Quantcast

Divers

Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 01:11

Par Loran

Lettre d'Arthur RIMBAUD à Paul Demeny


Charleville, 15 mai 1871.

 

J’ai résolu de vous donner une heure de littérature nouvelle. Je commence de suite par un psaume d’actualité :

 

Chant de guerre parisien
 
Le Printemps est évident, car
Du coeur des Propriétés vertes,
Le vol de Thiers et de Picard
Tient ses splendeurs grandes ouvertes !
 
Ô Mai ! quels délirants culs-nus !
Sèvres, Meudon, Bagneux, Asnières,
Écoutez donc les bienvenus
Semer les choses printanières !
 
Ils ont shako, sabre et tam-tam,
Non la vieille boîte à bougies,
Et des yoles qui n’ont jam, jam...
Fendent le lac aux eaux rougies !
 
Plus que jamais nous bambochons
Quand arrivent sur nos tanières
Crouler les jaunes cabochons
Dans des aubes particulières !
 
Thiers et Picard sont des Eros,
Des enleveurs d’héliotropes ;
Au pétrole ils font des Corots :
Voici hannetonner leurs tropes...
 
Ils sont familiers du Grand Truc !...
Et couché dans les glaïeuls, Favre
Fait son cillement aqueduc,
Et ses reniflements à poivre !
 
La grand ville a le pavé chaud
Malgré vos douches de pétrole,
Et décidément, il nous faut
Vous secouer dans votre rôle...
 
Et les Ruraux qui se prélassent
Dans de longs accroupissements,
Entendront des rameaux qui cassent
Parmi les rouges froissements !
 
A. RIMBAUD.

 Voici de la prose sur l’avenir de la poésie.

 Toute poésie antique aboutit à la poésie grecque ; Vie harmonieuse. - De la Grèce au mouvement romantique, - moyen âge, - il y a des lettrés, des versificateurs. D’Ennius à Théroldus, de Théroldus à Casimir Delavigne, tout est prose rimée, un jeu, avachissement et gloire d’innombrables générations idiotes : Racine est le pur, le fort, le grand. - On eût soufflé sur ses rimes, brouillé ses hémistiches, que le Divin Sot serait aujourd’hui aussi ignoré que le premier auteur d’Origines. - Après Racine, le jeu moisit. Il a duré deux mille ans !

Ni plaisanterie, ni paradoxe. La raison m’inspire plus de certitudes sur le sujet que n’aurait jamais eu de colères un jeune-France. Du reste, libre aux nouveaux ! d’exécrer les ancêtres : on est chez soi et l’on a le temps.

On n’a jamais bien jugé le romantisme ; qui l’aurait jugé ? Les critiques ! ! Les romantiques, qui prouvent si bien que la chanson est si peu souvent l’oeuvre, c’est-à-dire la pensée chantée et comprise du chanteur ?

Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène.

Si les vieux imbéciles n’avaient pas trouvé du Moi que la signification fausse, nous n’aurions pas à balayer ces millions de squelettes qui, depuis un temps infini ! ont accumulé les produits de leur intelligence borgnesse, en s’en clamant les auteurs !

En Grèce, ai-je dit, vers et lyres rythment L’Action. Après, musique et rimes sont jeux, délassements. L’étude de ce passé charme les curieux : plusieurs s’éjouissent à renouveler ces antiquités : - c’est pour eux. L’intelligence universelle a toujours jeté ses idées, naturellement ; les hommes ramassaient une partie de ces fruits du cerveau : on agissait par, on en écrivait des livres : telle allait la marche, I’homme ne se travaillant pas, n’étant pas encore éveillé, ou pas encore dans la plénitude du grand songe. Des fonctionnaires, des écrivains : auteur, créateur, poète, cet homme n’a jamais existé !

La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, Il la tente, I’apprend. Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! - Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos [1], quoi ! Imaginez un homme s’implantant et se cultivant des verrues sur le visage.

Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, - et le suprême Savant ! - Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé !

