Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /2009 19:58

Par Loran

L'individuel et le collectif...


L'homme, disait Aristote, est un animal social... Ce que devient l'individualité de l'homme dépend de son milieu social. Or ce milieu social qui le forme est une sorte d'égrégore résultant justement d'un assemblage d'individualités. Bien que ce qu'on observe en premier lieu lorsqu'on aborde ce thème soit la polarité de chacun des termes à priori opposés, individuel et collectif sont complémentaires.

La qualité du collectif dépend de celle de l'individuel.


Certains y verront un cercle vicieux que j'ai envie d'écrire : "cercle vissieux" car il est possible de transformer ce cercle en une vis, sans fin elle aussi, d'en faire une spirale ascendante... Je dirai pour ma part et pour la même raison que c'est un cercle vertueux.

Améliorer l'homme pour améliorer la société qui améliorera l'homme qui améliorera la société...

Mais cette spirale est double car améliorer l'homme consiste aussi à rassembler en lui, à réaliser en lui l'unité à partir de sa propre multiplicité.


La Cause de toute chose, l'Ineffable, est Un... L'existence, la création, elle, est duelle... Si D.ieu est Tout, tout en étant UN et que la création est duelle, alors j'aurais le droit de dire qu'il y a deux en UN comme il y aurait, contenus dans l'homme, le bien et le mal, le conscient et l'inconscient. Et bien non, il n'y a pas deux en Un... car cela signifierait que la création aurait rejoint l'Unité, se serait dissoute en elle. Cela impliquerait que l'homme ait réussi à fondre en lui en toute lucidité "conscient et inconscient", le haut et le bas, le féminin et le masculin...


La condition essentielle pour passer de l'individuel au collectif et donc à une notion supérieure d'individualité, d'unité, c'est que l'homme réalise d'abord en lui sa propre unité. Non pas en fondant le deux dans le Un mais en passant par le 3 qui est un préalable au retour à l’unité… Cette unité qui mène à la sagesse et qui paradoxalement nous protège de l'individualisme.


Améliorer l'homme pour améliorer la société qui améliorera l'homme qui améliorera la société... C'est travailler sur deux axes orthogonaux à l'aide d'une diagonale de référence... Cette diagonale, c'est la voie du milieu qui ne peut apparaître que lorsque l'axe vertical a été vérifié au fil à plomb et l'axe horizontal parfaitement de niveau... Cette diagonale du milieu est le trait d'union entre individuel et collectif... Sans elle il ne saurait y avoir de progrès humaniste.


C'est par cette voie du milieu, ce véritable trait d'union que l'homme verra son propre intérêt dans l'intérêt du collectif et que la collectivité réalisera son bonheur sur le bonheur individuel. J'y vois la réconciliation des contraires et l'épanouissement de la véritable laïcité.


L’Homme qui n’a pas réalisé sa propre Unité est en exil de lui même, il est écartelé entre d’une part son conscient et son inconscient et d’autre part le conscient et l’inconscient collectif.

 

Loran

Publié dans : Ecrits vains - Communauté : Vers un "Nouvel Humanisme" ?
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Commentaires

effectivement je crois bien que Aristote ai pu dire que l'homme est un animal social..., et je crois également, que Aristote, en disant ceci, savez bien qu'il n'est pas supérieur à tout autre animal.
Commentaire n°1 posté par josiane le 10/02/2009 à 17h58
Bonjour Loran. L'Homme pour moi, l'Homme avec H majuscule, l'Homme Créateur, n'a pas besoin du collectif. Il est totalement indépendant; il est individualiste et un égotiste dans le sens du mot le plus absolu... Pour t'expliquer mon idée, je n'ai qu'à te citer un passage du livre que je lis et relis sans cesse tous les ans depuis que je l'ai découvert à l'âge de 16 ans... Je parle de "La Source Vive" de Ayn Rand. "L'homme ne peut se maintenir sur la terre que grâce à sa pensée. Il vient au monde désarmé. Son cerveau est son unique arme. Les animaux se procurent leur nourriture par la force. L'homme n'a ni griffes, ni crocs, ni cornes, ni même une très grande force musculaire. Il lui faut cultiver les aliments qu'il absorbe ou se livrer à la chasse, à la pêche. Pour cela il lui faut des armes, et ces armes sont encore une création de son esprit. Des plus humbles nécessités aux abstractions religieuses les plus hautes, de la roue au gratte-ciel, tout ce que nous sommes et tout ce que nous possédons nous vient d'une fonction que seul l'homme possède… sa faculté de raisonner. "Mais l'esprit est un attribut individuel. Il n'existe rien de pareil à un cerveau collectif. Une décision prise par un groupe d'homme n'est jamais qu'un comprommis ou une moyenne de la pensée de plusieurs. C'est une conséquence secondaire. Mais l'acte premier, le processus de raisonnement, doit être accompli par un individu isolé. Nous pouvons partager un repas entre plusieurs personnes, mais ce repas ne peut être digéré par un estomac collectif, et aucun hommme ne peut, à l'aide de ses poumons, respirer pour un autre. Toutes les fonctions de notre corps et de notre esprit nous sont personnelles. Nous ne pouvons ni les partager, ni les transférer. "Nous héritons du produit de la pensée des hommes qui nous ont précédés. De la roue, nous faisons une charette, puis une auto. Cette auto se transforme en avion. Mais en réalité, tout cela n'est rien d'autre que la résultante d'une pensée. Or la faculté créatrice ne peut être ni donnée, ni reprise, ni partagée, ni empruntée, elle appartient en propre à un individu. L'oeuvre qu'il créé appartient au créateur. Certes, les hommes apprennent beaucoup les uns par les autres, mais ce qu'un homme ne peut donner à un autre, c'est la capacité de penser par lui-même..... ... Le besoin le plus profond du créateur est l'indépendance. L'esprit humain ne peut travailler sous la contrainte. Il ne peut être plié, sacrifié ou subordonné à des considérations quelles qu'elles soient. Et c'est pourquoi ses relations avec les autres hommes sont, pour le créateur, secondaires....."
Commentaire n°2 posté par Patricia le 11/02/2009 à 22h58
.... "Le premier droit de l'homme, c'est le droit d'être lui-même. Et le premier devoir de l'homme est son devoir envers lui-même. Et le principe moral le plus sacré est de ne jamais transposer dans d'autres êtres le but même de sa vie. L'obligation morale la plus importante pour l'homme est d'accomplir ce qu'il déisire faire, à condition que ce principe ne dépende pas, avant tout, des autres. C'est uniquement selon un tel code que peut vivre, penser, créer le créateur. Mais ce n'est pas là la sphère du gangster, de l'altruiste ou du dictateur. L'hommme pense et travaille seul. Mais il ne peut pas piller, exploiter ou dominer… seul. Le pillage, l'exploitation de l'homme par l'homme et la dictature présupposent des victimes, donc des êtres dépendants. c'est le domaine du parasite....."
Commentaire n°3 posté par Patricia le 11/02/2009 à 23h10

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