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  Il m'arrive de sauter au bas du lit avant même que le radio réveil n'ait le temps de réaliser
que je suis debout. Il arrive aussi qu'il doive attendre la dernière mesure de Hell's Bell d'AC/DC pour obtenir de moi un premier signe de vie...


    Moi, ce que j'aime, c'est me sentir émerger doucement de mon sommeil, dans le silence de cette nuit qui part sur la pointe des pieds.

    La journée est là, je la sens... Elle a chaussé les starting-blocks, elle est prête à bondir à mon signal. Le signal, c'est l'ouverture d'un œil, un seul !

   Ouvrir les deux n'y pensez pas, le moindre décalage, une paupière qui coince et c'est le faux départ.

    Elle est là, sur la ligne de départ, impatiente et je m'amuse de son impatience, je retarde le starter, je l'observe, j'évalue, je hume l'air ambiant, j'écoute les bruits environnants, je devine la couleur des prochaines heures.


    Un matin finalement j'ouvre l'oeil et la voilà qui part comme une fusée sous les huées de mon téléphone... J'aurais pu refermer l'oeil et ne pas répondre mais non, c'est instinctif, je bondis comme pour lui tordre le cou.


- Allo, Loran ? Salut c'est Yann...

Yann c'est un pote Bordelais plutôt branché ésotérisme et, ça ne coule pas de source, sur la Dive bouteille qui "tient toute vérité enclose"...


-Mais qu'est ce qui t'amène si tôt ? Tu as des nouvelles de ta Marquise Cathare ?

-Non... pas depuis trois jours... Bon, t'es réveillé ? Attrape un crayon, il y a un numéro qu'il faut que tu notes.

-Un numéro ?

-Un numéro qu'il faut que tu appelles ce matin...

-Mais le numéro de qui ? et pourquoi ?

-Ne cherche pas, appelle et tu verras bien...


     Yann, faut pas le contrarier, ça lui donne de l'aérophagie c'est inconfortable pour lui et il se mets a roter au téléphone ce qui, finalement, est un moindre mal pour moi qui ne supporte que l'incongruité du bruit...


     C'est promis lui dis-je, j'appellerai ce matin mais j'aime pas ces trucs tirés par les cheveux, tu pourrais m'en dire davantage... Il se fend d'un rire Bérusien et raccroche.

    Je me retrouve donc assis au bord de mon lit le téléphone à la main, les deux yeux désormais grands ouverts et avec une énorme, une furieuse envie de savoir ce que cache ce numéro...

J'avale un café et je fonce sous la douche, histoire d'être présentable.


-Allo ?

-Bonjour, je suis Loran, Yann m'a dit de vous appeler...

-Ah Yann... Bonjour je suis Maria... Et vous m'appelez pourquoi ?

Grand moment de solitude...

-Euhhh, à vrai dire, je l'ignore... Yann m'a appelé ce matin me disant qu'il fallait absolument que je vous parle... Ce doit être une plaisanterie.

-Ah... c'est donc vous... oui en effet, j'attendais votre appel. On ne se connait pas... pas encore... j'avais besoin d'entendre votre voix. Comment avez vous connu Yann ?


      Je ne sais pas si vous avez les pieds sur terre ou si vous êtes bien assis à me lire mais moi, à cette seconde là, j'étais dans une autre dimension, dans une histoire de fous qui ne faisait que commencer... Avec l'impression d'avoir abusé de la moquette, je lui raconte donc comment j'ai fait la connaissance de Yann, tout en réalisant que les circonstances de cette rencontre n'avaient, elles aussi, rien de bien rationnel. Puis, nous prenons congé et elle ajoute : nous nous reparlerons bientôt Loran, ce n'est pas une promesse, juste une certitude....

 

Yann était un des quelques 700 membres reconnus et acceptés d'un trés sérieux forum de discussion maçonnique que nous fréquentions à l'époque. Par ses interventions il m'avait semblé plus cartésien que pragmatique et nourrissant la même passion pour les mythologies et les traditions anciennes, nous avions rapidement sympathisé et échangé sur ces thèmes les résultats de nos propres recherches.

