurais le dire.


Alors la hyène dit :

"Tu parles de ta peine et de ton chagrin, mais pense à moi, un moment.

Je regarde la beauté du monde, ses merveilles et ses miracles, et gagnée

par une joie pure je ris de même que le jour rit.

Et alors le peuple de la jungle dit : "Ce n'est que le rire d'une hyène. "

 

Extrait de Khalil GIBRAN

 

 

"Alors le crocodile se mit à rire et la hyene s'autorisa quelques larmes apaisantes... "  Loran :))

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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 09:15

Par Loran

VETEMENTS

Un jour la Beauté et le Laid se rencontrèrent sur le rivage.

Et ils se dirent : " Allons nous baigner dans la mer. "
Alors ils se dévêtirent et nagèrent.

Au bout d'un moment le Laid revint sur le rivage ;

il s'habilla avec les vêtements de la Beauté et poursuivit son chemin.
Et la beauté sortit aussi de la mer,

mais ne trouva pas ses habits ;

parce qu'elle était trop timide pour rester nue, elle s'habilla avec les vêtements du Laid.

Et la Beauté poursuivit son chemin.


Et à compter de ce jour les hommes et les femmes prennent l'un pour l'autre.
Cependant il en est qui ont aperçu le visage de la Beauté,

et ils la reconnaissent malgré ses habits.

Et il en est qui connaissent le visage du Laid,

et ses vêtements ne le dissimulent pas à leurs yeux.

 

Khalil GIBRAN

 

J'ai beaucoup de chance,

j'ai vu le visage de la beauté

je lui ai caressé la joue, elle m'a souri.

Depuis son nom coule en moi comme du miel

Loran

 

 

 

 

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 10:33

Par Loran

MargueriteYourcenar, de son vrai nom Marguerite Cleenewerck de Crayencour est née à Bruxelles, le 8 juin 1903 et décédée à Mount Desert Island, États-Unis le 17 décembre 1987. Je vous propose à l'occasion de cet anniversaire un de ses poèmes.

 

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon coeur un doux coeur adopté
Et que rien, ni le temps, d'autres amours, ni l'âge
N'empêcheront jamais que vous ayez été;

Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que le lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.

Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant.

Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme
M'instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

 

(extrait du recueil "Les charités d'Alcippe"  nouvelle édition 1984, Gallimard)

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Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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