Dans mon grenier

Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 10:01

Par Loran

petit café. jambes très serrées. les gens tout autour. ça parle de tout de rien de rien du tout.

mais le bruit. le bruit sans fin du vide. quelqu'un écoute -t-il? café et ce froid entre peau et laine, ce truc qui court entre des couches et me rétrécit, feutre d'impuissance. je ne me réchauffe pas. je me retrousse. l'esprit rentre sous les doublures. je retourne au ventre essentiel.

et soudain, qui tombe avec le lait dans le noir,  cette sensation palpable du mal de vivre. un flou partout dedans dehors mais là, à ce moment précis, le clair tranchant savoir  de n'être  non seulement pas à ma place mais de ne l' avoir jamais été.... ai-je vraiment fui mon état de faussaire, la duperie évidente, si convaincue d'aller vers le vrai? l'ai-je un jour fait? et réussi...?

je me retrouve là, en cet instant de tea-room, avec cette identique sensation  bancale, l'inconfort de tenir le pied en l'air, l'entre ballant des  apatrides.  je mets le doigt sur ce sentiment coupable qui fait que toujours vous poursuivent les devoirs pas faits, les lâchetés, les inconstances notoires, cette difficulté d'attache, la fuite à nouveau , toujours.. je reconnais ma douleur, plus virulente encore comme s'il importait maintenant de me rendre , -oh mais quelle urgence  en effet-, à ma  place, à cet endroit  qui ferait que la vie était donnée pour cela... défaire le puzzle aux pièces débridées rendre mes tickets de transport, céder enfin à la vie.

mais cette conscience n'annihile nullement l'ostracisme qui me régit...  en moi plus épaisse encore maintenant cette évidence, au goût d'arabica, que je ne toucherai jamais mes racines. est-ce pour cela la poésie...

 

AnnaJ (voir son blog)

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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 09:37

Par Loran

Ma bouche

pleine de parole gelées

est une prison

de tempêtes retenues

 

ma bouche

est chanson d'Ishtar

et contes de Shéhérazade

 

ma bouche

est le gémissement silencieux d'une plainte

 

ma bouche est une fontaine coulant de plaisir

le cantique

du coeur

 

et de la chair

 

Maram al-Masri (Par la fontaine de ma bouche - Edition Bruno Doucey)

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:03

Par Loran

 

 

Léon Gontran DAMAS
Pour Alejo Carpentier

Il est des nuits sans nom
il est des nuits sans lune
où jusqu'à l'asphyxie
moite
me prend
l'âcre odeur du sang
jaillissant
de toute trompette bouchée

Des nuits sans nom
des nuits sans lune
la peine qui m'habite
m'oppresse
la peine qui m'habite
m'étouffe

Nuits sans nom
nuits sans lune
où j'aurais voulu
pouvoir ne plus douter
tant m'obsède d'écoeurement
un besoin d'évasion

Sans nom
sans lune
sans lune
sans nom
nuits sans lune
sans nom sans nom
où le dégoût s'ancre en moi
aussi profondément qu'un beau poignard malais

(Pigments, 1939)

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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 11:13

Par Loran

Un jour, l’âne d’un fermier tomba dans un puits.
L’animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire.
Finalement, il décida que l’animal était trop vieux et que le puits devait disparaître de toute façon, et qu’il n’était donc pas rentable de récupérer l’âne.

Il invita tous ses voisins à venir et l’aider. Tous se saisissent d’une pelle et commencent à enterrer le puits.
Au début, l’âne réalisa ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. Puis, au bout de quelques secondes, à la stupéfaction de chacun, il se tut. Quelques pelletées plus tard, le fermier regarda finalement dans le fond du puits fut très étonné de ce qu’il vit.

Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus. Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus...

Bientôt, à la grande surprise de chacun, l’âne sortit hors du puits et se mit à trotter !

La vie peut parfois essayer de nous engloutir de toutes sortes d’ordures. Le truc pour se sortir du trou est de se secouer pour avancer. Chacun de nos ennuis est une pierre qui permet de progresser. Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en nous souvenant de cette histoire.