       Ce n'est qu'un peu plus tard que, lui que je prenais pour un parfait zététicien, devint un passionné d'ésotérisme et se mit à rencontrer des gens plutôt bizarres... Un jour, il m'avait invité chez un de ses nouveaux amis, Marc, un viticulteur étonnant qui non seulement ne soignait jamais ses vignes sans l'avis de son pendule mais qui, selon ses fans, communiquait avec des Cathares défunts restés coincés dans notre monde... A l'aide de son antenne de Letcher il réussissait à leur parler et leur indiquer la sortie... C'est ainsi qu'il devint l'intime d'une marquise Cathare reposant dans le sous sol d'une chapelle située sur son domaine...

J'avais rencontré ce jour là un groupe hétéroclite de gens forts passionnants dont les talents pour le moins inattendus appartenaient tous au monde du paranormal. Dépaysement garanti !! Cette journée était en quelque sorte une réunion de travail consacrée à la dite marquise dont j'ai oublié le nom. En effet, sur les indications d'outre tombe données par cette dame, toute cette charmante compagnie s'était mise en quête, chacun selon son talent, de retrouver quelques objets mystérieux disséminés en pays d'Oc selon un schéma plus ou moins Kabbalistique. Appelez moi Indiana !

       Je dois avouer pour être honnête, que je ne suis pas revenu tout à fait indemne de cette journée...

- Que dirais tu, me dit Yann quelques jours plus tard à propos de Marc, qu'on lui fasse passer un test ? Il faudrait qu'on lui propose une recherche qui nous permette de savoir s'il a seulement beaucoup d'imagination ou si vraiment il est capable de capter quelque chose qui nous échappe. Est ce que tu as une idée ?

- Demande lui si Lucien a trouvé la lumière, lui dis-je sur le ton de la plaisantanterie

- Lucien ? C'est qui ?

- C'est mon grand père. Il nous a quitté il y a 5 ans maintenant. Et peu de temps après sa mort, j'ai senti sa présence tout le temps que je sculptais son portrait. Demande lui, on verra bien ce qu'il nous dira.

- Super idée ! Je lui en parle demain et je te tiens au courant.


    La semaine suivante alors que je participais à un banquet à Anglet, Yann me téléphone. Je me bouche une oreille pour échapper au tumulte environnant réussir à entendre quelques mots :

-C'est moi !...... important...... ce soir, 19h00.... je t'appelle chez toi.... Marc à parlé avec Lucien....... important...... des trucs a voir avec toi. A ce soir, Salut !


    Je suis rentré depuis 5 minutes, le téléphone sonne, je pose mes valises...

- Allo, c'est moi ! Je suis avec Marc, on a des trucs a te dire, sérieux !

- Vas-y Yann, dis moi des trucs.

- Déconne pas c'est sérieux, Marc à eu ton grand père, il est toujours avec nous, il refuse de monter...


Là, vous avez beau avoir les pieds sur terre, c'est plutôt le genre d'annonce qui a tendance à vous asseoir... Je m'assieds.

- Vas-y expliques, je t'écoute.

- Le mieux c'est que je te passe Marc, il va te dire.

- Salut Loran, c'est Marc. Écoute, Lucien n'est pas monté. Il a quelque chose à te demander.

- Moui....

- Est ce que tu sais si dans ta famille, je veux dire avant la naissance de ton grand père, un homme aurait tué sa femme avant de se donner la mort ?

- Non, jamais entendu parlé de ça. En même temps, mon grand père est né en 1903, c'est pas hier.... Mais quel rapport avec Lucien ?

- Est ce que tu pourrais demander autour de toi, à ta mère peut être ? -

- Ma mère peut entendre beaucoup de choses mais il faudrait que tu m'en dises davantage pour que je lui en parle.

Marc se met alors à me raconter une histoire qu'il ne pouvait pas connaître.

Mon grand père est mort usé à 92 ans après avoir été aux petits soins pour sa femme qui ne quittait plus son lit depuis une dizaine d'années, finalement c'est lui qui est parti le premier.

