Je partirai demain pour cet étrange ailleurs cet ailleurs improbable où la chair n'a pas cours. Je laisserai demain cet habit bien trop lourd sans avoir d'autre choix qu'apprivoiser mes peurs, sans avoir d'autre choix que d'injurier le sort qui m'infligea la vie pour m'imposer la mort. Sans état d'âme, sans au revoir et sans mémoire Partirai-je demain sans savoir que je pars te laissant sur le quai seule et désemparée ? Bien j'en mourrais de chagrin, à n'en pas douter ! Loran
Haut veuvage inhalé sous le voile Une vierge noire en grand deuil paupière sourde visage pâle. A la tristesse de son oeil quelque diablerie s'immisce envoûtant mon regard. Déraisonnables prémisses, Dents sang soir. Qu'à la braise de ton oeil souffle un vent d'état d'urgente vengeance que ton ventre affamé réclame incendiant ton calice d'un brûlant dessein qui soupire. Loran
Rêve sanglant l'acier froid de l'hiver à poignardé le ciel juste après ton départ. Et sur mes rives exsangues où cristallisent mes vers s'est déposé le gel de ma morte langue et de ses rêves barbares. Là, sous ce lac rubicond où saigne le remord des soleils moribonds, ultime offrande, j'irai glacer le sang que tes oiseaux morts attendent furibonds Loran
L'arbre est dans le fruit mon amour bien avant le ver. Un beau jour vers midi au sortir de l'hiver, peut être t'en souviens tu, au coeur d'une pomme ses pépins en offrande une étoile apparut. L'arbre est dans le fruit mon amour bien avant l'hiver. Une pomme au jardin attendait ton retour et t'attendrait encore aujourd'hui. Mais dans le fruit fatigué que les mois décomposent L'étoile a filé. Et dans la chair putréfiée, Comme un reste de toi, Un arbre a germé, ce matin Loran
Si celui que vous appelez Dieu, Quelque soit son Nom est infiniment juste et bon, s'Il est, comme semblent le dire toutes vos religions, cet Amour Universel principe de toute chose, dites moi comment ce "Très haut et très miséricordieux", si loin de toutes les bassesses de cette pauvre terre, dites moi comment Lui, l'Inconnaissable, l'Innommable, l'Inatteignable pourrait vouloir se doter des milices des hommes, des donneurs de leçons, des légions de clercs qui vous encamisolent, vous […]
Insidieux L'Homme créa. Ainsi dieu créa l'Homme. Femme et homme En un les deux Zénith et Nadir Dans l'émeraude. Moitié Tant que plénitude. Cantique des quantiques Le Conscient du glaive et L'inconscient de Coupe Sans voile sur le feu S'épousent. Ish et Isha debouts et nus Sous les Eaux pleurent. Loran
Des vierges en paradis ça la fit rire. Et puis, faut bien le dire, De la lettre, l'esprit est hors d'atteinte Quand c'est son pied que l'on vénère La barbe dans le sang. Sale affaire Sale affiche, Le souf y manque Et l'oie habite la haine Ça la fit taire, De peur... Loran
Regard perdu dans le temps Un poème de Maggy De Coster Je vois passer le temps Comme une traînée de chiens sans museaux Le temps c'est une meute de désespoirs Qui s'engueulent dans les volutes des printemps perdus Et qui s'enchevêtrent dans l'entrebâillement du vide Le temps c'est la connerie du présent Qui chantonne à double voix A l'opéra des myriades d'oiseaux Qui ont perdu leur nid Et qui s'enfoncent dans la profondeur Des jours sans vergogne Le temps c'est la lumière grisâtre Qui […]
Quand sert au logis Le froid mordant de l'hiver, Que le vieux poele s'époumone d'une buche encore verte crachant sa sève mousseuse aux flammes chancelantes, Les corps se resserrent à la chaleur des jours qu'on a laissés fuir et prolifèrent des mots qui ne se diront plus. Des mots en trop des moribonds à couvrir le silence qu'enserrent déjà les ombres des jours sans partage Loran
Il y a Des mots de laine Qu'on garde en boule Ou qu'on déroule, Des "tu me manques" Comme des boites Qu'on ne veut pas ouvrir. Il y a des mots qu'on ne veut pas entendre Qu'on aimerait pouvoir dire. Il y a ce que les tiroirs disent Quand on les ouvre Et qu'ils soupirent quand on les ferme Et puis, De tout ce bruit, L'extrême lassitude... loran
J'avais oublié le guide du nitrique voyage et je marchais dans les flaques au bord d'un cimetière où l'habit cynique de la nuit qui cage blanchit la page idéelique des anciennes chimères. Des arbres maléfiques se tordent et tout autour, une fresque démoniaque de spectres difformes hurlant aux ténèbres des sons synthétiques multiformes. Fuir ! Courir dans l'oblique. Je crie : Lumière ! Mais le noir sardonise... Terreur... Mes pieds dans l'immonde sensation de vide se posent j'ouvre les yeux […]
Parrèsia