Lundi 19 juillet 2010
1
19
/07
/Juil
/2010
14:00
Par Loran
Des mots cris fusent en flot lacrymal
C'est écrit là, sur la page du journal
L'écriveur s'éteint
L'écrivain s'endort
La mort survient
Des cris vains au corps
L'écrit vain s'efface
L'écrivain passe
à l'heure pile
il avait choisi face
C'est pile
Publié dans : recueil
-
8
Dimanche 20 juin 2010
7
20
/06
/Juin
/2010
10:26
Par Loran
A l'ombre des cèdres
pubères,
abreuvées du lait ruisselant
des hauteurs du Sannine,
les identités meurtrières
enfin s'épouseront.
Le vieil Hermon
enlaçant Saouda la divine,
Assal et Laban
couleront leurs douceurs
au lit d'Aïn el Arouss.
Alors enfin, mon coeur,
au coeur du Mont Liban,
énivré d'encens
je boirai ton nectar
et franchirai le seuil
de Firdaous.
Loran
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-
7
Jeudi 17 juin 2010
4
17
/06
/Juin
/2010
11:38
Par Loran
La côte est en vue
et les lueurs du port
et la mer est pensive et s'étale
que l'étrave fend silencieuse.
La côte est en vue
et les lueurs du port
Et le désir à l'eau
de rejoindre l'amante.
Et ses blancs acacias
qui trempaient leur tignasse
à l'encre turquoise
et repeignaient sans hâte
les nuages en partance.
Les cordages se tendent
aux soupirs de la coque.
Des regrets du grand large
Aux ennuis immobiles
d'une course achevée,
le ciel moribond
vomissait l'océan
crachant au visage
une mer outragée.
La côte est en vue
et les lueurs du port
et la mer est en deuil
toute drapée de noir
Loran
Lundi 10 mai 2010
1
10
/05
/Mai
/2010
07:34
Par Loran
Sur le quai du temps
je me regarde passer
le nez à la portière
Je traverse le temps
dans ce fichu train,
déchirure éphémère
d'un paysage immobile
qui s'étire et se replie.
Sur le quai du temps
je me regarde passer
sans joie et sans remord
le nez sur l'horloge
de mon prochain passage.
Sur le quai du temps
j'ai planté mes valises
et mes jambes à mon cou
je cours la gare buissonnière.
Loran
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-
9
Lundi 10 mai 2010
1
10
/05
/Mai
/2010
06:41
Par Loran
Les soirs d'étés
Embaumés de roses ou de jasmin
Il est un miroir ou je me glisse
Comme dans une onde fraiche
Vêtue de satin noir
éclaboussé de lune.
Au chant de quelques grillons noctambules
Lentement la nuit s'étale
Et je te vois alors, mon ange
Comme un doux murmure de voile
Des étoiles dans tes cheveux
Caressant mon visage.
Sur le bout de mes doigts
petit prince envolé
tes rires d'enfant
tes regards moqueurs
et mon coeur assoiffé
de ton absence tendre...
Loran
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-
6
Jeudi 15 avril 2010
4
15
/04
/Avr
/2010
12:40
Par Loran
Sans porte et sans serrure
Un temple sans toiture
tendait au septentrion
son parvis de pierre.
Sur ses colonnes, point de dorure
Et pas de tentures sur ses murs.
Si quelques Eons
Quelques divinités
annoncières
vinrent y séjourner
Aucun concile
Aucun codicille
n'en fut rédigé.
Aucune sourate aucun psaume ni relique
Aucun verset fut-il satanique
n'en troublait la quiétude bucolique
Un arbre majestueux trônait là
au beau milieu comme un mât.
Enfants nous nous y retrouvions
Chaque semaine pour fumer
parler de la vie qui nous invitait.
Nous y faisions des banquets
partageant ce que nous apportions.
Il y avait Etienne le fils du brasseur
Il y avait Samir l'egyptien
et Jacob le fils du pasteur
Il y avait Ruth et Julien
Puis Wasis et bertrand
Harun qu'on surnommait volcan.
Dedans c'était nos prénoms
dehors c'était ma soeur ou mon frère...
Comme je voudrais les revoir,
Mes frères noirs et bruns,
Mes soeurs miel et vanille
Et me retrouver petit garçon
Une fois encore dans ce temple d’autrefois.
Loran
Mardi 13 avril 2010
2
13
/04
/Avr
/2010
00:58
Par Loran
Je
veux
me taire
comme se taisent
les blessures périphériques
d'un corps
qui n'entend plus
que la douleur d'être
sourde
qui le ronge
Je veux dissoudre ma médiocrité
à l'ocre rouge de cette plage
amère
que la vague n'atteint plus
Arrêter ma course
inutile
et regarder en face
vaincu
le vide victorieux
Fondre
ma mémoire
aux vapeurs d'un alcool
et
m'endormir
en
fin
Loran
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14
Samedi 10 avril 2010
6
10
/04
/Avr
/2010
18:30
Par Loran
L'été jouait
sur la plage.
Elle avait tissé dans les branches
un nid
s'y prélasssant
faussement ingénue.
A travers les feuilles
Le soleil pointa
son rai de lumière
sur le corps
dénudé.
C'est alors que j'eus soif
et qu'elle le vit.
Contre un baiser
Elle me fit l'offrande
d'un abricot,
le bruit des vagues
nous emporta.
Loran

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-
8
Lundi 8 mars 2010
1
08
/03
/Mars
/2010
10:01
Par Loran
J'étais assis, momifié
dans un vieux rocking chair
les yeux hagards.
Partout regnait la poussière,
d'anciennes larmes
y avaient tracé
sur mon visage creux,
deux oueds secs
et déposé dans leur lit
une croute de sel.
