Partager l'article ! Les temps Mérovingiens: Si la liberté de la presse avait existé aux temps d'Henri de Navarre et de Louis le 14 ème cel ...
Les Grenouilles, se lassant
De l’état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
Il leur tomba du Ciel
un Roi tout pacifique :
Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant
Que la Gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, dans
les roseaux,
Dans les trous du Marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau :
Or c’était un soliveau,
De qui la gravité fit
peur à la première
Qui de le voir s’aventurant
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant :
Une autre la suivit, une autre en fit autant,
Il en vint une
fourmilière ;
Et leur troupe à la fin se rendit familière,
Jusqu’à sauter sur l’épaule du Roi.
Le bon Sire le souffre, et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue :
« Donnez-nous,
dit ce peuple, un Roi qui se remue. »
Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir,
Et Grenouilles de se plaindre ;
Et Jupin de leur
dire : « Eh quoi ! votre désir
À ses lois croit-il nous astreindre ?
Vous avez dû premièrement
Garder votre Gouvernement ;
Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
Que votre premier Roi
fût débonnaire et doux :
De celui-ci contentez-vous,
De peur d’en rencontrer un pire. »
Moi j'aime bien le côté presque "visionnaire" de cette fable..... on dirait presque que La Fontaine l'a écrite de notre temps.....
bonne soirée
bises
Article très intéressant.
Amicalement,
Joséphine.
Amitiés
Elen
Sa prose est très intéressante car elle permet diverses interprétations pour qui se donne la peine d'essayer de comprendre...