-Avant la naissance de ton grand père, un de ses oncles à tué sa femme puis s'est donné la mort. Cet oncle s'est réincarné en Lucien, qui lui, à continué à vivre en soignant sa femme, jusqu'à sa propre fin. Ce que Lucien attend de toi, pour accepter de monter vers la lumière, c'est que tu expliques à la famille, qu'en réalité le meurtre était un acte d'amour. Car cette femme en effet était atteinte d'un cancer généralisé et souffrait atrocement, il avait donc mis fin à ses souffrances avant de la suivre dans mort.

J'appelle ma mère sur l'autre ligne, je lui demande de s'asseoir et lui explique en quelques mots le caractère irrationnel de ma démarche. Elle me connaît bien et, venant de moi, plus grand chose ne l'étonne. Elle m'écoute patiemment et confirme qu'en effet on racontait dans la famille, dans le temps, qu'un oncle du grand père avait assassiné sa femme avant de se pendre. On n'avait jamais su ce qui s'était passé.

Une semaine plus tard, après avoir raconté cette histoire à mes frères, perplexes et dubitatifs (J'ai deux frères), Marc me téléphone :

"Ca y est ! Lucien est enfin monté."

 

Deux mois après le coup de téléphone farfelu passé à cette Maria dont j'ignorais tout, Yann m'appelle un matin entre deux tartines de confitures.

- Que fais tu le week-end du 14 le mois prochain ?

- Ça dépend...

- Il faut absolument que tu réserves ce week-end On se retrouve à Conques, c'est un haut lieu vibratoire et ce jour là tu es attendu !

- Qu'est ce que c'est que ces conneries ? Attendu par qui et pourquoi ?

- Tu te souviens de Maria ? Maria est un médium réputé, elle est très estimée partout...

- Et alors ?

- Et bien ne me demande pas comment ni pourquoi mais Maria aurait reçu disons... la mission, et ne demande pas non plus de qui, de te transmettre quelque chose, les 13 et 14 du mois prochain à Conques...

- Euhhh me transmettre quoi ? Je n'ai rien demandé moi ! Yann, c'est quoi ce truc ?

- Bah... te casse pas la tête... tu verras bien et puis au moins ça te changera les idées, on en profitera pour arroser ça !

 

Réserver mon week-end... Vous savez ce qu'est la curiosité ? J'hésitais encore à donner une réponse, pourtant je savais bien, au fond de moi, que j'étais piégé, que je voulais en savoir plus... Et puis, qu'est ce que je risquais ? Une overdose de saucisse sèche et de vin vieux, au pire...

 

C'est au hameau de la Vinzelle, perché sur un éperon rocheux qui domine la vallée du Lot, que nous nous retrouvons. Une petite maison couverte de lauzes, un gîte fort accueillant. Yann est déjà là, jovial, il frise le quintal et demie et à côté de lui la femme qui l'accompagne paraît toute petite. Une énergie étonnante pourtant émane d'elle, ses yeux verts me transpercent. Souriante, la cinquantaine sonnante, les cheveux cuivrés tombant sur les épaules, c'est elle, Maria... Nous prenons possession des lieux et commençons une soirée de discussion hors du commun pendant que Yann débouche une bonne bouteille et dispose sur la petite table quelques produits régionaux histoire de grignoter.

 

Maria est médium et thérapeute, elle m'explique qu'elle soigne par magnétisme et par lithothérapie. Non seulement elle est capable de voir et ressentir des choses mais elle est aussi communique avec des « entités »... En particulier elle est en rapport étroit avec un grand prêtre d'une ancienne civilisation qu'elle appelle son guide. Elle me raconte, amusée par mon incrédulité, qu'il y a quelques mois, alors qu'elle intervenait pour soigner un présentateur télé sur un plateau Toulousain, elle a eu un accident. L'homme, victime d'un mauvais sort, était mal en point, elle, affaiblie depuis quelques jours et moins prudente, s'est retrouvée avec la maladie de son patient et à frôlé la mort. C'est suite à cet évènement que son guide qu'elle nomme Izgadol lui aurait commandéde me transmettre le don de guérison...