J'étais sur le quai d'une de ces gares
de Western spaghetti,
une de ces gares d'après fièvre,
quand avec ou sans or,
comme un vol de criquets
les chercheurs furent partis,
ne laissant plus que ruines.
J'étais vide, recroquevillé, lyophilisé.
Je n'avais plus d'idées plus d'odeur
et même les mouches m'avaient oublié.
A travers le voile blanchâtre de mes yeux
Combien de temps encore
le ballet de quelques tumbleweeds
roulés par le vent allait-il me hanter ?
Je ne compris pas de suite ce qui m'arrivait...
Ce qui furent jadis mes lèvres s'entrouvrirent
puis des perles de feu roulèrent sur ma langue déchirée.
Bientôt je fus comme un nouveau né
dont le seul horizon est le sein de sa mère
s'y accrochant bec et ongle.
Pour la première fois de ma vie je buvais
des larmes de dieu à grands coups de glotte.
De l'eau ! Encore de l'eau...
C'est au centre de mon être
que réapparut l'univers,
ses sources et ses jardins.
J'avais oublié l'extérieur.
Elle souffla sur mes yeux puis les humecta
et ses lèvres ruisselèrent à mon oreille.
Elle recueillit enfin mes premières larmes
et mes brouillons de mots,
c'est alors que je la vis.
Elle venait me dit-elle d'un pays étrange
une frange forestière
entre le désert et la mer
Mais moi je sais
Qu'elle est mon ange
Loran
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-
10
Samedi 6 mars 2010
6
06
/03
/Mars
/2010
17:40
Par Loran
Une raideur
torticole à planté
son couteau dans la plèbe
et hante de rumeurs
assassines
les rêves
arboricoles.
Plus
tôt
Ni
Homme
Ni bête
ne percevait
du ciel un tel effroi.
Plût aux hommes
le contentement de la flamme
cuisant la pâte et noircissant les chairs
Loran
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-
3
Vendredi 5 mars 2010
5
05
/03
/Mars
/2010
03:00
Par Loran
C'est l'heure étrange
où chasse sur la plaine
le Grand Duc affamé
choisissant ses victimes.
Du manoir déserté
La muraille inquiètante
jette ses créneaux noirs
au néant de la nuit
où l'astre blafard
portant le voile
Luit.
Un remord de douves
Exhale ses halos de brume
où des spectres licencieux
se frôlent
dans la rumeur macabre
des engoulevents
et des murmures
de lune.
C'est l'heure mystérieuse
où la terre soupire
Loran
Mercredi 24 février 2010
3
24
/02
/Fév
/2010
23:01
Par Loran
Sous les branches d'un tamaris
elle avait suspendu sa toile
et s'y balançait
nonchalante.
Là bas, près du feu,
autour des flammes folles
les chants créoles
résonnaient encore.
J'avais pris le large.
Le rhum sans doute
et les parfums de la nuit
avaient fini par me griser.
Je m'étais fondu au décors
flânant parmi les fleurs
dans l'ombre de la nuit.
Personne ne la cherchait,
je ne l'avais pas vue.
Elle murmura mon nom...
Dans un rayon de lune
elle était là, sur son hamac,
entièrement dévêtue,
ruisselante, ses petits seins
dressés comptant les étoiles.
Sous les branches d'un tamaris
elle avait tissé sa toile
et m'y attendait
languissante...
Elle me tendait ses bras
Elle me tendait ses jambes
et moi, prenant racine,
ma raison vacilla
au rythme des chants lancinants,
du grincement de la branche
et des hallucinantes plaintes.
Loran
Jeudi 18 février 2010
4
18
/02
/Fév
/2010
21:47
Par Loran
D'abord
se préserver des coups
les poings près du visage.
Garder les yeux ouverts,
Aux premières loges
Voir ce qui arrive.
Envelopper chaque blessure
Qu'il tentera d'atteindre.
Garder l'équilibre.
Surtout,
Ne pas avoir peur,
Ne pas sombrer,
Ne pas penser...
De toutes mes forces
rugir et frapper, griffer
déchirer et même rire !
C'est la fin
Le point de non retour,
Ne plus trembler
Ne pas pleurer.
Vaincre enfin
ou mourir,
dernier recours,
dernières forces.
Loran
Mercredi 17 février 2010
3
17
/02
/Fév
/2010
01:00
Par Loran
Devant l'église,
sur la place ensoleillée
quelques bigottes en avance rassemblées
cancanaient en attendant la messe.
Ma baguette toute chaude à la main
j'avais fendu la troupe bêlante endimanchée
pour m'asseoir en terrasse.
J'y savourais un café
et la douceur printanière.
Je ne la vis pas arriver
elle était là devant moi, debout...
Puis-je m'asseoir à votre table ?
"Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !"
Je défaille, je bafouille, elle prend place...
"Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse"
D'une main gracieuse
elle enlève ses lunettes noires
et le vent de ses yeux
s'engouffre dans les miens.
Un éclair,
puis la nuit !
Loran
Dimanche 7 février 2010
7
07
/02
/Fév
/2010
02:50
Par Loran
Aux barbelés du temps
les mois d'insouciance
mon âme ecchymose
lambeaux de peau
Écorchures amantes
Aux barbelés du temps
la mort égratignée
déchira sa toge
et toute dévêtue
jusqu'à moi
yeux noirs de jais
et lèvres amarantes
Elle accouru
Je lui ouvris les bras
Aux barbelés du temps
j'ai pendu mes haillons
et frayeurs viscérales
elle posa ma main
sur sa peau douce
et dans un souffle
à mon oreille murmura :
Prends moi...
Aux barbelés du temps
je ne m'écorche plus
A chaque année
A chaque jour qui passe
Au fil du temps
Dans l'ivresse de son corps
Je meurs et je renais
en attendant la noce
Loran