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Dans mon grenier

Jeudi 7 mars 2013 4 07 /03 /Mars /2013 20:07

Par Loran

Les premières maisons des hommes et des femmes

Les femmes sont les premières maisons des hommes et des femmes.
Elles sont leurs rampes de lancement, leurs ponts, elles leur donnent leurs âmes.
Ainsi les hommes pendant 9 mois ont été qu'ils le veuillent ou pas, des femmes.
Une fois sortis d'elles, hélas, il arrive qu'ils les profanent, les massacrent, les violent, les damnent.
Ô vous, qui que vous soyez, c'est aux femmes que vous devez la fête et le fait de naître, de marcher sur la terre et de transmettre.
Ne laissez pas se faner les fleurs qui vous ont portés si tendrement vers la lumière.
Elles vous disent : "Je vous ai faits". A vous, à présent, de vous faire.
C'est à vous, aujourd'hui, d'achever l'ouvrage déjà commencé.
A votre tour de vous faire naître.

Julos Beaucarne

Publié dans : Dans mon grenier - Communauté : LA PLUME D'ARGENT
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Dimanche 2 décembre 2012 7 02 /12 /Déc /2012 22:52

Par Loran

ANNABEL LEE

C'était il y a longtemps, très longtemps,
Dans un royaume au bord de l'océan,
y vivait une vierge que vous pourriez connaître
Du nom d'Annabel Lee;
Cette vierge vivait sans autre pensée
Que de m'aimer et d'être mon aimée.

Elle était une enfant et j'étais un enfant,
Dans ce royaume au bord de l'océan,
Mais nous aimions d'un amour
qui était plus que de l'amour
Moi et mon Annabel Lee,
D'un amour tel que les séraphins du Ciel
Nous jalousaient elle et moi.

Et c'est pourquoi, il y a longtemps,
Dans ce royaume au bord de l'océan,
Les vents firent éclater un nuage et glacèrent
Ma toute belle Annabel Lee ;
Si bien que ses nobles parents sont venus
Et l'ont emportée loin de moi
Pour l'enfermer dans un tombeau
Dans ce royaume au bord de l'océan.

Les anges, loin d'être aussi heureux que nous au Ciel,
Nous envièrent elle et moi :
Oui ! C'est pour cela (comme chacun le sait
Dans ce royaume au bord de l'océan)
Qu'une nuit le vent surgit d'un nuage
Et glaça, et tua mon Annabel Lee.

Mais notre amour était beaucoup plus fort que l'amour
De nos aînés, de bien des personnes
Beaucoup plus sages que nous,
Et jamais les anges du Ciel là-haut
Ni les démons au fin fond de l'océan
Ne pourront séparer mon âme de l'âme
De ma toute belle Annabel Lee.

Car la lune ne luit jamais, sans qu'elle me porte
Des rêves d'Annabel Lee, la toute belle,
Et les étoiles ne se lèvent jamais, sans que je sente
Les yeux vifs d'Annabel Lee, ma toute belle,
Ainsi, aux rives de la nuit, je me couche à côté
De ma chérie! Ma chérie, ma vie, ma promise,
Dans son tombeau, là, au bord de l'océan,
Dans sa tombe, à côté de l'océan.

Edgar Allan Poe

Trad. Roseau

Publié dans : Dans mon grenier - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Samedi 22 septembre 2012 6 22 /09 /Sep /2012 17:35

Par Loran

Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés ! Coran.jpg
Vos religions sont subterfuges des Anciens.
Ils disent que le Temps mourra bientôt,
Que les jours sont à bout de souffle.
Ils ont menti – ils ignorent son échéance.
N’écoutez pas ces champions de fourberie.

Les gens voudraient qu’un imam se lève
Et prenne la parole devant une foule muette.
Illusion trompeuse – il n’est d’imam que la raison,
Notre guide de jour comme de nuit.