 

Auteur inconnu (de moi)

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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 00:30

Par Loran

Et comme si

une voix étouffée me parvenait

vers laquelle mon oreille se tend

comme si quelqu'un pénétrait mes entrailles

elle lui prête l'oreille

et de temps à autre capte l'onde

d'un signal

elle l'habille d'un corps

qui devient voix

d'abord chuchotée

puis qui s'élève

 

la saississent des doigts avident d'un corps à caresser

à cajoler comme pétales de fleur

ou feuilles de fruit

à palper en tremblant

dans le duvet du ventre

ou sous l'aisselle

pénétrant la mousse veloutée

d'un tendre passage

 

Maram al-Masri (Par la fontaine de ma bouche - Ed Bruno Doucey)

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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 17:38

Par Loran

metaphores-copie-1.jpg   Les métaphores sont-elles comme les doryphores ?

Des bébêtes à pomme de terre, des bibittes à patates, en terres grasses du Québec.

Petites bêtes du bon lieu, celui de l’écriture, elles vous boivent le sang des yeux, sans vergogne s’accouplent devant vous, et vous rongent la langue comme on mâche sa feuille ou le bout d’un crayon.



Pour vous exténuer, extraire le jus de vos œuvres, elles vous empêchent de dormir, s’immiscent dans vos rêves les plus profonds, pour sucer les images au puits de l’inconscient.

Tel le pire cauchemar, celui d’une métamorphose, elles se jouent des auteurs, inspirent comme dans un jeu de mauvais mots, font des effets de style qui réveillent les consciences en parlant d’autres choses.

Que ce soit sur des feuilles de papier cru, cuit, mat ou glacé…, prose ou cliché, c’est toujours les mêmes effets et d’identiques dégâts des mots !

Peur des écrits, foliation ralentie en pleine page blanche, ou défoliation totale en vos carnets de poésie, elles anéantissent tous vos espoirs sur leur passage ; comme les pirates des Caraïbes, les métaphores ont des élytres rayés de noir, elles cornent les images.

Ces porte-lances touchent les mots en pleine cible, en plein cœur elles déchirent et détournent le sens des phrases, portent la poisse comme lunettes de mauvais œil !

Lignées de noir aux plants du désespoir, bien pire que les pucerons des plus infectes critiques, elles parasitent mes plans de ciel, et le champ plat de mes clichés de glèbe.

En images ou en parole, elles sont partout dans mes plantations !

Elles résistent à tout !

À la folie, à l’amour, à la passion et aux insecticides les plus académiques, à la grammaire comme aux pires électrochocs ; elles contrarient mes plants, mes astuces et mes traitements par psychotropes; elles sont terribles !

Même entre les lignes, même à mi-mots, les métaphores sentent mauvais du sens et restent voraces ; telles des locutions enragées, dangereuses à manier ; dans le doute, je protège mon Bic et mon encre mêlée de dichlorodiphényltrichloroé

thane à forte dose.

Entre les allusions et les allégories, seules les larves de coccinelles maculées d’humilité et de patience, sont des défis aux doryphores, mais des délits pour la littérature.

Elles semblent venues d’un ailleurs et parler une langue inconnue des mortels ; elles procèdent subrepticement de la pire rhétorique, qui consiste à tout chambouler du sens commun. Elles mettent le bon sens, sans dessus dessous, utilisant le plus concret pour dire le plus abstrait, le plus simple pour exprimer le plus complexe...

Sans complexe, elles sont incorrigibles ! Car, entre nous, les métaphores et métamorphoses du réel ne peuvent-être que doryphoriques !

Doryphorme, anamorphoses, échos des homophonies dans la spirale des homologies, ressemblances et images au cœur des métamorphoses …

les métaphores pondent-elles des œufs ?

Les bambins font-ils des mots d’enfant, ou les mots eux-mêmes nous font-ils des gosses ?

Les poètes jouent-ils avec les mots ou les mots se jouent-ils d’eux ?

