Vendredi 13 février 2009 5 13 /02 /Fév /2009 04:03

Par Loran

Il est minuit trente j'ai posé le livre... Je viens de dévorer d'une seule traite ses 157 pages, je suis sous le charme et le choc... Déjà je brûle d'en reprendre la lecture. Prendre une seconde dose, plus forte encore, de ce concentré de guerre du Liban et d'humanité bestiale, comme si cette relecture pouvait soulager un peu cette jeune femme, Darina, du poids de la folie des hommes et de leurs religions.

Cette nuit plus que jamais je partage la peine des promoteurs de laïcité et la détresse de toutes les Âme-cerises du monde...


"Je n'ai jamais connu la peur, dans les pires moments de la guerre, je rigolais sous les F16, je dansais aux moments des pires massacres, je faisais l'amour sous les bombes, mais au couvent de la Croix je tremblais tout le temps, j'avais peur des gifles des bonnes soeurs (...) Les femmes que je voyais autour de moi étaient pareilles à toutes les femmes que j'avais vues dans le monde arabe : des bêtes de trait. J'ai compris notre vulnérabilité de femmes, on a beau être une vedette, médecin, une célébrité, au moindre faux pas la femme redevient femme, bête de somme qu'on enchaîne comme on veut." ("Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter" - Darina Al-Joundi et Mohamed Kacimi)

 

http://www.youtube.com/watch?v=WmocKyHjg0Y&feature=related


Publié dans : Dans mon grenier
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Commentaires

Darina a un superbe site internet, n'hésitez pas à aller le voir : http://www.darina-al-joundi.com/
Commentaire n°1 posté par Patricia le 14/02/2009 à 10h17
Merci Patricia pour tous ces commentaires. J'ai ajouté ajouté le site de Darina dans les liens de ce blog.
Réponse de Loran le 14/02/2009 à 17h52
Comédienne et martyre, Darina al-Joundi vit aujourd’hui à Paris. Dans son exil, hantée par les images de la guerre et poursuivie jusque dans son sommeil par le sifflement des balles, elle crie, que dis-je, elle hurle. L’été dernier, au Festival d’Avignon, habillée d’une robe rouge sang, elle a saisi d’effroi et d’émotion les spectateurs de la chapelle Sainte-Claire en racontant son cauchemar et, par la force du corps et du verbe, en apostrophant son père, son héros, avec une telle ardeur qu’on eût dit qu’elle le ressuscitait chaque jour. Par la grâce de l’écrivain algérien Mohamed Kacimi, ce témoignage est devenu un livre torrentiel. Il peine encore, dans son joli format, à contenir les bonheurs et les horreurs que charrie sa mémoire, tout ce dont déborde cette jeune femme à la fois hilare et en larmes qui fait peur à la mort. JÉRÔME GARCIN article du Nouvel Obs, 17 janvier 2008
Commentaire n°2 posté par Patricia le 14/02/2009 à 10h16
Avant d’être assassiné, son père, Assem al-Joundi, progressiste, laïque et ismaélite, l’avait élevée dans le culte de la liberté absolue. Même s’il la plaça dans des écoles catholiques, il voulait qu’elle fût sans tabous religieux, sexuels ou politiques. Il lui disait "Le jour où l’on transformera en bordels les églises et les mosquées, nous serons tranquilles." Il l’a initiée au pessac-léognan, au whisky, au tabac, à Baudelaire et Maïakovski. II lui a fait croire que Guevara ressemblait au Christ. Il lui a ordonné de ne pas porter de soutien-gorge, l’a emmenée au cinéma voir "Emmanuelle" et "Orange mécanique". De ses filles, elle a été sa meilleure élève. Mais lorsqu’il est mort, elle a perdu son protecteur, et que faire de la liberté qu’il lui avait enseignée dans un Orient où la virginité est "le seul capital des filles arabes"? Le jour de son enterrement, elle a remplacé les sourates du Coran par "Save me", de Nina Simone. C’était le souhait du défunt : "Ma fille, je t’en prie, je voudrais du jazz à ma mort, et même du hip-hop, mais surtout pas du Coran." Aussitôt, des hommes ont battu la renégate et enfermé l’impie à l’asile. Elle s’en est échappée. (la suite)
Commentaire n°3 posté par Patricia le 14/02/2009 à 10h15
Rescapée de la guerre du Liban et de l’asile, Darina al-Joundi, 39 ans, raconte par écrit, après l’avoir interprété au théâtre, le bouleversant récit de sa vie brisée C'est peut-être ça, la rage de vivre. Aimer, danser, jouer la comédie, s’enivrer, se droguer, palper les couilles des garçons, écouter Supertramp et Led Zeppelin, baiser dans les douches et les cimetières "avec bestialité", se venger sans cesse de son propre corps, porter sur soi un Smith & Wesson, jouer à la roulette russe, errer la nuit à en perdre la raison, puisque la raison, ici-bas, n’existe plus. Née en 1968 à Beyrouth, Darina al-Joundi a grandi dans les ruines et sous les bombes. Fille d’un écrivain syrien en exil et d’une Libanaise chiite, elle est l’enfant, sans confession ni communauté, de la guerre civile. Pendant toute son adolescence, elle a vu les femmes et les hommes tomber, les immeubles s’écrouler, les chiens errer avec des fémurs entre les crocs, les chevaux en liberté sauter sur les mines, elle a senti partout l’odeur du sang et de la charogne, et elle n’oubliera jamais le massacre de Sabra: "Ce qui m’a fait le plus peur, ce ne sont pas les morts, mais ce qui se lisait sur le visage des vivants. Je venais d’avoir 14 ans." (la suite)
Commentaire n°4 posté par Patricia le 14/02/2009 à 10h13
L'année dernière j'ai lu cet article dans le Nouvel Obs... j'ai tout de suite réservé pour voir Darina sur scène... Darina a su mettre les larmes aux yeux de chacun des spéctateurs. Quelle histoire, quelle femme !!! Son livre, Loran, tu as raison, est magnifique... mais dommage que tu n'aies pas pu la voir en "live"... Enfin, je pense que tu n'aurais pas pu écrire cette note...:)) quand on voit Darina sur scène, on reste sans voix... Je vais mettre ici l'article que j'ai lu le 17 janvier 2008 dans le Nouvel Obs (voir la suite)
Commentaire n°5 posté par Patricia le 14/02/2009 à 10h08

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agréable et astucieux :)

Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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