 

A chaque question que je lui pose, elle fait tourner son pendule et murmure des mots que je n'entends pas avant de me répondre. Tu es une vieille âme me dit-elle et tu as vécu de nombreuses vies avant celle ci. Tu as été tour à tour martyr et bourreau, tu as torturé et soigné et nous nous sommes croisés à plusieurs reprises dans ces autres vies...

 

Yann se marre, bienvenu au club, lance-t-il avec un clin d'oeil, tu sais qu'on s'est rencontré aussi toi et moi dans le passé. Dans une de ces vies Maria et moi nous étions des cathares et c'est toi le grand inquisiteur qui nous a suppliciés... Je me mets à rire: Zut ! j'espère que vous n'avez pas prévu de vous venger ce soir !

 

Alors ? me dit enfin Maria, est ce que tu acceptes ce don de guérison ?

 

Oui, bien entendu, qui refuserait cette chance, si c'en est une ? Cependant j'avoue que j'ai des doutes et puis je ne vois pas bien comment on peut transmettre un don. En réalité me dit-elle ce don est en toi déjà, je ne vais faire que le révéler, te le faire découvrir.

 

Le corps humain me dit-elle est une pile électrique et comme elle, il est polarisé. Une main transmet l'énergie l'autre la reçoit. En général c'est la main droite qui transmet pour l'homme alors que c'est la gauche pour la femme.

Elle se lève et vient se tenir devant moi, me demande de tendre vers elle ma main gauche paume vers le haut. Amusé et confiant, j'allonge la main à la manière de quelqu'un qui ferait la manche et elle approche la sienne au dessus. Alors que nos mains sont encore distantes de 20 bons centimètres, un arc électrique se produit, accompagné d'un claquement sec qui se fait entendre dans toute la pièce. Elle fait un bond en arrière, se tenant le bras. Une violente décharge électrique vient de nous « foudroyer » et j'ai mal jusque dans l'épaule.

Yann est mort de rire, tu es polarisé à l'envers comme les femmes ! Maria approuve et m'assure que j'ai une énergie étonnante...

 

Moi je suis plutôt secoué et pas seulement à cause de cette étincelle... Tout ça me dépasse une peu et je suis à l'ouest.

On recommença l'expérience, avec la main droite, et je ne tardai pas a sentir cette fois une onde agréable parcourir mon bras et se diffuser en moi comme une vague de douceur.
Il se fait tard dit-elle soudain, je propose que nous allions nous reposer, demain matin nous partirons à Conques.

Je restai quelques minutes avec Yann qui était curieux de mes impressions puis, tombant de fatigue je suis allé dormir moi aussi, d'un sommeil profond.

 

Au débouché d’une gorge profonde, creusée par le torrent dans un vaste plateau de schistes et de granits la vallée s’élargit en une sorte de cirque. Le paysage y est à la fois austère et grandiose.

Le village de Conques et son abbaye sont accrochés à mi-pente sur le versant sud, à l’abri des vents et des brouillards du bas-fond. Conques est une étape majeure sur le chemin de St Jacques de Compostelle mais on y vient aussi en pèlerinage, l'abbatiale abrite dans un trésor d'orfèvrerie les reliques de Ste Foy.

Aujourd'hui, nous ne sommes pas venus dans cette charmante bourgade médiévale pour admirer la nef et les arcades de l'abbatiale. Pas davantage pour admirer son trésor.

 

Nous descendons entre les vieilles bâtisses à colombages dans quelques ruelles étroites vers le bas du village où se trouve la chapelle Saint Roch, oubliée de tous et perchée sur un éperon rocheux. Yann semble flâner légèrement en retrait. Maria ne parle pas... Je marche à ses côtés sans poser de question. J'éprouve un profond détachement, digne du plus blasé des observateurs onusiens et, est-ce un paradoxe, je bouillonne d'impatience... Mon épaule est encore toute endolorie de l'expérience d'hier et je me demande ce que réserve la suite.

 

Un sentier caillouteux nous guide le long du rocher sous la chapelle puis, derrière un buisson, l'entrée d'une grotte. Maria me prend la main, nous entrons dans la pénombre. Une salle de cinq mètres sur cinq, le plafond assez bas et je dois baisser la tête.