Peut-être dans les temples se trouvent-ils des gens
qui procurent la terreur à l'aide de versets,
Comme d'autres dans les tavernes
Procurent le plaisir.

Les lois divines ont semé parmi nous la rancune
Et nous ont apporté toutes sortes de malheurs,

Les corps vont à la poussière.
Aucun savant ne sait où va l'âme.

Malgré moi, je suis sorti en ce bas monde,
Et mon voyage est pour un monde ailleurs.
Cela malgré moi aussi, et Dieu m'en est témoin !
Suis-je prédestiné, entre ces deux mondes,
A accomplir une tâche,
Ou suis-je libre de mes choix ?

Raison - demeures laissées à l'abandon
Ignorance - solides demeures habitées.

La religion - commerce de morts.
Pour cette raison, c'est un objet invendable
parmi les vivants.

L' égaré appelle impie celui qui ne partage pas sa foi.
Malheur à lui ! Quel homme n'a pas connu l'impiété ?

Le Livre est devenu trompettes des égarés,
Et les versets, mélodies.
Ils en ont joué, puis, dans leur infamie,
Les ont agitées comme des épées
Sur l'homme paisible qui veille
Au clair de lune.

Je ne blâme pas l'athée?
Mais plutôt celui qui, craignant l'enfer,
Persiste dans sa furie.

La raison ne peut que s'étonner des lois,
Qu'elles soient païennes, musulmanes,
juives ou chrétiennes...


Quant à la certitude, elle n'existe pas.
L'apogée de mes efforts se trouve
Dans l'intuition et les pressentiments.

J'ai poussé loin mes recherches
Et mes investigations.
J'affirme, malgré cela,
Que je suis perdu et ignorant.

Le mensonge a détruit
Les habitants de la terre.
Leurs descendants se sont groupés en sectes
Qui ne peuvent fraterniser.
Si l'inimitié n'avait été dans leur nature,
Dès l'origine,
Mosquée, église et synagogue
N'auraient fait qu'une.

La vérité est soleil recouvert de ténèbres -
Elle n'a pas d'aube dans les yeux des humains.

La raison, pour le genre humain
Est un spectre qui passe son chemin.

Foi, incroyance, rumeurs colportées,
Coran, Torah, Évangile
Prescrivant leurs lois ...
A toute génération ses mensonges
Que l’on s’empresse de croire et consigner.
Une génération se distinguera-t-elle, un jour,
En suivant la vérité ?

Deux sortes de gens sur la terre :
Ceux qui ont la raison sans religion,
Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.

Tous les hommes se hâtent vers la décomposition,
Toutes les religions se valent dans l'égarement.

Si on me demande quelle est ma doctrine,
Elle est claire :
Ne suis-je pas, comme les autres,
Un imbécile ?

 


Abu-l-Ala al-Maari1 , Aboul Ala El-Maari ou Aboul Alaa El-Maari (973-1057) est un grand poète arabe qui naquit dans la ville syrienne de Ma`arrat an-N`uman au sud d'Alep. Il connu pour sa virtuosité et pour l'originalité et le pessimisme de sa vision du monde. En effet, ses poèmes philosophiques sont construits sur la base d’une tristesse existentielle profonde, faisant du pessimisme une ligne de conduite et le départ de toute réflexion philosophique.

Publié dans : Dans mon grenier - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Dimanche 8 juillet 2012 7 08 /07 /Juil /2012 15:56

Par Loran

Dimanche


Incantation première
au seuil du lieu parfait
ton sexe
et sitôt dru
l’engorgement du ventre
j’en sais les houilles
le troc infini des grisous
qu’il y suffit de feu
pour l’espace d’être nu


Lundi


Seconde incantation
à l’air
aux cisailles atroces
de la glotte
hachant le souffle
au silence et ses pollens
qu’il m’indiffère de lire
dans le fruit
son orgasme


Mardi


tiers noeud
en nos anatomies
lépreuses
tant
manquent les doigts
pour compter
au-delà des corps
troisième incantation
aux lymphes nomades
le legs émacié
d’une question


