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J'étais assis, momifié dans un vieux rocking-chair, les yeux hagards.

J'étais assis sur le quai d'une de ces gares d'après fièvre quand, avec ou sans or,
comme un vol de criquets, les chercheurs furent partis ne laissant que ruine.

Partout régnait la poussière, d'anciennes larmes y avaient tracé sur mon visage creux
deux oueds secs et déposé dans leur lit une croute de sel.

J'étais vide, recroquevillé, lyophilisé. Je n'avais plus d'idées plus d'odeur et même les mouches m'avaient oublié. Seuls quelques tumbleweeds roulés par le vent s'obstinaient à me hanter

Je ne compris pas de suite ce qui arriva.

Ce qui furent jadis mes lèvres s'entrouvrirent puis des perles de feu roulèrent sur ma langue déchirée. Bientôt, comme un nouveau né dont le seul horizon est le sein de sa mère, s'y accrochant, bec et ongles, pour la première fois de ma vie je buvais à grands coups de glotte des larmes de dieu.

De l'eau...
De l'eau enfin !

C'est au centre de mon être que réapparut l'univers, ses sources et ses jardins. J'avais oublié l'extérieur.

Elle souffla sur mes yeux puis les humecta et ses lèvres ruisselèrent à mon oreille une chanson douce, c'est alors qu'elle m'apparut.
Elle but mes premières larmes et mes brouillons de mots.

Elle venait disait-elle d'une terre étrangère où coulent le miel et le lait.
Elle venait à tire d'aile d'une frange forestière entre le sable et le temps.

Elle s'envola puis disparut

Loran

Tag(s) : #Mes textes, #laurent Chaineux

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