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L’homme est là 
Derrière moi 
Discret et silencieux 



Je le devine comme une ombre 
Un souffle une intuition 
Mais je n’ai pas peur, 
Aucune appréhension 


Figée 

Les mains posées sur le rebord du lavabo 
Je sens son regard caresser mon dos 
encore humide, 
Un regard douloureux 
Comme un adieu nécessaire 
D’une tendresse ultime
 

Qu’ai-je fait ! 

Femme outragée 
Animus blessé 
Pendant combien de temps ai-je cautionné ce massacre ? 
Enduré ce simulacre 
De mon identité sublime 
Au fond  
 

Toi qui ne voulais pas mourir 
Qui survivais dans ce carcan 
Défigurant le souvenir 
De mes rêves d’enfant 
Prince charmant 
Prisonnier des chaînes de ma survivance 
Toi mon alter ego 
Victime des blessures de mes premiers balbutiements 
Constat navrant et sans appel 
A l’automne de mes jours 
Je ramasse à la pelle 
Les vestiges d’une défloraison 
Mes amours assassinés
J’entends mon sang qui cogne
 
Dans ma tête et dans ma gorge 
Comme une horloge
Un tic tac en écho
Ton reflet éthéré
Aux contours incertains
Sur le miroir sans tain
Me laisse entrevoir
Un espoir
 
De retrouver enfin 
Tout ce que j’ai perdu
De prétentions insaisissables
 
Avec l’ennui pour seule victoire. 


J’ai tressailli  quand il s’est pressé contre moi
Ses mains refermées sur mes seins
Fermement
Mais tendrement
La rigide délicatesse
De son sexe
Sur mes fesses
Me surprend

 

Un peu crispée j’ai  demandé
«  Qu’est ce que tu fais ? »
Doucement il a murmuré:

 
"Je prends des forces, avant de m’en aller !"

Lilith
2007

 - voir son blog : "Déraisonnable imaginaire"

Tag(s) : #Dans mon grenier

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