Histoires courtes

Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 09:01

Par Loran

J'évoquais le 14 décembre  une erreur de traitement d'un pv  pour défaut de paiement de parcmètre en petite couronne (La petite couronne est la zone constituée des trois départements limitrophes de la ville de Paris : les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne). S'il s'agissait d'une erreur isolée, la chose pourrait sembler anecdotique et prêter à sourire... La réalité est moins amusante.

 

Après une petite enquête il apparait que ce genre de dysfonctionnement se produit des centaines de fois par jour dans toute l'agglomération parisienne (Paris, petite et grande couronne). N'habitant et ne circulant jamais dans cette région, on pourrait se croire à l'abri mais il n'en est rien, chacun d'entre nous peut recevoir injustement un avis d'amendes et de condamnations pécuniaires en provenance du trésor-public.

 

Lorsqu'un véhicule, disons une Ford Mondéo, est en infraction, stationnement interdit ou parcmètre non payé, un agent dresse un PV dont il glisse un exemplaire sur le pare brise du contrevenant. Celui ci, logiquement, achètera un timbre amende pour payer la contravention qu'il adressera au trésor public. Parallèlement, l'administration va confier l'autre partie du PV à une entreprise privée pour numérisation, puis cette numérisation (scanner) sera transmise à une société slovaque à Bratislava pour saisie et traitement... Cette société slovaque qui ignore le droit français et le fonctionnement des immatriculations est payée à l'unité traitée et non à la qualité du travail fourni. Lorsque qu'un scan de PV n'est pas trop lisible, saisir un chiffre pour un autre ou une lettre pour une autre ne pose aucun problème. Lorsque la contravention revient informatisée le numéro du véhicule contrevenant plus celui d'une ford mondéo mais d'une clio, ou d'une mercedes dont le conducteur qui n'aura pas trouvé de PV sur son pare brise, et pour cause, se verra recevoir cet avis d'amende majorée. On peut supposer que sur le nombre certains paieront l'amende sans poser de question... Deux recettes pour un même PV...

 

Comment faire ?

  • Téléphoner dans le créneau de 4 heures par semaine au tribunal de police concerné et communiquer la référence du courrier au fonctionnaire désabusé (parce que parfaitement au courant mais impuissant) puis lui demander l'immatriculation relevée par l'agent de police et s'assurer qu'il s'agit bien d'un autre véhicule que le votre... OUI ! Parce qu'ils le possèdent ce numéro ! mais ils ne le comparent pas avec celui des bratislaviens... 

 

  • Retourner en recommandé l'avis d'amende avec un courrier explicatif demandant l'annulation.

 

Loran

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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 10:47

Par Loran

Le 22/04/2010 Paris, Petite couronne, un agent de police verbalise une Ford Mondeo pour
défaut de paiement du parcmètre. Le PV est scanné puis transmis à une société privée qui fait effectuer les saisies informatiques qu'elle transmet à une société Slovaque pour la suite du traitement...
 

En septembre, heureux gagnant, l'amende est attribuée au propriétaire médusé d'une petite clio qui n'a jamais posé ses roues en petite couronne...

Il y en a des centaines comme ça chaque jour... C'est pas beau le progrès ???

Tremblez bonnes gens, c'est pas fini....

Loran

 



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Mercredi 8 décembre 2010 3 08 /12 /Déc /2010 18:53

Par Loran

 

  Il m'arrive de sauter au bas du lit avant même que le radio réveil n'ait le temps de réaliser que je suis debout. Il arrive aussi qu'il doive attendre la dernière mesure de Hell's Bell d'AC/DC pour obtenir de moi un premier signe de vie...



    Moi, ce que j'aime, c'est me sentir émerger doucement de mon sommeil, dans le silence de cette nuit qui part sur la pointe des pieds.



    La journée est là, je la sens... Elle a chaussé les starting blocks, elle est prête à bondir à mon signal. Le signal, c'est l'ouverture d'un oeil, un seul !

Ouvrir les deux n'y pensez pas, le moindre décalage, une paupière qui coince et c'est le faux départ.



    Elle est là, sur la ligne de départ, impatiente et je m'amuse de son impatience, je retarde le starter, je l'observe, j'évalue, je hume l'air ambiant, j'écoute les bruits environnants, je devine la couleur des prochaines heures.


    Un matin finalement j'ouvre l'oeil et la voilà qui part comme une fusée sous les huées de mon téléphone... J'aurais pu refermer l'oeil et ne pas répondre mais non, c'est instinctif, je bondis comme pour lui tordre le cou.


- Allo, Loran ? Salut c'est Yann...



Yann c'est un pote Bordelais plutôt branché ésotérisme et, ça ne coule pas de source, sur la Dive bouteille qui "tient toute vérité enclose"...


-Mais qu'est ce qui t'amène si tôt ? Tu as des nouvelles de ta Marquise Cathare ?

-Non... pas depuis trois jours... Bon, t'es réveillé ? Attrape un crayon, il y a un numéro qu'il faut que tu notes.

-Un numéro ?

-Un numéro qu'il faut que tu appelles ce matin...

-Mais le numéro de qui ? et pourquoi ?

-Ne cherche pas, appelle et tu verras bien...


     Yann, faut pas le contrarier, ça lui donne de l'aérophagie c'est inconfortable pour lui et il se mets a roter au téléphone ce qui, finalement, est un moindre mal pour moi qui ne supporte que l'incongruité du bruit...


     C'est promis lui dis-je, j'appellerai ce matin mais j'aime pas ces trucs tirés par les cheveux, tu pourrais m'en dire davantage... Il se fend d'un rire Bérusien et raccroche.



    Je me retrouve donc assis au bord de mon lit le téléphone à la main, les deux yeux désormais grands ouverts et avec une énorme, une furieuse envie de savoir ce que cache ce numéro...


J'avale un café et je fonce sous la douche, histoire d'être présentable.


