Devant l'église, sur la place ensoleillée quelques bigottes en avance rassemblées cancanaient en attendant la messe. Ma baguette toute chaude à la main j'avais fendu la troupe bêlante endimanchée pour m'asseoir en terrasse. J'y savourais un café et la douceur printanière. Je ne la vis pas arriver elle était là devant moi, debout... Puis-je m'asseoir à votre table ? "Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !" Je défaille, je bafouille, elle prend place... "Longue, mince, en grand deuil, […]
Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ces deux poèmes, de Michèle Sébal, que j'aime beaucoup. Je vous invite à découvrir son blog : Dreamlita Tentation Sur la table offerte aux lueurs d'un été, petit, oblong et roux, une tentation d'or... Un fruit, en deux par le milieu fendu. Délectation piquante et sirupeuse à portée de ma main, presque frôler ta main, l'envie étourdissante des pulpes mêler le bout de nos doigts si près effleurés, porter à nos lèvres ce fruit de péché. Ô fragrance […]
Je vous propose aujourd'hui le texte suivant d'un poète marocain Mohammed El Jerroudi que j'ai la chance de compter parmi mes amis. Je me baigne dans vos poèmes. Barques fragiles portez-moi loin loin de moi-même portez loin mon départ Ni le bruit de mes souliers blessés... Ni le pied nu que j'étreins auprès de mon coeur ne peuvent connaître l'heure de mes départs. J'escalade la montagne de vos désirs J'entends le clapotement de vos rêves... Ils remuent la pierre. Vous êtes le pollen qui […]
Aux barbelés du temps les mois d'insouciance mon âme ecchymose lambeaux de peau Écorchures amantes Aux barbelés du temps la mort égratignée déchira sa toge et toute dévêtue jusqu'à moi yeux noirs de jais et lèvres amarantes Elle accouru Je lui ouvris les bras Aux barbelés du temps j'ai pendu mes haillons et frayeurs viscérales elle posa ma main sur sa peau douce et dans un souffle à mon oreille murmura : Prends moi... Aux barbelés du temps je ne m'écorche plus A chaque année A chaque jour […]
Versatile Versa-telle dans mon bol Rebelle Un soupçon de cette potion Volatile ? Une poignée de vers libres Passion volubile s'entortillent se glissent et s'insinuent puis frissonnent jusqu'en bas tout en bas D'une page Image Insatiable et frivole. Loin Des liaisons entrelacées Aux impressions bizarres d'étoffes industrialisées Je préfère l'artisanat D'une chaude caresse aux accents vermillon Tendre glissade D'incarnat Aux reflets de jade. Touches de bonheur sur fond d'azur Quelques notes […]
Connais tu le son, Connais tu le son des mots, le son des mots lus ? Les mots lus sont dits sans son. Les mots lus sont dits, sans plus. Connais tu le son des mots ? Le son des mots dits lus. Le son des mots tus. Est ce que les mots tus sont dits sans son ? Est ce que le son des mots tue ? Et le son des mots lus, tue t-il ? Est ce que les mots dits tuent ? Et le frisson des mots ? Connais tu le frisson des mots ? Connais tu le frisson du chant des mots qui te laisse sans voix et t'envole... […]
Au soleil haut Je plaisantais avec la belle argiope étalant ses dentelles à l'ombre d'un rosier. Une abeille qui faisait son marché un instant se posa pour me saluer puis regagna ses pénates. Soudain une rumeur dans les brins d'herbe tendre vint égrener les accents d'une chanson paillarde quand une troupe colorée de cherche-midis en vadrouille apparut au pied d'une pivoine. Les gendarmes en rouge livrée revenaient d'un banquet copieusement arrosé chez les fourmis voisines pourvoyeuses […]
Comme il existe deux sortes de silence je vois deux formes de solitude. C'est une question de distance plus que d'habitude une quête lucide, un regard sur l'existence. Que s'éteignent les bruits ambiants, le silence s'installe enveloppe de feutre mon tumulte intérieur. La paix acoustique de l'environnement social naît de l'isolement numérique extérieur, Solitude géographique passagère. Mais quand je descends dans mes eaux profondes là où resplendit l'improbable lumière tandis qu'au dehors […]
Regarde ce cube sur la table, il est a toi, c'est un cadeau. Tout autour, sur ses faces, j'ai gravé quelques signes. Un poisson un chameau une dent sur la dernière un souffle. Ce cube est une boite mais si tu l'ouvrais aujourd'hui tu n'y trouverais rien tu croirais qu'elle est vide. Dedans, Un oiseau porte sa croix il attend que tu trouves la clé pour pouvoir s'envoler Loran
(NAZIM HIKMET) - Mes frères En dépit de mes cheveux blonds Je suis Asiatique. En dépit de mes yeux bleus Je suis Africain. Chez moi, là-bas, les arbres n’ont pas d’ombre à leur pied Tout comme les vôtres, là-bas. Chez moi, là-bas, le pain quotidien est dans la gueule du lion. Et les dragons sont couchés devant les fontaines Et l’on meurt chez moi avant la cinquantaine Tout comme chez vous là-bas. En dépit de mes cheveux blonds Je suis Asiatique. En dépit de mes yeux bleus Je suis Africain. […]
Le 28 janvier Lézardes et Murmures fête sa première année d'existence... A cette occasion je voudrais remercier mes visiteurs de la première heure, ceux qui sont restés fidèles malgré les aléas de mes débuts maladroits. Je veux remercier également celles et ceux qui chaque jour m'encouragent à poursuivre dans cette difficile voie de la "poétique" et qui me font la faveur d'aimer ce que j' écris avec plus ou moins de réussite. Loran Les statistiques générales du blog depuis sa création Date […]
Revenant fouiller les ciseaux, J'ai vu de beaux fragments disparaître. Puis une photo est apparue. Une photo de femme, Une femme au corps de papier Où un poème s'écrivait. Ce n'était pas mon destin. C'était celui d'un autre. Il s'appelait Loran. Il commençait son poème, Et son poème ne nommait pas le sensuel, Car son poème était le sensuel. Dans l'abîme de sa douceur, Les sensualistes n'avaient plus pied. Il s'appelait Loran _ Eric Valnerbauch
L'impitoyable éphéméride irrémédiablement s' effeuille et jette dans la grande corbeille, nos souvenirs de sang. Ce soir, le grand sablier aura d'une nouvelle ride à mon front froissé cette page. Le grimoire oublié, aux parfums de craie, d'encriers et de marronniers jaunis, aux pages nicotines, tachées en Saône et Loire ou Bordelais, entre lesquelles négligemment endormie à peine effeuillée une marguerite sourit, ce grimoire poussiéreux demain s'ouvrira sur une page blanche. Lettre ouverte […]
Croyances étranges de l'homme... Celle-ci le méprise cette autre l'adule... Mais ce corps véhicule sans adoration ni mépris m'emporte et me jette à la faille frivole d'Univers imbriqués, l'un épousant l'autre où le corps exulte et disperse à l'extase l'esprit éclaté qui défaille. Loran
Pourtant, avant l'ultime soubresaut, la rumeur pudique de leur drame croupissait déjà sous nos fenêtres son odeur miséreuse... A l'angoisse des coups, de Terre ou d'état, La tendre convoitise amère ricane. Humaine déchirure... Mais dans ce champ de ruines où s'empilent corps et maigres biens, dans ce champ de gravats où rôdent les chiens, qu'une vie renaisse et ce peuple démembré se dresse, digne et fier, et pousse au ciel son chant d'espoir déchirant. Loran
Parrèsia