 

- la suite à six minutes -

Ici j’intercale un second psaume, hors du texte : veuillez tendre une oreille complaisante, et tout le monde sera charmé. - J’ai l’archet en main, je commence :

 

Mes petites amoureuses
 
Un hydrolat lacrymal lave
Les cieux vert-chou :
Sous l’arbre tendronnier qui bave,
Vos caoutchoucs
 
Blancs de lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !
 
Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron !
On mangeait des oeufs à la coque
Et du mouron !
 
Un soir, tu me sacras poète,
Blond laideron :
Descends ici, que je te fouette
En mon giron ;
 
J’ai dégueulé ta bandoline,
Noir laideron ;
Tu couperais ma mandoline
Au fil du front.
 
Pouah ! mes salives desséchées,
Roux laideron,
Infectent encor les tranchées
De ton sein rond !
 
0 mes petites amoureuses,
Que je vous hais !
Plaquez de fouffes douloureuses
Vos tétons laids !
 
Piétinez mes vieilles terrines
De sentiment ;
- Hop donc ! soyez-moi ballerines
Pour un moment ! ...
 
Vos omoplates se déboîtent,
0 mes amours !
Une étoile à vos reins qui boitent
Tournez vos tours !
 
Et c’est pourtant pour ces éclanches
Que j’ai rimé !
Je voudrais vous casser les hanches
D’avoir aimé !
 
Fade amas d’étoiles ratées,
Comblez les coins !
- Vous crèverez en Dieu, bâtées
D’ignobles soins !
 
Sous les lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !
A. R.

Voilà. Et remarquez bien que, si je ne craignais de vous faire débourser plus de 60 c. de port, - moi pauvre effaré qui, depuis sept mois, n’ai pas tenu un seul rond de bronze ! - je vous livrerais encore mes Amants de Paris, cent hexamètres, Monsieur, et ma Mort de Paris, deux cents hexamètres ! - Je reprends :

 

Donc le poète est vraiment voleur de feu.

Il est chargé de l’humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu’il rapporte de là-bas a forme, il donne forme si c’est informe, il donne de l’informe.

Trouver une langue ;

 Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, - plus mort qu’un fossile, - pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! -

Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle : il donnerait plus - que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Enormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !

Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez ; - Toujours pleins du Nombre et de l’Harmonie ces poèmes seront fait pour rester. - Au fond, ce serait encore un peu la Poésie grecque. L’art éternel aurait ses fonctions ; comme les poètes sont des citoyens. La Poésie ne rythmera plus l’action : elle sera en avant.

Ces poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, jusqu’ici abominable, - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? - Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons.

En attendant, demandons aux poètes du nouveau, - idées et formes. Tous les habiles croiraient bientôt avoir satisfait à cette demande : - ce n’est pas cela !

Les premiers romantiques ont été voyants sans trop bien s’en rendre compte : la culture de leurs âmes s’est commencée aux accidents : locomotives abandonnées, mais brûlantes, que prennent quelque temps les rails. - Lamartine est quelquefois voyant, mais étranglé par la forme vieille. - Hugo, trop cabochard, a bien du Vu dans les derniers volumes : Les Misérables sont un vrai poème. J’ai Les Châtiments sous main ; Stella donne à peu près la mesure de la vue de Hugo. Trop de Belmontet et de Lamennais, de Jehovahs et de colonnes, vieilles énormités crevées.

Musset est quatorze fois exécrable pour nous, générations douloureuses et prises de visions, - que sa paresse d’ange a insultées ! O ! les contes et les proverbes fadasses ! O les Nuits ! O Rolla ! ô Namouna ! ô la Coupe ! tout est français, c’est-à-dire haïssable au suprême degré ; français, pas parisien ! Encore une œuvre de cet odieux génie qui a inspiré Rabelais, Voltaire, Jean La Fontaine, commenté par M. Taine ! Printanier, l’esprit de Musset ! Charmant, son amour ! En voilà, de la peinture à l’émail, de la poésie solide ! On savourera longtemps la poésie française, mais en France. Tout garçon épicier est en mesure de débobiner une apostrophe Rollaque ; tout séminariste en porte les cinq cents rimes dans le secret d’un carnet. À quinze ans, ces élans de passion mettent les jeunes en rut ; à seize ans, ils se contentent déjà de les réciter avec cœur ; à dix-huit ans, à dix-sept même, tout collégien qui a le moyen fait le Rolla, écrit un Rolla ! Quelques-uns en meurent peut-être encore. Musset n’a rien su faire. Il y avait des visions derrière la gaze des rideaux : il a fermé les yeux. Français, panadif, traîné de l’estaminet au pupitre du collège, le beau mort est mort, et, désormais, ne nous donnons même plus la peine de le réveiller par nos abominations !