-Allo ?

-Bonjour, je suis Loran, Yann m'a dit de vous appeler...

-Ah Yann... Bonjour je suis Maria... Et vous m'appelez pourquoi ?

Grand moment de solitude...

-Euhhh, à vrai dire, je l'ignore... Yann m'a appelé ce matin me disant qu'il fallait absolument que je vous parle... Ce doit être une plaisanterie.

-Ah... c'est donc vous... oui en effet, j'attendais votre appel. On ne se connait pas... pas encore... j'avais besoin d'entendre votre voix. Comment avez vous connu Yann ?


      Je ne sais pas si vous avez les pieds sur terre ou si vous êtes bien assis à me lire mais moi, à cette seconde là, j'étais dans une autre dimension, dans une histoire de fous qui ne faisait que commencer... Avec l'impression d'avoir abusé de la moquette, je lui raconte donc comment j'ai fait la connaissance de Yann, tout en réalisant que les circonstances de cette rencontre n'avaient, elles aussi, rien de bien rationnel. Puis, nous prenons congé et elle ajoute : nous nous reparlerons bientôt Loran, ce n'est pas une promesse, juste une certitude....



Yann était un des quelques 700 membres reconnus et acceptés d'un trés sérieux forum de discussion maçonnique que nous fréquentions à l'époque. Par ses interventions il m'avait semblé plus cartésien que pragmatique et nourrissant la même passion pour les mythologies et les traditions anciennes, nous avions rapidement sympathisé et échangé sur ces thèmes les résultats de nos propres recherches.

       Ce n'est qu'un peu plus tard que, lui que je prenais pour un parfait zététicien, devint un passionné d'ésotérisme et se mit à rencontrer des gens plutôt bizarres... Un jour, il m'avait invité chez un de ses nouveaux amis, Marc, un viticulteur étonnant qui non seulement ne soignait jamais ses vignes sans l'avis de son pendule mais qui, selon ses fans, communiquait avec des Cathares défunts restés coincés dans notre monde... A l'aide de son antenne de Letcher il réussissait à leur parler et leur indiquer la sortie... C'est ainsi qu'il devint l'intime d'une marquise Cathare reposant dans le sous sol d'une chapelle située sur son domaine...

J'avais rencontré ce jour là un groupe hétéroclite de gens forts passionnants dont les talents pour le moins inattendus appartenaient tous au monde du paranormal. Dépaysement garanti !! Cette journée était en quelque sorte une réunion de travail consacrée à la dite marquise dont j'ai oublié le nom. En effet, sur les indications d'outre tombe données par cette dame, toute cette charmante compagnie s'était mise en quête, chacun selon son talent, de retrouver quelques objets mystérieux disséminés en pays d'Oc selon un schéma plus ou moins Kabbalistique. Appelez moi Indiana !

       Je dois avouer pour être honnête, que je ne suis pas revenu tout à fait indemne de cette journée...

- Que dirais tu, me dit Yann quelques jours plus tard à propos de Marc, qu'on lui fasse passer un test ? Il faudrait qu'on lui propose une recherche qui nous permette de savoir s'il a seulement beaucoup d'imagination ou si vraiment il est capable de capter quelque chose qui nous échappe. Est ce que tu as une idée ?

- Demande lui si Lucien a trouvé la lumière, lui dis-je sur le ton de la plaisantanterie

- Lucien ? C'est qui ?

- C'est mon grand père. Il nous a quitté il y a 5 ans maintenant. Et peu de temps après sa mort, j'ai senti sa présence tout le temps que je sculptais son portrait. Demande lui, on verra bien ce qu'il nous dira.

- Super idée ! Je lui en parle demain et je te tiens au courant.



    La semaine suivante alors que je participais à un banquet à Anglet, Yann me téléphone. Je me bouche une oreille pour échapper au tumulte environnant réussir à entendre quelques mots :

-C'est moi !...... important...... ce soir, 19h00.... je t'appelle chez toi.... Marc à parlé avec Lucien....... important...... des trucs a voir avec toi. A ce soir, Salut !



    Je suis rentré depuis 5 minutes, le téléphone sonne, je pose mes valises...

- Allo, c'est moi ! Je suis avec Marc, on a des trucs a te dire, sérieux !

- Vas-y Yann, dis moi des trucs.

- Déconne pas c'est sérieux, Marc à eu ton grand père, il est toujours avec nous, il refuse de monter...



Là, vous avez beau avoir les pieds sur terre, c'est plutôt le genre d'annonce qui a tendance à vous asseoir... Je m'assieds.

- Vas-y expliques, je t'écoute.

- Le mieux c'est que je te passe Marc, il va te dire.

- Salut Loran, c'est Marc. Écoute, Lucien n'est pas monté. Il a quelque chose à te demander.

- Moui....

- Est ce que tu sais si dans ta famille, je veux dire avant la naissance de ton grand père, un homme aurait tué sa femme avant de se donner la mort ?

- Non, jamais entendu parlé de ça. En même temps, mon grand père est né en 1903, c'est pas hier.... Mais quel rapport avec Lucien ?

- Est ce que tu pourrais demander autour de toi, à ta mère peut être ? -

- Ma mère peut entendre beaucoup de choses mais il faudrait que tu m'en dises davantage pour que je lui en parle.

Marc se met alors à me raconter une histoire qu'il ne pouvait pas connaître.

Mon grand père est mort usé à 92 ans après avoir été aux petits soins pour sa femme qui ne quittait plus son lit depuis une dizaine d'années, finalement c'est lui qui est parti le premier.

-Avant la naissance de ton grand père, un de ses oncles à tué sa femme puis s'est donné la mort. Cet oncle s'est réincarné en Lucien, qui lui, à continué à vivre en soignant sa femme, jusqu'à sa propre fin. Ce que Lucien attend de toi, pour accepter de monter vers la lumière, c'est que tu expliques à la famille, qu'en réalité le meurtre était un acte d'amour. Car cette femme en effet était atteinte d'un cancer généralisé et souffrait atrocement, il avait donc mis fin à ses souffrances avant de la suivre dans mort.



