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Notre prison, écrivait Cocteau, n'a que trois murs et c'est contre le quatrième que nous nous acharnons, sur ce quatrième mur invisible que nous écrivons nos amours et nos rêves... Et toi mon âme, toi qui réclamais la lumière du jour, toi qui l'avais sentie si fort, hors de cette caverne mythique, presque hors d'atteinte, toi qui fis le voyage et t'y abandonnas en volupté, ainsi choisirais tu de n'en garder que le souvenir rapporté au creux de ta pénombre retrouvée ? Faut il fuir le bonheur de peur de le perdre ?

Je veux dresser un pont entre tes murs et les miens... un arc en ciel, lumineux passage hors du temps, une porte dérobée vers la vie, un chemin de lumière.

Je hais l'attente silencieuse entre ces murs qu'un amour lointain ensoleille pourtant... Elle sèche ses larmes avant qu'elles ne coulent sur ma joue et je me force à rire enfin feignant de croire en ton assurance heureuse...
Mon corps ici et mon coeur si loin, mon âme qui s'écoeure dans ce chaos des sens et l'indécent mélange de deux réalités parallèles qui se touchèrent pourtant au creux de l'infini.

Reconquérir la raison par le coeur et taire les voix de l'inquisition... Je hais cette morale bâtisseuse qui fait de l'amour un délit... Si seulement je pouvais choisir la paix raisonnable et la certitude froide d'un géant de marbre... Mais voudrais je oublier le doux mélange de nos ivresses tendres, éteindre cette flamme et te perdre, me perdre enfin ?

Y a t-il des prisons raisonnables ?

Loran

Tag(s) : #Mes textes

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