Lundi 8 mars 2010
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Par Loran
J'étais assis, momifié
dans un vieux rocking chair
les yeux hagards.
Partout regnait la poussière,
d'anciennes larmes
y avaient tracé
sur mon visage creux,
deux oueds secs
et déposé dans leur lit
une croute de sel.
J'étais sur le quai d'une de ces gares
de Western spaghetti,
une de ces gares d'après fièvre,
quand avec ou sans or,
comme un vol de criquets
les chercheurs furent partis,
ne laissant plus que ruines.
J'étais vide, recroquevillé, lyophilisé.
Je n'avais plus d'idées plus d'odeur
et même les mouches m'avaient oublié.
A travers le voile blanchâtre de mes yeux
Combien de temps encore
le ballet de quelques tumbleweeds
roulés par le vent allait-il me hanter ?
Je ne compris pas de suite ce qui m'arrivait...
Ce qui furent jadis mes lèvres s'entrouvrirent
puis des perles de feu roulèrent sur ma langue déchirée.
Bientôt je fus comme un nouveau né
dont le seul horizon est le sein de sa mère
s'y accrochant bec et ongle.
Pour la première fois de ma vie je buvais
des larmes de dieu à grands coups de glotte.
De l'eau ! Encore de l'eau...
C'est au centre de mon être
que réapparut l'univers,
ses sources et ses jardins.
J'avais oublié l'extérieur.
Elle souffla sur mes yeux puis les humecta
et ses lèvres ruisselèrent à mon oreille.
Elle recueillit enfin mes premières larmes
et mes brouillons de mots,
c'est alors que je la vis.
Elle venait me dit-elle d'un pays étrange
une frange forestière
entre le désert et la mer
Mais moi je sais
Qu'elle est mon ange
Loran
Publié dans : recueil
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