J'appelle ma mère sur l'autre ligne, je lui demande de s'asseoir et lui explique en quelques mots le caractère irrationnel de ma démarche. Elle me connaît bien et, venant de moi, plus grand chose ne l'étonne. Elle m'écoute patiemment et confirme qu'en effet on racontait dans la famille, dans le temps, qu'un oncle du grand père avait assassiné sa femme avant de se pendre. On n'avait jamais su ce qui s'était passé.

Une semaine plus tard, après avoir raconté cette histoire à mes frères, perplexes et dubitatifs (J'ai deux frères), Marc me téléphone :

"Ca y est ! Lucien est enfin monté."

 

Deux mois après le coup de téléphone farfelu passé à cette Maria dont j'ignorais tout, Yann m'appelle un matin entre deux tartines de confitures.

- Que fais tu le week-end du 14 le mois prochain ?

- Ça dépend...

- Il faut absolument que tu réserves ce week-end On se retrouve à Conques, c'est un haut lieu vibratoire et ce jour là tu es attendu !

- Qu'est ce que c'est que ces conneries ? Attendu par qui et pourquoi ?

- Tu te souviens de Maria ? Maria est un médium réputé, elle est très estimée partout...

- Et alors ?

- Et bien ne me demande pas comment ni pourquoi mais Maria aurait reçu disons... la mission, et ne demande pas non plus de qui, de te transmettre quelque chose, les 13 et 14 du mois prochain à Conques...

- Euhhh me transmettre quoi ? Je n'ai rien demandé moi ! Yann, c'est quoi ce truc ?

- Bah... te casse pas la tête... tu verras bien et puis au moins ça te changera les idées, on en profitera pour arroser ça !

 

Réserver mon week-end... Vous savez ce qu'est la curiosité ? J'hésitais encore à donner une réponse, pourtant je savais bien, au fond de moi, que j'étais piégé, que je voulais en savoir plus... Et puis, qu'est ce que je risquais ? Une overdose de saucisse sèche et de vin vieux, au pire...

 

C'est au hameau de la Vinzelle, perché sur un éperon rocheux qui domine la vallée du Lot, que nous nous retrouvons. Une petite maison couverte de lauzes, un gîte fort accueillant. Yann est déjà là, jovial, il frise le quintal et demie et à côté de lui la femme qui l'accompagne paraît toute petite. Une énergie étonnante pourtant émane d'elle, ses yeux verts me transpercent. Souriante, la cinquantaine sonnante, les cheveux cuivrés tombant sur les épaules, c'est elle, Maria... Nous prenons possession des lieux et commençons une soirée de discussion hors du commun pendant que Yann débouche une bonne bouteille et dispose sur la petite table quelques produits régionaux histoire de grignoter.

 

Maria est médium et thérapeute, elle m'explique qu'elle soigne par magnétisme et par lithothérapie. Non seulement elle est capable de voir et ressentir des choses mais elle est aussi communique avec des « entités »... En particulier elle est en rapport étroit avec un grand prêtre d'une ancienne civilisation qu'elle appelle son guide. Elle me raconte, amusée par mon incrédulité, qu'il y a quelques mois, alors qu'elle intervenait pour soigner un présentateur télé sur un plateau Toulousain, elle a eu un accident. L'homme, victime d'un mauvais sort, était mal en point, elle, affaiblie depuis quelques jours et moins prudente, s'est retrouvée avec la maladie de son patient et à frôlé la mort. C'est suite à cet évènement que son guide qu'elle nomme Izgadol lui aurait commandéde me transmettre le don de guérison...

 

A chaque question que je lui pose, elle fait tourner son pendule et murmure des mots que je n'entends pas avant de me répondre. Tu es une vieille âme me dit-elle et tu as vécu de nombreuses vies avant celle ci. Tu as été tour à tour martyr et bourreau, tu as torturé et soigné et nous nous sommes croisés à plusieurs reprises dans ces autres vies...

 

Yann se marre, bienvenu au club, lance-t-il avec un clin d'oeil, tu sais qu'on s'est rencontré aussi toi et moi dans le passé. Dans une de ces vies Maria et moi nous étions des cathares et c'est toi le grand inquisiteur qui nous a suppliciés... Je me mets à rire: Zut ! j'espère que vous n'avez pas prévu de vous venger ce soir !

 

Alors ? me dit enfin Maria, est ce que tu acceptes ce don de guérison ?

 

Oui, bien entendu, qui refuserait cette chance, si c'en est une ? Cependant j'avoue que j'ai des doutes et puis je ne vois pas bien comment on peut transmettre un don. En réalité me dit-elle ce don est en toi déjà, je ne vais faire que le révéler, te le faire découvrir.

 

Le corps humain me dit-elle est une pile électrique et comme elle, il est polarisé. Une main transmet l'énergie l'autre la reçoit. En général c'est la main droite qui transmet pour l'homme alors que c'est la gauche pour la femme.

Elle se lève et vient se tenir devant moi, me demande de tendre vers elle ma main gauche paume vers le haut. Amusé et confiant, j'allonge la main à la manière de quelqu'un qui ferait la manche et elle approche la sienne au dessus. Alors que nos mains sont encore distantes de 20 bons centimètres, un arc électrique se produit, accompagné d'un claquement sec qui se fait entendre dans toute la pièce. Elle fait un bond en arrière, se tenant le bras. Une violente décharge électrique vient de nous « foudroyer » et j'ai mal jusque dans l'épaule.

Yann est mort de rire, tu es polarisé à l'envers comme les femmes ! Maria approuve et m'assure que j'ai une énergie étonnante...

 

Moi je suis plutôt secoué et pas seulement à cause de cette étincelle... Tout ça me dépasse une peu et je suis à l'ouest.

