Par Loran
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Il y a de tout en l'Homme, de l'ordure et du divin en parts inégales et fluctuantes... C'est l'éducation diront certains qui développe l'une au détriment de l'autre, c'est la culture diront ceux là quand les suivants invoqueront le manque de foi. Mais s'il y a une chose qui peut sublimer la connerie jusqu'à offrir à l'heureux gagnant une place sur la plus haute marche du podium ou bien son nom gravé en lettres capitales sur le monument aux cons qui devrait trôner sur toutes les places de village c'est l'excuse de la charge, la profession qui déshumanise, l'ordre qui déresponsabilise.
Ainsi la mort elle même qui fait rarement dans la dentelle sait fort bien se rendre odieuse et particulièrement cruelle sous couvert de sa charge en infligeant parfois à ceux qui restent, la double peine de la détresse du départ et de l'horreur des circonstances.
Il y a quelques semaines Lulu, neuf ans, est parti rejoindre le grand Tout. Sous les yeux de sa jeune maman et de son petit frère, le frein de parking a lâché et la voiture de papy est venue l'écraser contre le mur du jardin... Arrivée sur place pour l'enquête, parmi les forces de l'ordre Sarkosiennes, une femme gendarme s'adressant à la maman que le drame tordait de douleurs l'invectiva à peu près de la sorte :
- Madame ! Ressaissez vous ! Bien sur votre enfant est mort mais ça ne le fera pas revenir et j'ai des questions à vous poser !
Lulu croyait que les fonctionnaires zèlés étaient des anges payés par l'état. Moi je sais que l'incapacité à ressentir de la compassion est un symptôme de sociopathe et je m'interroge...
Loran
La nuit charrie dans ses fossés fangeux
la rumeur nauséeuse des relents de misère
et verse à l'égout de mon oreille
le cortège funèbre de ses drames.
La nuit charrie dans mes oreilles
les voix qui déraillent de corps qui se déchirent,
des cadavres encore chauds
des vivants déjà froids
que je vomis au matin
avec le reste de mes tripes.
Loran
J'aurais aimé croire en l'homme
comme ces nouveaux poètes humanistes
que le pluriel n'effraie plus
quand l'égo se met à briller.
J'aurais aimé écrire liberté
au pied des remparts pour les voir s'effondrer.
J'aurais aimé chanter l'humanité
terrassant l'oppresseur...
J'aurais voulu m'appeler Vigneault
et chanter le temps où les hommes vivront d'amour.
J'aurais aimé raconter des histoires
auxquelles j'aurais pu croire.
J'aurais aimé croire en l'homme...
Si celui que vous appelez Dieu,
Quelque soit son Nom est infiniment juste et bon,
s'Il est, comme semblent le dire toutes vos religions,
cet Amour Universel principe de toute chose,
dites moi comment ce "Très haut et très miséricordieux",
si loin de toutes les bassesses de cette pauvre terre,
dites moi comment Lui, l'Inconnaissable, l'Innommable, l'Inatteignable
pourrait vouloir se doter des milices des hommes, des donneurs de leçons,
des légions de clercs qui vous encamisolent, vous emprisonnent, vous encarcanent,
comment pourrait il vouloir de ces prétendus docteurs de la loi qui cousent vos lèvres
après qu'au couteau ils aient mutilé cet affolant bouton de rose dont Il vous avait doté
dans sa grande sagesse comme d'un avant gout de paradis...
Si celui que vous appelez Dieu,
quelque soit son nom,
est créateur de toute chose et de votre libre arbitre,
dites moi comment vous pouvez justifier en son nom vos propres choix,
vos propres fantasmes liberticides.
Eluard écrivait :
"Nous n'irons pas au but un par un mais par deux
Nous connaissant par deux nous nous connaîtrons tous
Nous nous aimerons tous et nos enfants riront
De la légende noire où pleure un solitaire."
Et si celui que vous appelez Dieu (Celui qui est en devenir) n'était autre que notre devenir
lorsqu'au jardin du Cantique, les loups ne garderont plus de troupeaux
et que la divine
ne craindra plus l'âme soeur ?
Loran
hypnotisé par son corsage je contemplais Cécile, l'icône vallée de ses saints ornements
Je t’écris d’une planète en équilibre entre mon cosmos et celui tout aussi
vaste qui nous entoure. A peine un peu de vertige… Je suis dans le créneau favorable pour les transmissions interplanètaires ... Exceptionnellement, nos planètes respectives ont des trajectoires
si proches que nous voguons sur les mêmes longueurs d’ondes. Toutes les planètes se ressemblent un peu je crois, à quelques détails près. Il paraît que certaines sont bleues comme des
oranges. ![]()
L’univers est si grand
qu’inévitablement les questions, les incertitudes sont nombreuses. Peut être regarde-t-on un peu plus les étoiles dans le ciel d’une autre nuit. On raconte qu’un petit prince est venu, accompagné
d’un renard et qui parlait d’étoiles et de rose apprivoisée. C’est une belle histoire que tu as du lire sans doute. Je ne sais pas pourquoi je te dis tout ça, le manque de sommeil sans
doute… Qu’on soit terrien ou habitant de la planète X42B, on se dit que finalement la vie a ses hauts
et ses bas et que globalement on n’a pas à se plaindre, qu’il faut accepter la vie, le stress, la fatigue, l’habitude… l’habitude qui t’enferme le cœur dans un préservatif si tu n'y prends
garde.
Il serait d'ailleurs fort indécent de nous plaindre quand on songe à tous les enferments de ce monde, à toutes les oppressions moyenageuses qui subsistent opiniâtrement. D’extra terrestre à petite terrienne sensible, je peux bien te le dire, je ne rêve pas d’invasion intergalactique. J’aimerais simplement, même si la tienne n'est plus vraiment trés bleue, que nos planètes restent voisines histoire de faire mentir ce vieux Kepler et ses lois.
"Quant à la religion, je n'en parle pas. Cela est un
domaine en dehors de la politique... Allez dans vos temples, priez, je ne vous connais pas. Ce que je demande, c'est la liberté, une liberté égale pour vous et pour moi, pour ma philosophie comme
pour votre religion, pour ma liberté de penser comme pour votre liberté de pratiquer. Ne dites donc pas que nous sommes les ennemis de la religion, puisque nous la voulons assurée, libre et
inviolable. " (L.Gambetta -Discours du 27.9.1872.)
Loran
Le poème est une bulle polyphonique conciliant poète et poésie car s'il y a concil y a bulle...