Partager l'article ! Vibrations: Je marchais sur le boulevard, virtuel... Je me baladais de page en groupe et de groupe en page tout à l'émervei ...
Je marchais sur le boulevard, virtuel...
Je me baladais de page en groupe et de groupe en page
tout à l'émerveillement quotidien du social network...
Je me baladais comme un souffle de vent léger
au milieu de cette foule d'amis nouveaux
jamais entrevus et déjà si présents.
Moi, l'électron libre, fan de Brassens, je chantais "le pluriel ne vaut rien à l'homme"
je me construisais ma bulle où seuls quelques initiés pouvaient pénétrer.
Je flottais dans cette cohue du vacarme de laquelle se distinguait néanmoins ce puissant appel à l'amour, à la
tendresse...
Touchant appel...
Bande à part,chantait Georges, Sacrebleu c'est ma règle et j'y tiens...
Pourtant, chacun, du fond de sa propre bulle semblait rayonner et fusionner à merveille l'individuel si farouche au collectif réputé, pourtant, si ingrat...
Moi, le Aleph de Jorge Luis Borges, les pieds sismographes et les bras au cosmos, j'expérimentais encore et toujours mon humanité subtile, diapason mystère que la moindre intention mettait en résonance.
Le pluriel ne vaut rien à l'homme, c'est pourtant vérifié...
C'est le secret des planches de Facebook qui fait du pluriel un multiple tête à tête...
J'en étais là de mes cogitations compulsives lorsqu'au détour d'une page je la vis...
Une question sans réponse, déposée là comme un ex-voto, une bouteille à la mer, un appel dans le vent.
Vous ne me croirez pas mais en remarquant cette question je les ai entendus rire, anges ou démons, cachés dans la transparence, dans le silence de nos réponses suspendues.
J'ai attrapé le point final de la question, j'ai tiré doucement et le fil a suivi, détricotant les mots un à un puis la phrase toute entière, jusqu'à la plume qui l'avait gravée. Jusqu'à la main et jusqu'au coeur de son auteur.
Etais-je le magicien ou bien la victime du charme ?
Ce coeur est en vie, il vibre si fort et si familier.
Chacun de ses battements résonne en moi et si d'aventure je me bouche les oreilles mon corps tout entier lui fait écho...
J'ai ouvert ma chemise pour lui faire une place, j'ai débranché mon PC et je suis parti flâner dans les rues, un sourire nouveau sur
les lèvres qui faisait se retourner sur nous les touristes curieux...
Les vagues lointaines venaient s'étirer sur le sable, le soleil jouait dans les vignes et j'étais heureux, simplement.
Loran