On recommença l'expérience, avec la main droite, et je ne tardai pas a sentir cette fois une onde agréable parcourir mon bras et se diffuser en moi comme une vague de douceur.
Il se fait tard dit-elle soudain, je propose que nous allions nous reposer, demain matin nous partirons à Conques.

Je restai quelques minutes avec Yann qui était curieux de mes impressions puis, tombant de fatigue je suis allé dormir moi aussi, d'un sommeil profond.





Au débouché d’une gorge profonde, creusée par le torrent dans un vaste plateau

de schistes et de granits la vallée s’élargit en une sorte de cirque. Le paysage y

est à la fois austère et grandiose.

 

Le village de Conques et son abbaye sont accrochés à mi-pente sur le versant sud,

à l’abri des vents et des brouillards du bas-fond. Conques est une étape majeure

sur le chemin de St Jacques de Compostelle mais on y vient aussi en pèlerinage :

l'abbatiale abrite dans un trésor d'orfèvrerie les reliques de Ste Foy.

 

Aujourd'hui, nous ne sommes pas venus dans cette charmante bourgade médiévale pour admirer la nef et les arcades de l'abbatiale. Pas davantage pour admirer son trésor.

 

Nous descendons entre les vieilles bâtisses à colombages dans quelques ruelles étroites vers le bas du village où se trouve la chapelle Saint Roch, oubliée de tous et perchée sur un éperon rocheux. Yann semble flâner légèrement en retrait. Maria ne parle pas... Je marche à ses côtés sans poser de question. J'éprouve un profond détachement, digne du plus blasé des observateurs onusiens et, est-ce un paradoxe, je bouillonne d'impatience... Mon épaule est encore toute endolorie de l'expérience d'hier et je me demande ce que réserve la suite.

 

Un sentier caillouteux nous guide le long du rocher sous la chapelle puis, derrière un buisson, l'entrée d'une grotte. Maria me prend la main, nous entrons dans la pénombre. Une salle de cinq mètres sur cinq, le plafond assez bas et je dois baisser la tête.

 

Contre la paroi de gauche, à deux mètres devant, un trou rectangulaire creusé à même le sol, un genre de fonts baptismaux rempli d'eau ou bien un abreuvoir, l'endroit devait servir de bergerie. J'espérais qu'elle ne m'inviterait pas à m'y plonger...

 

Nous avançons jusqu'au fond de la salle et Maria me demande de m'asseoir le dos contre le rocher face à l'entrée, elle me tient toujours la main.

 

L'endroit où nous sommes, me dit-elle, est un haut lieu vibratoire, ici un fort courant tellurique émerge et se connecte à un fort rayon d'énergie que je ne peux expliquer. Je te demande de fermer les yeux, de te détendre... Respire calmement et ouvre tes oreilles. Je ne peux m'empêcher de sourire mais ses yeux se plantent dans les miens et je retrouve mon sérieux, je ferme les yeux et j'attends...

 

Les secondes passent, je triche. J'entrouvre les yeux. Yann est devant l'entrée, à quelques mètres au soleil et fume une cigarette. Je réalise que j'ai un peu froid, je referme les yeux comme pour me réchauffer.

 

Après un instant, un murmure se fait. Des mots que j'entends vaguement mais que je ne comprends pas. Maria est en train de parler dans une langue que je n'ai jamais entendue à quelqu'un que je ne vois pas... Soudain, elle s'adresse à moi, en français, mais ce n'est pas sa voix ! Je n'entends pas les premiers mots tellement je suis surpris et je m'oblige à retrouver le calme pour écouter la suite...

 

« Nous te suivons depuis si longtemps, nous t'attendions Loran....... Nous t'ouvrons la voie.... tu chemineras en solitaire et rencontreras bien des obstacles encore, mais nous savons que tu touches au but... Nous sommes en permanence à tes côtés.... »

 

Je tourne la tête discrètement vers Maria histoire de vérifier s'il ne s'agit pas d'une farce qu'elle et Yann sont en train de me jouer. Des perles de sueur coulent le long de ses tempes, Yann n'est pas là.

 

La voix continue, monocorde... Certaines périodes de ma vie sont évoquées, des choix que j'ai du faire, des rencontres avec la mort, un tas de choses que Maria ignore... puis :

 

« Tu as voyagé longtemps pour arriver ici, tu as traversé bien des épreuves dont tu n'as pas conscience, voici venue ta dernière étape dans ce plan d'existence... Va, expérimente cet art toujours avec amour, bien souvent tu te sentiras seul mais souviens toi que nous sommes tout près de toi...»

 

Silence... Quelques minutes s'écoulent pesant des tonnes. Je n'entends plus rien pourtant je suis certain que je pourrais entendre éclore un bourgeon dans la vallée tant je tends l'oreille... Soudain je réalise que ma main est tétanisée sur celle de Maria... J'ouvre les yeux et je tourne la tête.

Elle baisse la sienne, elle est épuisée...

 

  Maria, ça va ? 

 

 - Oui, souffle-t-elle, mais il faut sortir d'ici maintenant. Ca va, je suis là... »

 

- Nous nous redressons, toujours appuyés à la paroi et je dégage ma main de la sienne pour chercher instinctivement une cigarette.

 

- Attends, tu fumeras dehors... Redonnes moi ta main tu vas avoir besoin d'aide pour sortir, marche doucement et tiens toi bien... Tu vas tituber comme si tu avais bu, fais bien attention de ne pas tomber dans le ravin. 

 

En effet, au moment de sortir, mon horizon s'est mis à tanguer dangereusement mélangeant le niveau et la perpendiculaire, mais tout est rentré dans l'ordre dés que je mis le nez dehors. Tout, c'est un bien grand mot. J'avais la tête comme un autocuiseur où se bousculaient un millier de questions, un marasme irrationnel de contradictions, et ce serait l'explosion si je ne tirais pas de suite la soupape.