En guise de réponse, au cirque du langage, le juste milieu ne relève-t-il pas de la ténacité face aux apparences !

Lutter contre l’abstraction et ralentir l’attraction des évidences, le combat n’est –il pas le même ? En un juste milieu, en terre du milieu, là où les doryphores se font les plus métapho-risques, pour dire où pour aller vers autre chose, comme dans une vertigineuse succion ?

Entre l’apesanteur des images et la pesanteur de la réalité, l’humain reste en suspens, la main dans le vague; la prégnance des signes et des symboles semble vouloir nous libérer quelque temps de notre contingence ; mais lourdeurs et grâces en définitive se confondent, puisqu'ils relèvent du même principe :

DIRE LA CHOSE.

La chose même des mots, la chose du réel, dans le continuum espace-temps, par une sorte de prise de parole brutale et mouvementée, comme si, la métaphore était un art martial, dans lequel le Verbe lui-même, nous prenant aux mots, nous faisait quelques prises de doryphore.
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 23:13

Par Loran

 

 

Apprendre rien c'est difficile et délicat
Et compliqué et con et inutile
Czerny? D'accord!
Larousse? D'accord!
La Géo? D'acc!
La pharmacopée?
Demandez à mon père c'était un spécialiste
Il emportait avec lui des valises le sentiment barré du Codex
Des infusions particulières qui sait?
L'éternelle jeunesse?
- Et si je meurs?
Il est mort!

Apprendre rien? C'est Hamlet, tiens!
To learn or not to learn... that is... that is... c'est con
La méthode?

Seul sur un chemin de chèvre à la montagne
Au moment où il ne va plus y avoir d'arbre
Au moment où la végétation peut s'écrire facile
Sur une page de ton agenda
Et puis même pas à te frapper pour le téléphone...
Tu parles à voix basse et tu t'entends te répondre
C'est bath! Non! Le circuit fermé
- Allô? Le temps?
- Yes!
- And you?
- Pas mal pas mal pas mal...

Tu prends une pierre dans ta main
Personne n'y a jamais touché... tu te rends compte?
Une pierre vierge pour toi tout seul éternellement
L'adultère chez les pierres que tu marries
Comme ça très vite c'est rare c'est rare...
Une pierre ça s'accroche... comme les étoiles
Tu as déjà vu des étoiles à toi se barrer avec un particulier?
Dans une galaxie de passe?
Tu regardes un coq de bruyère qui passe en te faisant peur
Parce que le bruit que peut faire un coq de bruyère
Quand tu as la pierre en main
Et qui n'a jamais touché une main humaine
Et bien ce bruit est fantastique...
Ça fait fouou... flouou...
Comme Czerny... Écoute... Quel salaud!

Tout à coup une source pas loin du glacier
Et puis de fleurs sauvages
A se demander vraiment... Harlem?
Tu causes tu causes... Tu crois?
Des fleurs noires de la Débauche ou de l'Anarchie
Non... Des fleurs noires de pierre de l'Amour
La Méthode?

Apprendre tout par coeur, surtout la gueule des gens
Et puis, tout oublier, immédiatement, comme à l'école...
- Vous avez appris la gueule de grammaire?
- Ouais
- Alors?
- Elle est vieille!
- Comment ça fait?
- Je t'aime Tu m'aimes J'aime J'aime J'aime

Apprendre, oui, apprendre...
Sentir les fumiers avant de les apprendre
Dresser son nez faire des exercices particuliers
Le téléphone?
- Allô?
Et puis tout de suite fourrer son nez dans l'écouteur
Oh! la la la la...
- Il n'est pas là monsieur
- Comment?
- Allô? Je n'entends pas mais je sens je sens...
Et tu raccroches
Au début c'est difficile
On ne sait pas si tu écoutes ou si tu renifles
Et puis petit à petit...
Entre Dior et la merde
Il n'y a souvent qu'une question de circuit mal branché...
Je suis un OLFACPHONE

Je suis un vieux corbeau qui traîne sur les fils télégraphiques
Et j'en apprends des choses
Les fils télégraphiques c'est un peu le cabinet de la chose publique
Je n'ose pas décrocher la nuit parce que ça sent quand même

La Méthode?