Les seconds romantiques sont très voyants : Théophile Gauthier, Leconte de Lisle, Théodore de Banville. Mais inspecter l’invisible et entendre l’inouï étant autre chose que reprendre l’esprit des choses mortes, Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. Encore a-t-il vécu dans un milieu trop artiste ; et la forme si vantée en lui est mesquine. Les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles.

Rompus aux formes vieilles : parmi les innocents, A. Renaud, - a fait son Rolla, - L. Grandet, - a fait son Rolla ; - les gaulois et les Musset, G. Lafenestre, Coran, C. L. Popelin, Soulary, L. Salles. Les écoliers, Marc, Aicard, Theuriet ; les morts et les imbéciles, Autran, Barbier, L. Pichat, Lemoyne, les Deschamps, les Des Essarts ; les journalistes, L. Cladel, Robert Luzarches, X. de Ricard ; les fantaisistes, C. Mendès ; les bohèmes ; les femmes ; les talents, Léon Dierx et Sully-Prudhomme, Coppée ; - la nouvelle école, dite parnassienne, a deux voyants, Albert Mérat et Paul Verlaine, un vrai poète. - Voilà. - Ainsi je travaille à me rendre voyant. -

Et finissons par un chant pieux.

 

Accroupissements
 
Bien tard, quand il se sent l’estomac écoeuré,
Le frère Milotus, un oeil à la lucarne
D’où le soleil, clair comme un chaudron récuré,
Lui darde une migraine et fait son regard darne,
Déplace dans les draps son ventre de curé.
 
Il se démène sous sa couverture grise
Et descend, ses genoux à son ventre tremblant,
Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise ;
Car il lui faut, le poing à l’anse d’un pot blanc,
À ses reins largement retrousser sa chemise !
 
Or, il s’est accroupi, frileux, les doigts de pied
Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque
Des jaunes de brioche aux vitres de papier ;
Et le nez du bonhomme où s’allume la laque
Renifle aux rayons, tel qu’un charnel polypier.
 
Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe
Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu,
Et ses chausses roussir, et s’éteindre sa pipe ;
Quelque chose comme un oiseau remue un peu
À son ventre serein comme un monceau de tripe !
 
Autour, dort un fouillis de meuble abrutis
Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres ;
Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis
Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres
Qu’entr’ouvre un sommeil plein d’horribles appétits.
 
L’écoeurante chaleur gorge la chambre étroite ;
Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons.
Il écoute les poils pousser dans sa peau moite,
Et, parfois, en hoquets fort gravement bouffons
S’échappe, secouant son escabeau qui boite...
 
Et le soir, aux rayons de lune, qui lui font
Aux contours du cul des bavures de lumière,
Une ombre avec détails s’accroupit, sur un fond
De neige rose ainsi qu’une rose trémière...
Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond.
 
Arthur Rimbaud

Vous seriez exécrable de ne pas répondre vite car dans huit jours je serai à Paris, peut-être.

Au revoir.