 

Loran

 

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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 17:05

Par Loran

Le maitre des Banquets posa le chaudron devant nous.
Armé d'une louche en bois il frappa trois coups sur la table réclamant le silence, puis sur un ton qu'il voulait solennel il nous déclara : "Amis vénérables, n'oubliez jamais ceci, nous sommes comme la soupe fumante de ce chaudron. Hier crème fraiche, carotte, navet, poireau ou pomme de terre, aujourd'hui velouté de légumes ! Si l'un d'entre vous manque de saveur il s'enrichit du fumet de ses frères., mais que l'un d'entre vous soit pourri et c'est le chaudron qu'il faut jeter."

Quelqu'un fit circuler la poudre, puis le canon tonna. La soupe était un peu poivrée mais délicieuse.


Loran

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Samedi 30 octobre 2010 6 30 /10 /Oct /2010 18:20

Par Loran
       L'officier d'une armée en campagne cherche partout des tireurs d'élite pour les enrôler.
Il arrive un jour dans un village et découvre sur les murs de nombreuses cibles peintes.
A son grand étonnement il remarque que chacune d'elles est touchée en son centre par une balle.
Il convoque alors le village et demande à ce qu'on lui présente ce fameux tireur.
C'est un très vieil homme qui s'avance alors, péniblement, tenant à peine sur ses jambes.
Incrédule l'officier lui demande une démonstration.
Le vieil homme soulève tant bien que mal son lourd fusil, épaule et tire une balle dans le mur d'en face. Puis se munissant de peinture blanche il trace un cercle autour de l'impact.

Alors Le sage du village s'approche de l'officier et lui dit :
 "Beaucoup d'hommes utilisent leur pensée comme celui ci utilise son fusil, ils commencent par faire une affirmation sans fondement puis ils construisent tout autour une théorie qui la justifie..."
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 12:02

Par Loran
Une jeune femme se trouvait près de sa mère la veille de son mariage et regardait le soleil qui, au-delà de la plage, se couchait dans l’immensité de la mer. Elle s’adressa à sa mère et l’interrogea : «Maman, papa t’aime beaucoup et t'est toujours resté fidèle. Que dois-je faire pour que mon mari continue à m’aimer de plus en plus ? » La mère se tut et réfléchit un instant, puis elle s’agenouilla et remplit de sable chacune de ses mains. Elle s’avança ainsi vers sa fille. Sans dire un seul mot, elle serra les doigts d’une main de plus en plus fort sur le sable qu’elle contenait. Le sable s’en échappa. Plus elle serrait son poing, plus le sable s’en écoulait, et quand elle ouvrit finalement sa main, seuls quelques grains de sable mouillés collaient encore à sa paume. Mais la mère avait gardé son autre main ouverte comme une petite écuelle. Les grains de sable y restaient bien blottis et scintillaient toujours plus fort sous les rayons du soleil couchant. «Voici ma réponse », dit la mère doucement.

Robert Henckes.
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Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /Juil /2009 18:00

Par Loran
    Un million de fois il s'était assis devant son cahier neuf, fermant les yeux pour bien se souvenir avant l'écriture. Surtout ne rien oublier, ne rien omettre, tout écrire, tout... Les yeux clos, le menton posé sur ses poings, les coudes plantés sur la table, il avait passé des heures entières à revoir chaque séquence, chaque plan. De cette histoire qu'il ressassait jusqu'à l'écœurement, il connaissait chaque bruit, chaque mot, chaque odeur... Elle était dans sa peau, dans son corps, elle emplissait sa tête... Un million de fois pourtant, il avait refermé son cahier sans rien écrire, pas une phrase, pas un mot, comme si la seule évocation mainte fois répétée avait suffit à imprégner ces pages, gardiennes muettes d'un indicible secret. La seule intention d'écrire le libérait pour quelques jours, quelques semaines, peut être...

Puis, un matin, de nouveau c'était la torture du besoin d'exprimer et la nécessité de taire.

    Vingt cinq ans plus tôt, un soir de désinhibition, il avait rencontré celle qui le sauverait de ses fantômes et qui deviendrait sa femme... Vingt cinq années durant lesquelles il avait cru oublier à jamais grâce à elle. Pourtant, depuis quelque temps déjà, son passé le rattrape sans qu'il puisse comprendre pourquoi les fantômes ressurgissent. Il avait bien tenté, devant se glace, de se faire croire à la banalité de son histoire mais certaines blessures de l'âme ne se referment pas.

    Il s'était mis à parler très tôt, et outre le fait qu'il fut un enfant très éveillé, il était doué d'une extrême réceptivité. Il percevait les émotions de son entourage aux seules intonations des voix qu'il entendait. C'est peut être pour cela qu'à trois ans déjà il avait choisi de vivre dans son propre monde, un monde à lui avec de grandes fenêtres ouvertes sur celui des adultes, des fenêtres qu'il pouvait fermer en cas de tempête... De ses premières années d'innocence, de quasi insouciance, il garde un souvenir heureux. Bonheur éphémère pourtant car la vie allait lui imposer une épreuve en plusieurs actes dont le premier se jouerait l'année de ses sept ans...

    Une image dans sa tête, comme une photo d'Hamilton... Trois enfants sur fond de ciel bleu, poussant leurs bicyclettes dans un chemin sablonneux dans un champ de coquelicots. C'est là que le plus grand des trois, un vieux de quinze ans qui fumait comme un crapaud, les avait initié, lui et son cousin, sous le sceau terrible du secret, au plaisir solitaire...