ART.1 CASSER LES TÉLÉPHONES

Les autres? L'autre?

Les autres c'est facile: C'est toi multiplié par eux c'est clair?
Les autres? C'est tes pantalons enfilés par eux c'est clair?
L'autre? L'autre?
J'y reviendrai

ART.2 CASSER LES AUTRES

Quand tu t'es enfilé comme ça
Une peau de crocodile sur le sentiment
Alors on ne t'approche plus que par ouï-dire:
Ah! celui-là on ne sait pas qui c'est exactement
Et tu poursuis ton chemin ta cig ou ton chien
Si tu as le sens de la réverbération
Les chiens ne sont pas les Autres
Il fallait bien savoir un jour ou l'autre
Les chiens ça réverbèrent un quelque part
Qui est juste sur la bulle de l'Univers un peu en dehors
Ils sont un peu en dehors les chiens

Nous, nous bouillons dans l'Administration
Nous sommes des administratifs

ART.4 CASSER L'ADMINISTRATION

Tu as deux poings?
Frappe sur la table frappe la tête
Tu as deux poings?
Mets-les au bout de tes bras le long de ton corps
Et prends des loups par la main
Ton poing alors s'épanouira comme une fleur matinale

Le silence que j'ai perdu
Au bout de cette rue barrée
Ne m'a jamais été rendu
J'habite en-haut de ces pavés
J'y vois des pays trop marins
Des fleurs de filles délaissées
Et le système de ton bien
Allongées dans cette rue blême
Tu passais sur moi comme un char
C'était de la guimauve encarrossée de miel
Alors je m'abreuvais en regardant dedans
O les sources de brume en ces rues dévêtues...

Tu as deux yeux regarde en-dedans de toi
Et sors-toi par les yeux
C'est aussi ça la Méthode: S'EXTIRPER

ART.5 S'AUTO-VOMIR

Et s'offrir en prime la salope de Cahors
Chacun a une salope quelque part
Moi j'en ai par-ci par-là et à Cahors
Je me souviens de ces lilas
Dont elle fleurissait ma maison
Avant que cette salope-là
Ne prenne sa vrille
Elle m'avait fourgué des fleurs
Histoire de montrer son bon coeur
Ben Dame! Un coeur il faut que ça brille
Y'a des gens que ça fait maronner
De ne pouvoir jamais entrer
Dans l'intimité des Artistes
C'était dans son genre à elle une artiste
Elle est entrée elle est entrée

Le trou de serrure où tu lorgnais
C'était ma cavale de la nuit
Et toi tu venais tapiner
En tapinois en tapis nuit

Dis-moi la salope de Cahors
Où traînes-tu ta gueule encore?
Sur quelle fosse à purin?
Sur quel poulaga en gésine?
Dis donc la voyeuse de Cahors
Sur quel fumier? Sur quel jardin?
Sur quel azur fais-tu ton deuil?
Toi l'amour tu le fais avec ton oeil
Et dire qu'elle me disait l'Autre
- Qu'est-ce qu'ils peuvent être con ces deux-là
Chacun a une salope quelque part
Moi j'en ai par-ci par-là et à Cahors

 

Léo Ferré

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 15:23

Par Loran

Comme un sentiment de révolte propre à notre époque....

Qaïn

Leconte de Lisle

(Extrait)

...

Je regarde marcher l'antique sentinelle,
Le Khéroub chevelu de lumière, au milieu
Des ténèbres, l'esprit aux six ailes de feu,
Qui, dardant jusqu'à moi sa rigide prunelle,
S'arrête sur le seuil interdit par son dieu.

Il reluit sur ma face irritée, et me nomme :
– Qaïn, Qaïn! – Khéroub d'Iahvèh, que veux-tu ?
Me voici. – va prier, va dormir. Tout s'est tu,
Le repos et l'oubli bercent la terre et l'homme;
Heureux qui s'agenouille et n'a pas combattu !