Mercredi


Quarto
ma dimension
sans doute
incantation à l’espace
on tremble
dans l’engorgement
forcené
des marges


Jeudi


Terre ou mer
on porte aux lèvres
la conque
sans trop savoir
à mi-distance
quelle incantation
la quantième
dégorger


Vendredi


Mur môle jetée
prennent à la gorge
odeur de marée
l’incantation aussi
n’ignorant rien
du ressac
des ses franges
à travers soi
jamais tout à fait blanches


Samedi


Le chant s’allume
au bois de la veille
humide encore
les yeux piquent
la gorge est rêche
la braise sauve
jusqu’à demain

 

Polythéidéi


Hors chant
fichée en gorge
l’ultime incantation
tant de dieux assassinés
pour un sac de clous
à la petite semaine
ça taloche ferme
sous l’estomac

 

C.E.Andersen

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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 09:37

Par Loran

Ma bouche

pleine de parole gelées

est une prison

de tempêtes retenues

 

ma bouche

est chanson d'Ishtar

et contes de Shéhérazade

 

ma bouche

est le gémissement silencieux d'une plainte

 

ma bouche est une fontaine coulant de plaisir

le cantique

du coeur

 

et de la chair

 

Maram al-Masri (Par la fontaine de ma bouche - Edition Bruno Doucey)

Publié dans : Dans mon grenier
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:03

Par Loran

 

 

Léon Gontran DAMAS
Pour Alejo Carpentier

Il est des nuits sans nom
il est des nuits sans lune
où jusqu'à l'asphyxie
moite
me prend
l'âcre odeur du sang
jaillissant
de toute trompette bouchée

Des nuits sans nom
des nuits sans lune
la peine qui m'habite
m'oppresse
la peine qui m'habite
m'étouffe

Nuits sans nom
nuits sans lune
où j'aurais voulu
pouvoir ne plus douter
tant m'obsède d'écoeurement
un besoin d'évasion

Sans nom
sans lune
sans lune
sans nom
nuits sans lune
sans nom sans nom
où le dégoût s'ancre en moi
aussi profondément qu'un beau poignard malais

(Pigments, 1939)

Publié dans : Dans mon grenier - Communauté : Les gardiens du Volcan
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 00:30

Par Loran

Et comme si

une voix étouffée me parvenait

vers laquelle mon oreille se tend

comme si quelqu'un pénétrait mes entrailles

elle lui prête l'oreille

et de temps à autre capte l'onde

d'un signal

elle l'habille d'un corps

qui devient voix

d'abord chuchotée

puis qui s'élève

 

la saississent des doigts avident d'un corps à caresser

à cajoler comme pétales de fleur

ou feuilles de fruit

à palper en tremblant

dans le duvet du ventre

ou sous l'aisselle

pénétrant la mousse veloutée

d'un tendre passage

 

Maram al-Masri (Par la fontaine de ma bouche - Ed Bruno Doucey)

Publié dans : Dans mon grenier
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 17:38

Par Loran

metaphores-copie-1.jpg   Les métaphores sont-elles comme les doryphores ?

Des bébêtes à pomme de terre, des bibittes à patates, en terres grasses du Québec.

Petites bêtes du bon lieu, celui de l’écriture, elles vous boivent le sang des yeux, sans vergogne s’accouplent devant vous, et vous rongent la langue comme on mâche sa feuille ou le bout d’un crayon.



Pour vous exténuer, extraire le jus de vos œuvres, elles vous empêchent de dormir, s’immiscent dans vos rêves les plus profonds, pour sucer les images au puits de l’inconscient.

Tel le pire cauchemar, celui d’une métamorphose, elles se jouent des auteurs, inspirent comme dans un jeu de mauvais mots, font des effets de style qui réveillent les consciences en parlant d’autres choses.