    Lui qui croyait encore que les enfants naissent dans les choux et n'avait jamais entendu prononcer le mot sexe, eut en même temps une révélation terrible et un cadeau merveilleux. Le manque affectif et la griserie des sens qui lui mettait les larmes aux yeux au moment de la jouissance firent le reste. Très vite cette activité s'imposa comme réconfort puis devint quotidienne et même davantage. Mais toute médaille a son revers. Il avait un père autoritaire qui le terrifiait parfois et il n'osait imaginer ce qu'il adviendrait de lui le jour où son secret serait découvert. Très tôt il fut envahi par un incroyable sentiment de culpabilité, puis submergé par la honte... Ses grandes fenêtres ouvertes sur le monde des adultes, il les referma puis il ajouta des barreaux et des volets intérieurs. Son monde enchanté devint une prison dont il ne franchissait les murs que pour jouer avec ses camarades.



    Lorsqu'arriva l'été suivant c'est avec bonheur qu'il s'en alla retrouver la douceur de ses grands parents et ses escapades folles dans la campagne environnante. Là-bas il retrouvait le gout de vivre et l'insouciance de son âge. Là-bas se dissipaient les murs de sa prison.

    Un dimanche, alors qu'ils étaient venus passer la journée en famille, ses parents lui annoncèrent que le soir même il devait partir une semaine chez ses autres grands parents qui le réclamaient. S'il avait eu le choix il aurait sans doute refusé. Ces gens étaient très gentils mais il les connaissait peu et s'y sentait mal à l'aise. Cependant, chose rare à cette époque, ils avaient un téléviseur et l'argument lui fit accepter sans trop de peine ce changement de programme. On l'installa dans une chambre qu'il partagerait avec son oncle qui n'était autre que son initiateur de l'année précédente... Il dormait sur un lit de camps confortable disposé en face de celui de Vincent, cet oncle âgé de 16 ans.

    Le premier matin alors qu’un rayon de soleil venait de le réveiller il entendit Vincent qui l'appelait. Est-ce que tu dors ? Non répondit-il. Approche toi, j'ai quelque chose à te montrer lui dit Vincent... Il se leva, vêtu du son pyjama et s'approcha du lit de celui qu'il considérait comme un adulte. Vincent était à demi assis dans son lit, le dos calé par son oreiller.

Tu te souviens de ce que je t'ai appris l'année dernière ? fit-il en pointant son doigt vers le sexe de l'enfant. Michel fit signe que oui.
Et tu le fais souvent ? De nouveau Michel hocha la tête.
Alors montre-moi dit Vincent, que je sache si tu le fais bien... Michel hésita mais l'autre insistait. Lentement il baissa son pantalon et commença à se caresser... Vincent le regarda un moment tout en lui rappelant la nécessité de ne jamais en parler puis il repoussa le drap qui le couvrait à demi. Michel n'en croyait pas ses yeux... La taille de ce qu'exhibait l'adolescent était incroyable et Michel eu un moment de panique... Vas-y, touche-le ! Non fit-il de la tête. Touche-le ! N’ait pas peur répéta l'autre. Non dit Michel. Tu veux que je dise à ton père ce que tu fais avec le tien ? Touche-le et je ne dirai rien...

    Michel apeuré avança la main doucement vers cette chose énorme, l'autre lui prit le poignet et lui fit toucher le monstre, il l'obligea à le caresser des deux mains, puis il lui fit passer à plusieurs reprises entre ses cuisses serrées, puis... Ouvre la bouche lui dit-il, plus fort... Dans la petite bouche de l'enfant il ne réussit pas à entrer la totalité de son gland mais il donna des directives et pendant que Michel devait bouger sa langue l'autre se masturbait.

    Enfin, il le libéra et attrapa un mouchoir dans lequel il recueillit le jet d'une substance blanche et visqueuse dont Michel ignorait tout. Cette séance se reproduisit chaque matin de la semaine et chaque matin Michel se sentait de plus en plus dévasté. Cette semaine se répéta l'année suivante puis la suivante encore jusqu'au jour où il eu la force et le courage de dire "Stop ! Moi aussi je peux parler !"

    Si les actes cessèrent ce jour là, les blessures profondes restèrent grandes ouvertes...

   Michel réintégra sa prison qui se fit forteresse... Il fut désormais incapable bien qu'il tomba régulièrement amoureux d'une petite camarade, de parler, de jouer ou même de regarder une fille dans les yeux... A la moindre allusion aux choses de l'amour il devenait écarlate et pour combler le tout ses copains finirent par sous entendre que s'il n'aimait pas les filles c'est que sans doute il préférait les garçons. Ce fut un choc ! A son calvaire venait s'ajouter la peur de devenir un jour homosexuel.

   Son enfance était morte à huit ans, il n'aurait pas d'adolescence... Il plaisait aux filles mais celles ci finissaient toujours par se moquer de lui et de sa... timidité. Elles en parlaient entre elles puis avec les garçons qui le traitèrent de puceau ! Ca le faisait presque rire, lui qui passait de longues heures à pleurer.

   L'année de ses 17 ans son oncle mourut dans un accident de voiture. Il refusa d'assister aux obsèques prétextant des maux de têtes si puissants qu'il en vomissait. Ce fut un soulagement, à défaut de pouvoir la dire il vomissait son histoire... Enfin il sortit de sa prison après un si long enfermement qu'il du apprendre à vivre au dehors comme un forçat qui vient de purger sa peine.

   Il s'engagea dans l'armée et se brula les ailes à tout ce qui brule, il fuma tout ce qui se fume et bu tout ce qui se boit... Alors les soirs d'ivresse il choisissait des filles de la rue, les plus laides, celles qui donnaient leur corps contre une douche et un vrai lit. A vingt ans il ne connaissait rien aux femmes, il se soulageait sans se soucier de ce qu'elles pouvaient ressentir, comme une vengeance improbable.

   Un jour il fit la connaissance d'une jeune et jolie femme. Il tomba très vite amoureux... Avec une infinie patience elle lui apprit les gestes et la carte du tendre, elle lui enseigna le bonheur de rendre une femme heureuse et ce fut le paradis... Enfin il se sentait libre et heureux, il était un homme et ne permettrait à personne désormais d'en douter. Il l'épousa, étudia le droit et devint magistrat.