A. Rimbaud.

Publié dans : Divers - Communauté : Poésie française
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 15:12

Par Loran

 

Interview de Laaziza-suzanne-rahmouni.jpgurent Chaineux

réalisée le 19/08/2011

par Aziza Suzanne Rahmouni

pour son site

 

 

 

 

 

 

 

 

Questions/réponses
*La poésie est-elle nécessité d'écrire « vrai » sur des ressentis réellement vécus.
- Je pense que la poésie est préexistante à l'écriture bien qu'elle en émane, de même qu'elle préexiste au ressenti et s'en exhale. Elle en est le creuset et la fonte, la vigne et l'esprit de vin, la soif et l'ivresse, la coupe pleine qu'il faut vider afin qu'elle s'emplisse de nouveau. Quant au "vrai des ressentis" et au "réel du vécu" je dirai que tout dépend du côté où l'entraine la schizophrénie du poète et le poids de son narcissisme. Reste le besoin impérieux et éruptif d'exprimer, il y a des volcans rouges d'effusion et d'autres gris, explosifs, le poète lui, peut être l'un et l'autre...


*Ou est-elle bien d'autres choses aussi... ?
- Je répondrai paresseusement en citant Mallarmé : "La Poésie est l'expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l'existence : elle doue ainsi d'authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle"

*L'art de faire des vers, est-ce un dur travail ?
- Il y a travail et travail... Pour moi c'est toujours avec le sentiment d'être possédé, habité par ce besoin irrépressible d'accoucher, avec ou sans douleur, une vibration ...

*La poésie ouvre des champs vibratoires pour nous relier au monde, qu’en dites-vous ?
- La poésie est un champs vibratoire et le poète est un sourcier, la plume est son pendule oscillant entre deux mondes.

*Est-ce qu’on peut dire que : L’écriture c’est la vie, on y exprime le meilleur comme le pire.
- Non, c'est la vie qui est la vie mais lorsqu'elles s'écrivent avec une majuscule il se peut que l'une soit le miroir de l'autre... ou son reflet ?

*En poésie il y a une éloquence qui pénètre plus que tout autre langue, qu’en pensez-vous ?
La poésie, si mystérieuse, est essence de toute chose, c'est l'éloquence des sens...

*L’écriture peut-être attachement et lien qui se tissent au quotidien ?
- Ecriture prison ?

*Le monde se conjugue en rébellion du coté arabe; qu'en pensez-vous ?
- Les révolutions arabes... pour moi elles sont légitimes mais je serais heureux que nos frères révolutionnaires puissent lire cette fable de La Fontaine et de s'en inspirer : "les grenouilles qui demandent un roi". Enfin, je pense que ces révolutions ne sont que les premières manifestations d'une révolte planétaire contre une mondialisation financière inhumaine.

*la précarité et l'injustice touchent le monde, le poète reste sur le bord des mots, que peut-il faire face à l'agitation des rues?
- Etre un témoin, un porteur de lumière, le chantre d'un humanisme nouveau en marge de tout embrigadement.

*l'élite intellectuelle avait un rôle dans la révolution française, dans les révolutions actuelles on n’entend pas la voix des intellects pourquoi ?
- Peut être à cause d'une légère surdité ou bien d'une crise de foie :)

* Au zéphir de l’âme que pouvez- vous dire
- Quoi qu'en dise certaine légende, aucun vent, pas même l'âme du zéphir, ne passe sans laisser de trace... Le vent se lève et, grain après grain, il déplace des montagnes, transporte des déserts.

* vos définitions pour ces mots : Tricher- La vie,le rêve et l'amour-la pauvreté-
- Tricher, se perdre...
- Je n'ai pas de définition pour "La vie,le rêve et l'amour", juste un bouquet de parfums...
- Pauvreté, capacité à recevoir, contrairement à la coupe pleine qui refuse de verser.

* un dernier mot
- Merci

Publié dans : Divers - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 23:49

Par Loran

 

Monique Andrée Serf, dite Barbara (Barbara Brodi à ses débuts) est née à Paris, le 9 juin 1930...

Bon anniversaire Barbara.

Publié dans : Divers - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 18:32

Par Loran

 

Bonjour à tous,

 

Il y a deux ans, ma première fan me faisait la surprise de ce blog, offert comme un écrin, une vitrine destinée à mes balbutiements poétiques. Elle était bien la seule, à cette époque, à croire que je pouvais avoir du talent ! Elle était même certaine que ce blog aboutirait un jour à une publication...  Intuition féminine probablement !