Que ce soit sur des feuilles de papier cru, cuit, mat ou glacé…, prose ou cliché, c’est toujours les mêmes effets et d’identiques dégâts des mots !

Peur des écrits, foliation ralentie en pleine page blanche, ou défoliation totale en vos carnets de poésie, elles anéantissent tous vos espoirs sur leur passage ; comme les pirates des Caraïbes, les métaphores ont des élytres rayés de noir, elles cornent les images.

Ces porte-lances touchent les mots en pleine cible, en plein cœur elles déchirent et détournent le sens des phrases, portent la poisse comme lunettes de mauvais œil !

Lignées de noir aux plants du désespoir, bien pire que les pucerons des plus infectes critiques, elles parasitent mes plans de ciel, et le champ plat de mes clichés de glèbe.

En images ou en parole, elles sont partout dans mes plantations !

Elles résistent à tout !

À la folie, à l’amour, à la passion et aux insecticides les plus académiques, à la grammaire comme aux pires électrochocs ; elles contrarient mes plants, mes astuces et mes traitements par psychotropes; elles sont terribles !

Même entre les lignes, même à mi-mots, les métaphores sentent mauvais du sens et restent voraces ; telles des locutions enragées, dangereuses à manier ; dans le doute, je protège mon Bic et mon encre mêlée de dichlorodiphényltrichloroé

thane à forte dose.

Entre les allusions et les allégories, seules les larves de coccinelles maculées d’humilité et de patience, sont des défis aux doryphores, mais des délits pour la littérature.

Elles semblent venues d’un ailleurs et parler une langue inconnue des mortels ; elles procèdent subrepticement de la pire rhétorique, qui consiste à tout chambouler du sens commun. Elles mettent le bon sens, sans dessus dessous, utilisant le plus concret pour dire le plus abstrait, le plus simple pour exprimer le plus complexe...

Sans complexe, elles sont incorrigibles ! Car, entre nous, les métaphores et métamorphoses du réel ne peuvent-être que doryphoriques !

Doryphorme, anamorphoses, échos des homophonies dans la spirale des homologies, ressemblances et images au cœur des métamorphoses …

les métaphores pondent-elles des œufs ?

Les bambins font-ils des mots d’enfant, ou les mots eux-mêmes nous font-ils des gosses ?

Les poètes jouent-ils avec les mots ou les mots se jouent-ils d’eux ?

En guise de réponse, au cirque du langage, le juste milieu ne relève-t-il pas de la ténacité face aux apparences !

Lutter contre l’abstraction et ralentir l’attraction des évidences, le combat n’est –il pas le même ? En un juste milieu, en terre du milieu, là où les doryphores se font les plus métapho-risques, pour dire où pour aller vers autre chose, comme dans une vertigineuse succion ?

Entre l’apesanteur des images et la pesanteur de la réalité, l’humain reste en suspens, la main dans le vague; la prégnance des signes et des symboles semble vouloir nous libérer quelque temps de notre contingence ; mais lourdeurs et grâces en définitive se confondent, puisqu'ils relèvent du même principe :

DIRE LA CHOSE.

La chose même des mots, la chose du réel, dans le continuum espace-temps, par une sorte de prise de parole brutale et mouvementée, comme si, la métaphore était un art martial, dans lequel le Verbe lui-même, nous prenant aux mots, nous faisait quelques prises de doryphore.
Publié dans : Dans mon grenier - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 23:13

Par Loran

 

 

Apprendre rien c'est difficile et délicat
Et compliqué et con et inutile
Czerny? D'accord!
Larousse? D'accord!
La Géo? D'acc!
La pharmacopée?
Demandez à mon père c'était un spécialiste
Il emportait avec lui des valises le sentiment barré du Codex
Des infusions particulières qui sait?
L'éternelle jeunesse?
- Et si je meurs?
Il est mort!

Apprendre rien? C'est Hamlet, tiens!
To learn or not to learn... that is... that is... c'est con
La méthode?