   Cette nuit il s'était laissé surprendre par une profonde déprime et, sans y réfléchir, lui qui n'avait jamais parlé à quiconque, comme un automate, avait composé le 17... C'était une nuit d'hiver particulièrement calme. Nous étions deux à assurer la veille, mais à aucun moment le moindre appel ne vint interrompre son récit. Après 25 années de mariage l'amour s'était envolé et il s'était rendu compte que tout au long de sa carrière il avait sans cesse tenté d'exorciser des fantômes qu'il avait crus disparus à jamais. Des fantômes qui l'avaient hanté aujourd'hui plus que jamais... Tout au long de son récit que j'avais ponctué tant bien que mal de quelques mots maladroits il avait gardé un calme impressionnant qui contrastait étrangement avec le caractère dramatique de cette histoire. Lorsqu'il eut vidé son sac, alors qu'il se lançait dans un flot de remerciements je sentis ses mots se coincer dans sa gorge puis il explosa et se mit à pleurer comme jamais il n'avait pu le faire depuis bientôt 40 ans. Il pleura de manière convulsive pendant un quart d'heure au téléphone puis finit par se calmer enfin... Il reprit ses esprits puis me demanda mon nom et s'il pouvait me rappeler plus tard sur mon téléphone personnel. Je lui ai donné ce qu'il voulait, il m'assura que tout allait bien et qu'il pouvait désormais écrire le mot fin au bas de la page. Il raccrocha et ne m'a jamais rappelé.

Loran


Publié dans : Histoires courtes
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 00:18

Par Loran

 

Rabbi Yaacov était très pragmatique, et les gens de la communauté de Duvno venaient le trouver, le plus souvent, quand ils avaient des difficultés d'ordre pratique ou matériel. Une fois, comme cela, sont venus le voir trois hommes auxquels leur père décédé, avait légué par testament 17 chevaux. Et les fils devaient se les partager de la façon suivante : le premier, le plus âgé, héritait de la moitié des chevaux... mais sur 17, cela paraissait bien difficile ; le second devait en prendre un tiers ; quant au troisième, le plus jeune, un neuvième des chevaux seulement devait lui appartenir.
Les trois garçons ont présenté au Rabbi le testament et ils lui ont fait part de leur désarroi. On ne pouvait tout de même pas découper les chevaux en morceaux ! et aucun des enfants ne voulaient, par ailleurs, sacrifier, ne serait-ce qu'une parcelle de ce qui lui revenait. Rabbi Yacoov a réfléchi et il a dit aux trois fils de lui laisser le document : il viendrait le lendemain les trouver pour régler cette question.
Le lendemain, avant de se rendre à la ferme des trois garçons, il est passé emprunter un cheval à l'un de ses voisins.
Arrivé sur sa monture à la ferme des trois fils, il a demandé à ce que les 17 chevaux soient alignés devant lui, dans l'enclos. Il a mené par la bride le cheval avec lequel il était venu, et il l'a ajouté à la rangée. Ensuite, il a désigné l'aîné des fils et lui a dit de prendre la moitié des chevaux dont il devait hériter. Et celui-ci en a retiré 9. Le rabbi a proposé au second de faire de même, et celui-ci en a pris le tiers, c'est-à-dire 6 ; enfin, le troisième a pris le neuvième qui lui revenait, soient 2 chevaux. Le total s'élevait à 17 !
Rabbi Yacoov est remonté sur le cheval avec lequel il était venu, et qui restait là dans l'enclos ; puis, il a quitté les trois garçons départagés, rassérénés... Mais encore troublés par la dextérité de leur rabbi.
Quant à Yaacov, sur le chemin du retour, il s'interrogeait sur les mystères insondables de l'esprit de l'homme. Il réfléchissait aux motivations d'un père, capable, pour la plus grande confusion de ses enfants, d'imaginer un partage si compliqué, une énigme si retorse, afin de conserver encore, le temps d'une élucidation, une petite place - ô combien modeste ! - dans la mémoire de ses trois enfants...

Publié dans : Histoires courtes - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /Avr /2009 23:16

Par Loran
Mon amie Patricia m'a envoyé ce texte il y a quelques jours avec un petit commentaire :
"Je sais que toi, tu te serais arrêté..."  J'espère qu'elle a raison...



A man sat at a metro station in Washington DC and started to play the violin; it was a cold January morning. He played six Bach pieces for about 45 minutes. During that time, since it was rush hour, it was calculated that thousand of people went through the station, most of them on their way to work.

Three minutes went by and a middle aged man noticed there was musicianplaying. He slowed his pace and stopped for a few seconds and then hurried up to meet his schedule.

A minute later, the violinist received his first dollar tip: a woman threw the money in the till and without stopping continued to walk.

A few minutes later, someone leaned against the wall to listen to him, but the man looked at his watch and started to walk again. Clearly he was late for work.


The one who paid the most attention was a 3 year old boy. His mother tagged him along, hurried but the kid stopped to look at the violinist.

Finally the mother pushed hard and the child continued to walk turning his head all the time. This action was repeated by several other children. All the parents, without exception, forced them to move on.


In the 45 minutes the musician played, only 6 people stopped and stayed for a while. About 20 gave him money but continued to walk their normal pace. He collected $32. When he finished playing and silence took over, no one noticed it. No one applauded, nor was there any recognition.

No one knew this but the violinist was Joshua Bell, one of the best musicians in the world. He played one of the most intricate pieces ever written, with a violin worth 3.5 million dollars.

Two days before his playing in the subway, tickets for Joshua Bell's performance at a theater in Boston were sold out and the seats averaged $100.

 

 


Cette histoire de Joshua Bell, jouant incognito dans une station de métro est vraie et a circulé sur de nombreux blogs déja. L'évènement a été organisé par le Washington Post dans le cadre d’un enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens.