Pourquoi rôder toujours par les ombres sacrées,
Haletant comme un loup des bois jusqu'au matin ?
Vers la limpidité du paradis lointain
Pourquoi tendre toujours tes lèvres altérées ?
Courbe la face, esclave, et subis ton destin.

Rentre dans ton néant, ver de terre! Qu'importe
Ta révolte inutile à celui qui peut tout ?
Le feu se rit de l'eau qui murmure et qui bout;
Le vent n'écoute pas gémir la feuille morte.
Prie et prosterne-toi. – Je resterai debout !

Le lâche peut ramper sous le pied qui le dompte,
Glorifier l'opprobre, adorer le tourment,
Et payer le repos par l'avilissement;
Iahvèh peut bénir dans leur fange et leur honte
L'épouvante qui flatte et la haine qui ment;

Je resterai debout ! Et du soir à l'aurore,
Et de l'aube à la nuit, jamais je ne tairai
L'infatigable cri d'un coeur désespéré !
La soif de la justice, ô Khéroub, me dévore.
Ecrase-moi, sinon, jamais je ne ploierai !

...

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 08:30

Par Loran

"On supprimera l'Ame
Au nom de la Raison
Puis on supprimera la Raison.
On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la Justice.
On supprimera l'Esprit
Au nom de la Matière
Puis on supprimera la Matière.
Au nom de rien on supprimera l'Homme ;
On supprimera le nom de l'Homme ;
Il n'y aura plus de nom.
Nous y sommes."

 

Armand ROBIN , 1945

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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 11:00

Par Loran

- Un poème de mon ami Christian E Andersen -

 

Ne dis rien

épargne cette vaine fatigue

à tes lèvres

à ta pauvre tête fatiguée

qui fait grise mine

un vent fou

à pleines poignées

disperse

dans la montagne

les oiseaux

qui volent tête en bas

on refait le procès

de la sélection naturelle

on écourte on écourte

il y a de grands bruits

de faux qu'on aiguise

et l'amour sur la paille

dans la grange

est rouge

 

CEA 19.8.2011

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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 14:04

Par Loran


Brassens-Le 22 septembre par kitsch

 

Un vingt-deux de septembre au diable vous partites,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous...
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

On ne reverra plus au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous...
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes,
Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous...
Le complexe d'Icare à présent m'abandonne,
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Pieusement noué d'un bout de vos dentelles,
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous...
Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous...
Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Et c'est triste de n'être plus triste sans vous



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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 10:14

Par Loran

Les purs désirs se propagent dans l'amertume
des mystères noués à l'aventure matricielle
vont choir devant le miroir des paradoxes
écoeurés de dogmes, de rites et de mythes
éloges des gorges déployées

C'est dingue mais ça tient tout seul
ça s'entretient
ça se maintient dans une constellation givrée
ça tourne autour de rien
que finalement ça devient quelque chose d'inévitable
ça se chuchote d'une oreille à l'autre
sans mesure, sans bavure
doux murmure en plongée
dans la fulgurance du hasard
à la croisée du jouir des regards
inexplorés

Finalement le retour des impossibles
se pointe sur le bout des doigts
pour dénouer la fibre d'un malentendu

 

Huguette Bertrand (extrait de "Lapoésie se mange crue")

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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 05:21

Par Loran

L’homme est là 
Derrière moi 
Discret et silencieux 



Je le devine comme une ombre 
Un souffle une intuition 
Mais je n’ai pas peur, 
Aucune appréhension 


Figée 

Les mains posées sur le rebord du lavabo 
Je sens son regard caresser mon dos 
encore humide, 
Un regard douloureux 
Comme un adieu nécessaire 
D’une tendresse ultime
 

Qu’ai-je fait ! 