 

Contre la paroi de gauche, à deux mètres devant, un trou rectangulaire creusé à même le sol, un genre de fonts baptismaux rempli d'eau ou bien un abreuvoir, l'endroit devait servir de bergerie. J'espérais qu'elle ne m'inviterait pas à m'y plonger...

 

Nous avançons jusqu'au fond de la salle et Maria me demande de m'asseoir le dos contre le rocher face à l'entrée, elle me tient toujours la main.

 

L'endroit où nous sommes, me dit-elle, est un haut lieu vibratoire, ici un fort courant tellurique émerge et se connecte à un fort rayon d'énergie que je ne peux expliquer. Je te demande de fermer les yeux, de te détendre... Respire calmement et ouvre tes oreilles. Je ne peux m'empêcher de sourire mais ses yeux se plantent dans les miens et je retrouve mon sérieux, je ferme les yeux et j'attends...

 

Les secondes passent, je triche. J'entrouvre les yeux. Yann est devant l'entrée, à quelques mètres au soleil et fume une cigarette. Je réalise que j'ai un peu froid, je referme les yeux comme pour me réchauffer.

 

Après un instant, un murmure se fait. Des mots que j'entends vaguement mais que je ne comprends pas. Maria est en train de parler dans une langue que je n'ai jamais entendue à quelqu'un que je ne vois pas... Soudain, elle s'adresse à moi, en français, mais ce n'est pas sa voix ! Je n'entends pas les premiers mots tellement je suis surpris et je m'oblige à retrouver le calme pour écouter la suite...

 

« Nous te suivons depuis si longtemps, nous t'attendions Loran....... Nous t'ouvrons la voie.... tu chemineras en solitaire et rencontreras bien des obstacles encore, mais nous savons que tu touches au but... Nous sommes en permanence à tes côtés.... »

 

Je tourne la tête discrètement vers Maria histoire de vérifier s'il ne s'agit pas d'une farce qu'elle et Yann sont en train de me jouer. Des perles de sueur coulent le long de ses tempes, Yann n'est pas là.

 

La voix continue, monocorde... Certaines périodes de ma vie sont évoquées, des choix que j'ai du faire, des rencontres avec la mort, un tas de choses que Maria ignore... puis :

 

« Tu as voyagé longtemps pour arriver ici, tu as traversé bien des épreuves dont tu n'as pas conscience, voici venue ta dernière étape dans ce plan d'existence... Va, expérimente cet art toujours avec amour, bien souvent tu te sentiras seul mais souviens toi que nous sommes tout près de toi...»

 

Silence... Quelques minutes s'écoulent pesant des tonnes. Je n'entends plus rien pourtant je suis certain que je pourrais entendre éclore un bourgeon dans la vallée tant je tends l'oreille... Soudain je réalise que ma main est tétanisée sur celle de Maria... J'ouvre les yeux et je tourne la tête.

Elle baisse la sienne, elle est épuisée...

 

  Maria, ça va ? 

 

 - Oui, souffle-t-elle, mais il faut sortir d'ici maintenant. Ca va, je suis là... »

 

- Nous nous redressons, toujours appuyés à la paroi et je dégage ma main de la sienne pour chercher instinctivement une cigarette.

 

- Attends, tu fumeras dehors... Redonnes moi ta main tu vas avoir besoin d'aide pour sortir, marche doucement et tiens toi bien... Tu vas tituber comme si tu avais bu, fais bien attention de ne pas tomber dans le ravin. 

 

En effet, au moment de sortir, mon horizon s'est mis à tanguer dangereusement mélangeant le niveau et la perpendiculaire, mais tout est rentré dans l'ordre dés que je mis le nez dehors. Tout, c'est un bien grand mot. J'avais la tête comme un autocuiseur où se bousculaient un millier de questions, un marasme irrationnel de contradictions, et ce serait l'explosion si je ne tirais pas de suite la soupape.

 

Loran

 

Tag(s) : #Histoires courtes

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