Les questions étaient :

-  dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ?

-  Nous arrêtons-nous pour l’apprécier ?

-  Pouvons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu ?

Une des conclusions possibles de cette expérience pourrait être que si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter l’un des meilleurs musiciens du monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, il y a de fortes chances pour que nous passions dans la vie à côté de bien d'autres choses exceptionnelles sans nous en rendre compte.

 

Enjoy life!

Carpe diem!

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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 21:45

Par Loran

« La fraternité, ce n’est pas donner ce que l’on a, c’est avant tout offrir ce que l’on est ». C’est de cette manière que Marie Solemme définit la fraternité, la distinguant ainsi clairement de la solidarité.


Un homme tombe dans un trou et se blesse, viennent à passer différents personnages, qui l’abordent de la sorte :

La cartésien lui dit :« Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez pu éviter ce trou »

Le spiritualiste : « Vous avez dû commettre quelques fautes »

Le scientifique mesure la profondeur du trou

Le journaliste : l’interroge sur ces douleurs

Le yogi lui explique que le trou n’existe que dans son imagination, tout comme sa douleur.

Le médecin lui propose deux comprimés d’aspirine

Le psychanalyste l’incite à chercher dans sa relation avec sa mère les causes de sa chute

Le positiviste l’exhorte : « Quand on veut, on peut ! »

L’optimiste lui dit : « Cela aurait pu être pire, vous auriez pu vous casser quelque chose ».

Le pessimiste : « Vous risquez des complications ! »

C’est alors qu’un  Ami passa et lui tendit la main.

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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 10:06

Par Loran

Un paysan qui était venu un jour au marché de Duvno, en ex Yougoslavie, pour y vendre les produits de sa ferme, décide de rendre visite au rabbi du lieu. Une question le tracassait depuis quelque temps, et le rabbi, peut-être, lui donnerait la solution.

Le rabbi le reçoit comme il recevait tous les étrangers de passage et lui propose de poser sa question :

 Rabbi, dit-il, J’entends parler à gauche et à droite, du Talmud et des grands sages... et les colporteurs nous rapportent de ces histoires, que cela a fini par m’intriguer et je veux savoir... qu’est-ce que c’est que l’étude du Talmud ?

 Et de combien de temps tu disposes, répond le rabbi, pour que je puisse répondre à ta question ?

 Oh… pas beaucoup ! Une heure tout au plus… il est tard, la nuit va tomber et ma femme va s’inquiéter...

 Alors, reviens quand tu auras plus de temps, lui dit le rabbi, je ne peux pas, en une heure, t’expliquer ce qu’est le Talmud.

Mais le paysan insiste:

 Rabbi, je ne t’ai jamais rien demandé et je donne ma contribution à la communauté ; alors pour une fois que je demande quelque chose, tu pourrais faire un effort !

Et le paysan insiste tellement que le Rabbi excédé lui dit de s’asseoir et d’écouter :

 Tu veux savoir ce qu’est le Talmud ! Je vais t’expliquer ce qu’est le Talmud…



Deux voleurs entrent dans une maison par la cheminée et se retrouvent dans la salle à manger; l’un des deux a le visage noir de suie et l’autre le visage propre. Lequel des deux doit aller se laver le visage avant de sortir ?

Le paysan sans hésiter répond :

 Attends Rabbi c’est simple le Talmud et, tout paysan que je suis, j’ai compris : c’est évident ! Celui qui va se laver c’est celui qui a le visage sale !

 Et bien tu vois, lui répond le Rabbi, reviens quand tu auras plus de temps ; car celui qui a le visage sale, quand il voit que son ami a le visage propre, pense que lui-même a le visage propre ; alors que l’autre qui voit son acolyte le visage tout noir, croit qu’il en est de même pour lui ; et c’est celui qui a le visage propre qui va se laver le visage !

Et là le paysan reste un moment bouche bée puis il s’exclame :

 Extraordinaire ! C’est fort, c’est très fort le Talmud Rabbi ! Quelle profondeur ! Mais tu vois Rabbi, je n’ai pas trouvé mais j’ai compris ton explication, tout paysan que je suis !

Non, répond le Rabbi, décidément, reviens quand tu auras plus de temps, car depuis quand lorsque deux hommes sortent d’une cheminée, il y en a un qui a le visage propre ? Pose la question qui ne te concerne pas et tu auras une réponse qui ne te plait pas…

Le paysan est rentré chez lui vexé et le rabbi a continué à étudier.

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Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 00:22

Par Loran
Imaginez une grande salle au milieu de laquelle se trouve une échelle qui monte jusqu'au plafond. Cette échelle est reliée à un dispositif qui déclanche systématiquement une pluie d'eau glacée dans toute la salle dés qu'on en gravit les barreaux.
Introduisez dans cette salle une dizaine de singes.
Les singes, c'est prévisible, ne pouront s'empêcher de monter à l'échelle et seront sans cesse arrosés d'eau glacée. Trés rapidement ils feront le rapprochement et oublieront complètement cette échelle ignoble.
Laissons la vie s'organiser pendant quelques jours.
Un matin, enlevez un singe et remplacez le par un petit nouveau... Voyant cette belle échelle inoccupée et voulant profiter de l'aubaine il s'empresse d'empoigner les barreaux. Funeste idée, ses nouveaux camarades le rouent de coups avant même qu'il ait pu attraper l'échelle. Deux jours plus tard remplacez encore un autre singe par un nouveau. Ce singe numéro deux, deuxième génération, sera attiré lui aussi par l'échelle et recevra le même salaire que son infortuné prédecesseur. On peut même parier que ce dernier frappera encore plus fort que les autres... Lorsque tous les anciens singes auront été remplacés par des nouveaux, personne n'osera s'approcher de l'échelle, mais sans savoir d'où vient cet interdit, ce tabou... Ce culte de l'échelle du milieu ?
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agréable et astucieux :)

Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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