Partager l'article ! Trop d'ailes: Trop d'ailes J'ai appris si tôt dans mon enfance, ce pas en retrait de moi même, pour me regarder, pour me p ...
Trop d'ailes
J'ai appris si tôt dans mon enfance,
ce pas en retrait de moi même,
pour me regarder,
pour me prendre dans mes propres bras
et tutoyer l'autistique frontière,
que parfois le monde où je gravite,
ce monde dans lequel je vis
n'a plus aucune prise...
aucun sens,
aucun intérêt...
Je me soustrais,
me dérobe,
me dégravite...
Je suis un électron libre.
Quelle heure est elle ?
Maison smoke de l'heure...
Le temps s'est cool de mes yeux,
s'inspire de mes narines
Le temps perd son temps à repeindre mes cheveux...
Quel temps fut-il ?
Je suis un photon, ici et là en même temps,
sans y être
tout en y étant pourtant...
Je suis vide et creux
débordant de cet amour
dont jeune puits me remplir...
Mon coeur saigne
de cet amour en trop peu
dont je déborde pour te noyer
me noyer.
Tu m'es si vitale, si nécessaire toute entière
que sans plénitude de toi
je choisis le vide.
Mais quelle heure est elle ?
Quel temps fait il ?
Comme un enfant placard enfin libre
je troque ma liberté psychotique,
sur la pointe des pieds,
un pied de nez dans une main
et dans l'autre une rose,
le regard facétieux et l'âme désinvolte
qui de nouveau
se désélectrise et s'épuise de l'Autre...
Comme on s'emparfume de fleur
je m'ensommeille de toi
dans le froissement soyeux d'une étoffe légère.
Une brise marine te déposa,
papillonne surprise,
au bord de mon âme éffarée... puis te voila
paisiblement endormie contre mon coeur,
ta peau carressant la mienne à la mesure de ton souffle.
Si d'aventure je me languis de toi,
divine psyché,
je ferme les yeux et t'hologrammise
à tendre la main.
Et je tais mes silences
au son de tes couleurs de rêves.
Loran (février 2010)
c'est sensuel, voluptueux, sensible, merci !
bonnes fêtes àvous.
Merci bcp, bonnes fêtes à vous Caro
Magnifique ...
Bonne journée Loran, bises
Salut Natie, merci de ton passage
J'ai relu il y a peu de temps une première version... "trop d'elle"
je le trouve émouvant ce poème, parfois il me rend triste...
j'aime bien "je m'ensommeille de toi"
"Je suis vide et creux
débordant de cet amour
dont jeune puits me remplir..."
Quand un poème est miroir de soi à ce point-là, c'est presque gênant et les mots qui me viennent sont seulement ... mais oui, mais oui.
C'est un coeur de poème... un photon de l'âme...
Bises Loran. Monique
"Attenté à l'autisme de l'en soi, ce combat désespéré, perdu d'avance, ce louvoiement qui a recours à toutes les facéties du vouvoiement, et qui est peut-être bien la pulsion primordiale de tout effort littéraire authentique, cette pulsion qui n'a jamais su produire plus que son dédoublement dans le mensonge de l'oeuvre.."
Je t'entends Laurent.. et reste presque pantois
de voir que ce qui me suffoque depuis des années, cette gravité foncière sans laquelle pas de littérature, pas d'écrivain, te déporte
vers des fumées d'encens d'apparence si légère.. esquives ludiques peut-être, de ce qui demeure sans parade, et qui est la passion d'être de l'écriture..?