Seul sur un chemin de chèvre à la montagne
Au moment où il ne va plus y avoir d'arbre
Au moment où la végétation peut s'écrire facile
Sur une page de ton agenda
Et puis même pas à te frapper pour le téléphone...
Tu parles à voix basse et tu t'entends te répondre
C'est bath! Non! Le circuit fermé
- Allô? Le temps?
- Yes!
- And you?
- Pas mal pas mal pas mal...

Tu prends une pierre dans ta main
Personne n'y a jamais touché... tu te rends compte?
Une pierre vierge pour toi tout seul éternellement
L'adultère chez les pierres que tu marries
Comme ça très vite c'est rare c'est rare...
Une pierre ça s'accroche... comme les étoiles
Tu as déjà vu des étoiles à toi se barrer avec un particulier?
Dans une galaxie de passe?
Tu regardes un coq de bruyère qui passe en te faisant peur
Parce que le bruit que peut faire un coq de bruyère
Quand tu as la pierre en main
Et qui n'a jamais touché une main humaine
Et bien ce bruit est fantastique...
Ça fait fouou... flouou...
Comme Czerny... Écoute... Quel salaud!

Tout à coup une source pas loin du glacier
Et puis de fleurs sauvages
A se demander vraiment... Harlem?
Tu causes tu causes... Tu crois?
Des fleurs noires de la Débauche ou de l'Anarchie
Non... Des fleurs noires de pierre de l'Amour
La Méthode?

Apprendre tout par coeur, surtout la gueule des gens
Et puis, tout oublier, immédiatement, comme à l'école...
- Vous avez appris la gueule de grammaire?
- Ouais
- Alors?
- Elle est vieille!
- Comment ça fait?
- Je t'aime Tu m'aimes J'aime J'aime J'aime

Apprendre, oui, apprendre...
Sentir les fumiers avant de les apprendre
Dresser son nez faire des exercices particuliers
Le téléphone?
- Allô?
Et puis tout de suite fourrer son nez dans l'écouteur
Oh! la la la la...
- Il n'est pas là monsieur
- Comment?
- Allô? Je n'entends pas mais je sens je sens...
Et tu raccroches
Au début c'est difficile
On ne sait pas si tu écoutes ou si tu renifles
Et puis petit à petit...
Entre Dior et la merde
Il n'y a souvent qu'une question de circuit mal branché...
Je suis un OLFACPHONE

Je suis un vieux corbeau qui traîne sur les fils télégraphiques
Et j'en apprends des choses
Les fils télégraphiques c'est un peu le cabinet de la chose publique
Je n'ose pas décrocher la nuit parce que ça sent quand même

La Méthode?

ART.1 CASSER LES TÉLÉPHONES

Les autres? L'autre?

Les autres c'est facile: C'est toi multiplié par eux c'est clair?
Les autres? C'est tes pantalons enfilés par eux c'est clair?
L'autre? L'autre?
J'y reviendrai

ART.2 CASSER LES AUTRES

Quand tu t'es enfilé comme ça
Une peau de crocodile sur le sentiment
Alors on ne t'approche plus que par ouï-dire:
Ah! celui-là on ne sait pas qui c'est exactement
Et tu poursuis ton chemin ta cig ou ton chien
Si tu as le sens de la réverbération
Les chiens ne sont pas les Autres
Il fallait bien savoir un jour ou l'autre
Les chiens ça réverbèrent un quelque part
Qui est juste sur la bulle de l'Univers un peu en dehors
Ils sont un peu en dehors les chiens

Nous, nous bouillons dans l'Administration
Nous sommes des administratifs

ART.4 CASSER L'ADMINISTRATION

Tu as deux poings?
Frappe sur la table frappe la tête
Tu as deux poings?
Mets-les au bout de tes bras le long de ton corps
Et prends des loups par la main
Ton poing alors s'épanouira comme une fleur matinale

Le silence que j'ai perdu
Au bout de cette rue barrée
Ne m'a jamais été rendu
J'habite en-haut de ces pavés
J'y vois des pays trop marins
Des fleurs de filles délaissées
Et le système de ton bien
Allongées dans cette rue blême
Tu passais sur moi comme un char
C'était de la guimauve encarrossée de miel
Alors je m'abreuvais en regardant dedans
O les sources de brume en ces rues dévêtues...

