Lundi 11 janvier 2010
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09:52
Par Loran

Un mètre quatre-vingts au garrot environ
un cul comme un fourgon
il
était à dix pas
en contrebas
dans le parc à Rhinos.
De dos,
une énorme
vache
en combinaison de plongée
aux bourrelets de locomotive.
Je ne voyais pas sa tête
il
somnolait sans doute
après un tel banquet.
Elle, mignonne se penche
évaluant la taille de la bête
à la profondeur de l'enclos
et, dans la
fosse
laisse tomber les clés du carrosse.
Il faisait un temps de chien
et pas un chat à la palmyre
encore moins de palefrenier.
La belle
s'inquiète,
Non ! je n'ai pas le double...
elle tergiverse.
Son oeil humide repeint l'horizon
mais à l'horizon personne.
En bas sol
mou
et l'autre dort...
J'enjambe la bordure.
Sur le sol battu
deux mètres
cinquante plus bas
mes semelles ont fait un plat
réveillant l'omnibus.
Lancer à la blonde son trousseau,
les quatre tonnes au quart de tour.
Je saute la main
tendue
vers la barre de fer qui rampe sur le mur
quand un maladroit venu je ne sais d'où
voulant sans doute me porter secours
rate mon poignet qui rate la prise.
Je ne me retourne pas touchant le fond,
je bondis une dernière fois.
On m'attrape, me
propulse
on m'expulse et dans mon ascension
la corne dressée
telle un sabre luisant de samouraï
passe à deux millimètres de mon cul.
Je vole par dessus la
clôture
et me pose sur les genoux.
Mon sauveur
se dissout sans un mot.
Personne ne se souvient de son visage.
Parfois la
nuit
quand je fais le compte de mes vies
je pense à lui.
Loran
Lundi 4 janvier 2010
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Par Loran
Sans fard
Et nu
L'un passe
L'autre naît
L'an passe
L'autre niais
L'an passe
L'autre niait
L'an passe
L'autre n'y est
L'impasse
L'hôte renaît
Nu
Phare
Loran
Mercredi 16 décembre 2009
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18:17
Par Loran
C'était en 2009 à Copenhague
Ils étaient 20
ou bien 120
Ils avaient froid à Copenhague
il était encore temps
C'était avant
C'était en 2009 à Copenhague
servant leurs frères
leurs multinationales
se souciant de la mer
ou de la banque mondiale
C'était en 2009 à Copenhague
avant l'exode et le manque d'eau
avant que Copenhague
n'ait les pieds dans l'eau
C'était à Copenhague avant hier
avant ce soir qui tombe
sur des barbelés de fer
qui étranglent le monde.
Loran
Mardi 1 décembre 2009
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15:12
Par Loran
Dans l'univers
de la sémantique lexicale
se trament d' étonnantes pratiques.
Je savais l' épicène ambigu
J'ignorais l'homonyme parenté.
Un jour
un beau manche qui n'était pas de bois
rencontra, lascive
une jolie manche suspendue
à quelque fausse patère de vestibule.
Je ne sais comment
en quel lieu ils se trouvèrent,
ni même ce qu'ils se dirent.
J'apprends dernièrement
la naissance chez les manches
d'un manchon,
et d'une jolie manchette
qui fit la une des journaux.
Loran
Lundi 26 octobre 2009
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09:47
Par Loran
Ma vie était faite, toute de solitude et de livres que je n'ouvre plus...
Un seul livre m'obsède désormais dont nous venons d'écrire
à l'encre indélébile quelques chapitres maladroits...
L'inconnu familier qui s'annonce à des relents d'espoir...
Je ne veux rien oublier ni m'interdire aucune évocation...
Je ne serai pas résigné, la résignation est oubli de soi même,
elle est soumission...
C'est ça, je serai insoumis, je veux vivre debout...
Je n'ai rien...
Rien d'autre à te donner que mon souffle ou vibrent ces mots,
maladroits peut être mais sincères...
Oublier ? comment pouvoir, comment vouloir...
Comment vivre encore sans un voile sombre sur le coeur ?
L'oubli serait une prison, un abime, une tombe ...
Ouvrir puis fermer les yeux, les ouvrir encore et l'image se fait...
On n'oublie pas on superpose... tant mieux...
Cet autre, à la vie figée, coincé qu'il était dans un iceberg, il avance...
Il avance vers ces souvenirs de jours meilleurs
au soleil de ses yeux, aux soupirs de sa peau....
Elle, la moitié de sa réponse, navigue à l'amour mieux qu'à l'estime.
L'une vers l'un, je sais qu'ils se retrouveront...
Je sais qu'elle le retrouvera, son regard dans le mien, éclairé d'étoiles.
Moi, j'ai repris la barre au maître du temps
J'ai flingué mes hectopascals pour ses entrées maritimes...
Regarde mes grands arbres d'ordinaire irrévérencieux se plier jusqu'à terre à l'annonce de sa venue...
J'attends ce chaos sublime d'un temps qui se voulait perdu dans l'oeil de jade de mes chats abyssins.
C'est demain que ton fantôme prend corps et que le mien exulte aux vétustes caveaux...
Je me berce aux muets murmures de nos doigts enchevêtrés enfin, depuis tant de lustres, et
Je choisis la vie plutôt que l'enfermement, au poids des chaines je préfère le vent.
Dis, quand reviendras tu ?
Loran
Publié dans : recueil
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