Mercredi 7 octobre 2009
3
07
/10
/Oct
/2009
17:50
Par Loran
Le mot « talion » vient du latin talis qui signifie « tel », « pareil », « de ce genre ».
Mal interprété par une lecture chrétienne qui la réduisait à l'expression « œil pour œil » la loi du talion fut l'un des arguments de poids contre la thora et
donc contre le judaisme.
Exode chapitre XXI
23- Mais si un malheur s'ensuit, tu feras payer corps pour corps;
24- oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied;
25- brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, contusion pour contusion.
Il est évident que dans ce texte nous sommes loin de tendre l'autre joue conformément à ce qu'aurait préconisé le Messie des
Chrétiens.
Pour la tradition juive, c’est un contre sens de traduire ainsi, car la vengeance ne peut constituer un acte de justice. La justice
consiste à dédommager le blessé, et la loi du Talion préconise une évaluation financière extrêmement scrupuleuse du préjudice subi par la victime.
Il serait donc plus juste de traduire ainsi :
- tu feras payer un corps pour ce que vaut un corps; un oeil pour ce que vaut un oeil, une dent pour ce que vaut une dent.
Selon Maïmonide au lieu de lire "oeil pour oeil" il faudrait lire « œil sous œil » or la tradition orale nous apprend que « sous »
signifie : payer en argent.
Quant au Gaon de Vilna, grand maître du XVIIIe siècle, il lisait la formule « œil sous œil » au premier degré.
« Lis les lettres qui sont « sous » celles du mot aïn (œil). Sous la lettre aïn il y a pé ; sous le youd, il y a kaf ; sous noun, il y a samekh. En associant les
trois lettres qui sont sous aïn (œil) tu trouves kessef « argent ».
C’est pour sortir du cycle de la violence, (inscrite dans le code d'Hammourabi) que la Torah introduit l’argent comme moyen de
réintroduire de la pacification. Chalem = « payer » pour faire le chalom, la « paix».
Mishna Baba Kama, chapitre 8 mishna 1
« Cinq obligations incombent à celui qui blesse son prochain, il doit réparer : le dommage
physique, la douleur, les soins médicaux, la cessation de travail, le préjudice moral (honte,
humiliation)
• Dommage : comment ? Il lui a crevé un oeil, coupé la main ou brisé une jambe, on le considère (le blessé) comme un
esclave vendu sur le marché et on estime «combien il était bon » (il valait avant) et « combien il est bon » (vaut) maintenant.
• Douleur : il l’a brûlé avec une broche ou un clou, même si c’est sur ses ongles à un endroit où il n’y a pas de lésion, on évalue combien un homme
semblable serait prêt à accepter pareille souffrance (sans avoir recours à une anesthésie)
• Soins médicaux : Il l’a frappé, il est obligé de lui assurer la guérison et d’accepter le médecin choisi par la victime
• Inactivité : on le considère comme s’il était gardien d’un champ de courges ou de concombres, car il lui a déjà
donné la valeur de sa main ou de sa jambe.
• Préjudice Moral : tout selon l’offenseur et l’humilié. ( Il est en effet lié à la condition sociale de
l’offenseur et à l’état psychosociologique de la victime) »
Publié dans : Esoterisme
3
La réparation demandée à un individu ayant causé un tord ne devrait pas être systématiquement assimilée à des termes comme « œil pour œil », « dent pour dent »… il s’agit avant tout de la responsabilité individuelle de chacun face à ses actes. Que l’on cause un tord, que l’on soit victime ou représentant de la victime, il y a toujours, à mon sens, l’idée de responsabilité individuelle face à cette réparation…
J’espère que toutes les croyances (religieuses ou non) évoluent dans le sens de cette interprétation (de l’article) vers des lectures et des critiques progressistes…
Pour cela, la critique du texte (quel qu'il soit) a toute son importance...Il est normal qu'un individu ayant causé un tord soit obligé de le réparer. Pourquoi la réparation d'un acte violent devrait être, elle aussi, violente. Il s'agit avant tout d'engager la responsabilité individuelle aussi bien pour celui qui cause un tord ou qui en est victime ou qui le représente. J'espère que toutes les croyances religieuses ou non évoluent avec des lectures et des critiques "progressistes"...