Tu as deux yeux regarde en-dedans de toi
Et sors-toi par les yeux
C'est aussi ça la Méthode: S'EXTIRPER

ART.5 S'AUTO-VOMIR

Et s'offrir en prime la salope de Cahors
Chacun a une salope quelque part
Moi j'en ai par-ci par-là et à Cahors
Je me souviens de ces lilas
Dont elle fleurissait ma maison
Avant que cette salope-là
Ne prenne sa vrille
Elle m'avait fourgué des fleurs
Histoire de montrer son bon coeur
Ben Dame! Un coeur il faut que ça brille
Y'a des gens que ça fait maronner
De ne pouvoir jamais entrer
Dans l'intimité des Artistes
C'était dans son genre à elle une artiste
Elle est entrée elle est entrée

Le trou de serrure où tu lorgnais
C'était ma cavale de la nuit
Et toi tu venais tapiner
En tapinois en tapis nuit

Dis-moi la salope de Cahors
Où traînes-tu ta gueule encore?
Sur quelle fosse à purin?
Sur quel poulaga en gésine?
Dis donc la voyeuse de Cahors
Sur quel fumier? Sur quel jardin?
Sur quel azur fais-tu ton deuil?
Toi l'amour tu le fais avec ton oeil
Et dire qu'elle me disait l'Autre
- Qu'est-ce qu'ils peuvent être con ces deux-là
Chacun a une salope quelque part
Moi j'en ai par-ci par-là et à Cahors

 

Léo Ferré

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 15:23

Par Loran

Comme un sentiment de révolte propre à notre époque....

Qaïn

Leconte de Lisle

(Extrait)

...

Je regarde marcher l'antique sentinelle,
Le Khéroub chevelu de lumière, au milieu
Des ténèbres, l'esprit aux six ailes de feu,
Qui, dardant jusqu'à moi sa rigide prunelle,
S'arrête sur le seuil interdit par son dieu.

Il reluit sur ma face irritée, et me nomme :
– Qaïn, Qaïn! – Khéroub d'Iahvèh, que veux-tu ?
Me voici. – va prier, va dormir. Tout s'est tu,
Le repos et l'oubli bercent la terre et l'homme;
Heureux qui s'agenouille et n'a pas combattu !

Pourquoi rôder toujours par les ombres sacrées,
Haletant comme un loup des bois jusqu'au matin ?
Vers la limpidité du paradis lointain
Pourquoi tendre toujours tes lèvres altérées ?
Courbe la face, esclave, et subis ton destin.

Rentre dans ton néant, ver de terre! Qu'importe
Ta révolte inutile à celui qui peut tout ?
Le feu se rit de l'eau qui murmure et qui bout;
Le vent n'écoute pas gémir la feuille morte.
Prie et prosterne-toi. – Je resterai debout !

Le lâche peut ramper sous le pied qui le dompte,
Glorifier l'opprobre, adorer le tourment,
Et payer le repos par l'avilissement;
Iahvèh peut bénir dans leur fange et leur honte
L'épouvante qui flatte et la haine qui ment;

Je resterai debout ! Et du soir à l'aurore,
Et de l'aube à la nuit, jamais je ne tairai
L'infatigable cri d'un coeur désespéré !
La soif de la justice, ô Khéroub, me dévore.
Ecrase-moi, sinon, jamais je ne ploierai !

...

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 08:30

Par Loran

"On supprimera l'Ame
Au nom de la Raison
Puis on supprimera la Raison.
On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la Justice.
On supprimera l'Esprit
Au nom de la Matière
Puis on supprimera la Matière.
Au nom de rien on supprimera l'Homme ;
On supprimera le nom de l'Homme ;
Il n'y aura plus de nom.
Nous y sommes."