Femme outragée 
Animus blessé 
Pendant combien de temps ai-je cautionné ce massacre ? 
Enduré ce simulacre 
De mon identité sublime 
Au fond  
 

Toi qui ne voulais pas mourir 
Qui survivais dans ce carcan 
Défigurant le souvenir 
De mes rêves d’enfant 
Prince charmant 
Prisonnier des chaînes de ma survivance 
Toi mon alter ego 
Victime des blessures de mes premiers balbutiements 
Constat navrant et sans appel 
A l’automne de mes jours 
Je ramasse à la pelle 
Les vestiges d’une défloraison 
Mes amours assassinés
J’entends mon sang qui cogne
 
Dans ma tête et dans ma gorge 
Comme une horloge
Un tic tac en écho
Ton reflet éthéré
Aux contours incertains
Sur le miroir sans tain
Me laisse entrevoir
Un espoir
 
De retrouver enfin 
Tout ce que j’ai perdu
De prétentions insaisissables
 
Avec l’ennui pour seule victoire. 


J’ai tressailli  quand il s’est pressé contre moi
Ses mains refermées sur mes seins
Fermement
Mais tendrement
La rigide délicatesse
De son sexe
Sur mes fesses
Me surprend

 

Un peu crispée j’ai  demandé
«  Qu’est ce que tu fais ? »
Doucement il a murmuré:

 
"Je prends des forces, avant de m’en aller !"

Lilith
2007

 - voir son blog : "Déraisonnable imaginaire"

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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 11:29

Par Loran
cristina castello
 

Alborada

Adiós — dice el dolor con voz descalza
Cansado de sufrir bebe su llanto
Sepulta entre hierbas sus recuerdos
Y súbita resurrección, no tiene rostro
No es sino un lienzo en acecho al óleo.
El amor solfea su cuerpo inexplorado
Y las magnolias de su piel son un jilguero.
Es invencible el dolor enamorado,
Ya no es tormento sino melodía
El amor rebautiza el mundo.

Point du jour

Adieu — dit la douleur d’une voix déchaussée
Fatiguée de souffrir, elle boit ses pleurs
Ensevelit ses souvenirs parmi les herbes
Et, soudaine résurrection, elle n’a pas de face
N’est qu’une toile qui guette l’huile.
L’amour solfie son corps inexploré
Et les magnolias de sa peau sont chardonnerets.
La douleur amoureuse est invincible,
Ce n’est plus tourment mais mélodie
L’amour rebaptise le monde.

 
 Liens:
-http://www.cristinacastello.com
-http://les-risques-du-journalisme.over-blog.com/
-http://poesiedanger.blogspot.com/search/label/Cristina Castello
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 22:24

Par Loran

Voici un poème de Sophie ASSAYAG, retenu pour

 

LE GRAND PRIX RIMES ET DÉRAISON 2011

organisé par Bernard Bonnejean

 

ASSAYAG Sophie

À toi mon ventre

 

Émouvante ta chair aux encens maléfiques
A ton âme sublime aux ascendants néfastes
A tes larmes sans joie, à ton silence ardent
A ton cœur inconscient et sa nudité "chaste"

Impensable défaite où les corps s'articulent
En l'abime d'un soir et l'alcool te brûle
En la proie ridicule, indigeste toxique
La femme tentacule et ton ventre se vide.

Et ce cristal maudit, le marbre de ta voix
Achève dans la nuit l'écho du désarroi
A ton ultime effort ou se perdent les sens
Aux couleurs d'une vie indolore en substance

A ces ébats intimes où tu craches en silence
Les torts d'une folie inéluctable et franche
Au bruit que fait l'ennui lorsque tu te déhanches
En solitaire tu fuis l'abominable cri

Et toujours en l'absurde s'obstine ta fréquence
N'as-tu pour agrément que cette délivrance ?
Où jamais ne se plie le si peu d'existence
Où par l'encre et la feuille l'espoir fait offense

Et pour unique chance un tragique secret
Où la nature immense t'accorda ce reflet, 
Le masque narcissique où ton ego se plait
Et maquille sans honte la pauvreté du vrai !

M'avoir abandonnée... ma mère, ma prostituée.

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agréable et astucieux :)

Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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