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Je déchire la table et j'insulte
le visiteur invisible et l'ami
qui ne vient jamais.
Se concertent hors de ma vue
bouteilles, chaises, œufs.
Je dors,
un œil sous chaque aisselle.
Et le visage pur.

L'ombre du sang,
sur la vitrine complice,
amène un fouillis noir d'épines.
Je dessine avec le givre
le drapeau de la révolution,
lumineux et léger.
Abondent victuailles, laines,
et soleils et sommeils.
Dans ma bouche
un chemin prend naissance,
que je ne pourrai suivre.

Je croyais saisir un arbre,
engloutir un feuillage,
caresser des racines.
Je croyais à cette ombre
que partageait le jour.
Gorge sèche des corneilles.
Douleur à peine vive.
Couleur avide et mortelle.

Vif. Indéfinissable.
Chaque pierre t'aime,
et chaque arbre,
dieu bleu qui m'entoure
doucement de tes palabres.
Tes cheveux noirs engloutissent
l'eau pauvre et glacée.
Rivière où je perds la raison.

Jacques Izoard
 

 

Tag(s) : #Jacques Izoard, #Dans mon grenier

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