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Laplace a dit : « Les découvertes consistent en des
rapprochements d'idées susceptibles de se joindre et qui étaient isolées jusqu'alors. »
Jusqu’à aujourd’hui en tous cas, nous savons que ce sont les
sumériens qui inventèrent l’écriture, cependant il est pratiquement certain que l’épopée de Gilgamesh se racontait bien avant qu’elle ne soit fixée dans l’argile et qu’elle a continué encore bien
longtemps après à se transmettre de bouches à oreilles.
A cette époque déjà il est probable que l’accès à l’écriture
était réservé à une élite et que le peuple devait se satisfaire de la transmission orale, c’était d’ailleurs encore vrai à une époque pas si éloignée de nous dans les pays occidentaux… Je dis
qu’il devait s’en satisfaire mais en réalité bien que la transmission orale fut tributaire des qualités du conteur, je pense que c’était une chance.
Avant que ne soit inventée la science que l’on nomme «Histoire»
la Tradition orale n’était pas otage de la chronologie et des dates. Bien souvent, des personnages qui eux mêmes symbolisaient des époques, ou des énergies ou des phénomènes naturels, voire
surnaturels, servaient de jalons historiques et n’existaient peut être que pour symboliser une époque ou une tendance, un courant.
Certains passages semblables pouvaient se répéter plusieurs fois
mettant en scènes des personnages différents, servant ainsi de moyens mnémotechniques, mais permettant de reprendre le message à des degrés ou sous des angles de vue différents. Les mots
employés, au delà de leurs significations premières, par leur sonorité s’adressaient aussi à l’inconscient, ou au subconscient comme à une mémoire oubliée qu’ils venaient
révéler.
Selon Freud l'inconscient est l'organisation qui gouverne nos pensées, nos désirs, nos actes ; cette instance est porteuse d'un savoir inconscient auquel nous n'avons pas accès si ce n'est à travers ce qu'on appelle les formations de l'inconscient comme par exemple le lapsus. Il est donc possible de dire que la parole recèle une information cryptée sur celui qui parle mais aussi qu’elle peut atteindre, activer, i-compris par le son, une information inconsciente chez celui qui écoute. «Dans ce langage inconscient « les pensées les plus compliquées et les plus parfaites peuvent se dérouler sans exciter la conscience », nous dit Freud, en 1900, dans « La Science des Rêves » (p.504).
« De longues périodes durant, on a considéré la pensée consciente en tant que la pensée au sens absolu. À partir de maintenant seulement la vérité se fait jour en nous que la majeure partie de notre activité intellectuelle se déroule inconsciente et insensible à nous-mêmes. » (Le Gai Savoir, Nietzsche, § 333, trad.Klossowski).
Dans l’inconscient, nous dit Lacan, « ça parle et ça pense, ça
fonctionne d’une façon aussi élaborée qu’au niveau du conscient qui perd ainsi ce qui paraissait son privilège » ( «Les Quatre concepts », p.25)
Plusieurs mots se condensent sur le même sens. Méta ou méto, dans
métaphore et métonymie, veulent dire changement. Mais dans métaphore il s’agit d’offrir (phore) un changement de signifiants, tandis que dans métonymie il s’agit d’un changement de
sens.
La condensation de mots sur un même sens c’est la Métaphore.
Le déplacement du même mot sur plusieurs sens c’est la métonymie.
C’est la possibilité infinie du jeu de substitution de mots et de
sens que crée la fonction du langage. La mythologie est l’étude des histoires fabuleuses, dit-on. Le grec muthos signifie parole et le mot logos signifie aussi parole. Muthos - logos, c’est donc
la parole dans la parole. La parole qui délivre de la parole qui enferme ou inversement.
L’autre parole qui dans la parole ouvre sur d’autres
dimensions c’est ce qui caractérise le discours inconscient. La possibilité infinie du jeu des substitutions de mots et de sens explique la fonction créatrice du langage. Il s’agit de faire
parler les mots, de leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.» (Guy Maussat)
Le mental subconscient et l'inconscient jouent un rôle majeur pour ce qui est de contrôler
notre vie et notre comportement lorsque nous ne sommes pas totalement éveillés et présent à la conscience de nous-même. Chez l'être humain normal, ils sont responsables de plus de 90% des
pensées, sentiments, motivations, désirs, préjugés, angoisses, tensions, maladies, illusions, problèmes de personnalité et comportements quotidiens.
Je considère que la clé des Ecritures qui divisent le monde réside dans cette analogie entre "Conscient et Inconscient" (et leurs interactions) et le "féminin/masculin" de l’Etre, et par conséquent avec "Adam et Eve" ou "Ish et Isha" dans la tradition ésotérique mais aussi avec le mythe d'Abel et Caïn, ou de Hiram/Salomon.