 

Armand ROBIN , 1945

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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 11:00

Par Loran

- Un poème de mon ami Christian E Andersen -

 

Ne dis rien

épargne cette vaine fatigue

à tes lèvres

à ta pauvre tête fatiguée

qui fait grise mine

un vent fou

à pleines poignées

disperse

dans la montagne

les oiseaux

qui volent tête en bas

on refait le procès

de la sélection naturelle

on écourte on écourte

il y a de grands bruits

de faux qu'on aiguise

et l'amour sur la paille

dans la grange

est rouge

 

CEA 19.8.2011

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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 14:04

Par Loran


Brassens-Le 22 septembre par kitsch

 

Un vingt-deux de septembre au diable vous partites,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous...
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

On ne reverra plus au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous...
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes,
Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous...
Le complexe d'Icare à présent m'abandonne,
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Pieusement noué d'un bout de vos dentelles,
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous...
Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous...
Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes:
Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Et c'est triste de n'être plus triste sans vous



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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 10:14

Par Loran

Les purs désirs se propagent dans l'amertume
des mystères noués à l'aventure matricielle
vont choir devant le miroir des paradoxes
écoeurés de dogmes, de rites et de mythes
éloges des gorges déployées

C'est dingue mais ça tient tout seul
ça s'entretient
ça se maintient dans une constellation givrée
ça tourne autour de rien
que finalement ça devient quelque chose d'inévitable
ça se chuchote d'une oreille à l'autre
sans mesure, sans bavure
doux murmure en plongée
dans la fulgurance du hasard
à la croisée du jouir des regards
inexplorés

Finalement le retour des impossibles
se pointe sur le bout des doigts
pour dénouer la fibre d'un malentendu

 

Huguette Bertrand (extrait de "Lapoésie se mange crue")

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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 05:21

Par Loran

L’homme est là 
Derrière moi 
Discret et silencieux 



Je le devine comme une ombre 
Un souffle une intuition 
Mais je n’ai pas peur, 
Aucune appréhension 


Figée 

Les mains posées sur le rebord du lavabo 
Je sens son regard caresser mon dos 
encore humide, 
Un regard douloureux 
Comme un adieu nécessaire 
D’une tendresse ultime
 

Qu’ai-je fait ! 

Femme outragée 
Animus blessé 
Pendant combien de temps ai-je cautionné ce massacre ? 
Enduré ce simulacre 
De mon identité sublime 
Au fond  
 

Toi qui ne voulais pas mourir 
Qui survivais dans ce carcan 
Défigurant le souvenir 
De mes rêves d’enfant 
Prince charmant 
Prisonnier des chaînes de ma survivance 
Toi mon alter ego 
Victime des blessures de mes premiers balbutiements 
Constat navrant et sans appel 
A l’automne de mes jours 
Je ramasse à la pelle 
Les vestiges d’une défloraison 
Mes amours assassinés
J’entends mon sang qui cogne
 
Dans ma tête et dans ma gorge 
Comme une horloge
Un tic tac en écho
Ton reflet éthéré
Aux contours incertains
Sur le miroir sans tain
Me laisse entrevoir
Un espoir
 
De retrouver enfin 
Tout ce que j’ai perdu
De prétentions insaisissables
 
Avec l’ennui pour seule victoire. 


J’ai tressailli  quand il s’est pressé contre moi
Ses mains refermées sur mes seins
Fermement
Mais tendrement
La rigide délicatesse
De son sexe
Sur mes fesses
Me surprend

 

Un peu crispée j’ai  demandé
«  Qu’est ce que tu fais ? »
Doucement il a murmuré:

 
"Je prends des forces, avant de m’en aller !"

Lilith
2007

 - voir son blog : "Déraisonnable imaginaire"

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Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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