 

Toujours est-il que, grâce à cette amie de la première heure, j'ai eu le bonheur de voir enfin publié en juin 2010 mon premier recueil (baptisé naturellement "Lézardes et Murmures")  aux éditions Brumerge, et j'en profite pour remercier chaleureusement mon ami Pierre Bruder et les membres du collectif d'auteurs qui ont bien voulu m'accueillir et m'offrir cette chance.

 

A l'occasion de ce deuxième anniversaire comment ne pas avoir une pensée pour le comité de lecture de Francopolis qui m'a ouvert ses portes et publié deux de mes textes en avril 2009, comment ne pas avoir une pensée amicale pour Josiane Hubert et la communauté du Lèse-Art Re-mue qui m'ont offert régulièrement une place dans la rubrique "Le doigt dans l'encre nage" ?  Merci également à tous ces amis rencontrés sur Facebook, écrivains, poètes, artistes pour leurs encouragements et je pense en particulier à Christian Erwin Andersen, Roland Reumond, André Chenet, Michèle Sébal, à Fred, alias Eric Valnerbauch, à Solange Sudarski, Huguette Bertrand, Ophélie Conan, Charle Hansan, Dominique Valle, Hélène Soris, (j'en oublie sans doute...) et à ma famille bien sur qui m'a supporté pendant ces deux années taciturnes...

 

Un grand merci à VOUS mes visiteurs fidèles, Merci à Patricia, Fathia Nasr, Lila Salhi, Nathalie C, à Kitzeb, à Loukristie, à la cotentine, à Brigitte, à Lilith, à Nigritella, Jyckie et tous les autres pour leur fidélité, leur gentillesse et leur indulgence pour mon manque d'assiduité....

 

Merci à tous mes amis des quatre coins du globe pour cette présence chaleureuse et réconfortante qui fut déterminante les jours de désespérance et grisante les jours d'euphorie.

 

Loran

 

 

 

 

Les statistiques générales du blog depuis sa création

Date de création : 28/01/2009
Pages vues : 77 250 (total)
Visites totales : 18 720
Journée record : 09/02/2010 (590 Pages vues)

Mois record :

 

Nombre de commentaires :

01/2010 (7 196 Pages vues)

 

1049

Abonnés à la newslettre

14  (seulement !)

 

 

 

 

Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 09:22

Par Loran

 

 

tatin1  Ma dernière tarte tatin était délicieuse !
   

       Bon, je sais que ce blog n'a pas vraiment vocation à proposer des recettes de cuisine mais qu'est-ce qui m'en empêcherait finalement ? D'autant que j'étais si satisfait de ma dernière Tatin que j'ai envie de la partager avec vous.

 

Une Tatin c'est pas sorcier !!

 

  • Ingrédients : une pâte brisée toute prête, 6 pommes, du sucre en poudre, un peu de beurre, un demi verre d'eau,  une cuillère de vinaigre balsamique.

 

J'ai choisi des pommes de variétés différentes :

 

 pomme-grany.jpg                    

 

 

Deux pommes "Grany"

 

 

 

pomme-canada.jpg           

 

 

Deux pommes "Canada grises"

 

 

 

pommes-reine-des-reinettes.jpg

 

 

 

Deux pommes "Reine des Reinettes"   

 

 

 

 

Au boulot !

  • Je commence par éplucher mes pommes que je coupe ensuite en fines lamelles comme pour une tarte traditionnelle puis, ma tourtière sur le gaz à feu moyen, je fais fondre 40 gr de beurre. Dés que le beurre est fondu je saupoudre le sucre pour couvrir toute la surface de la tourtière sur une épaisseur de 3 a 5 millimètres, j'ajoute un demi verre d'eau et une cuillère de vinaigre balsamique en remuant à l'aide d'une fourchette pour avoir un "sirop" homogène jusqu'à ce que le sucre commence à faire des bulles :o)
  • Sans arrêter le feu sous ma tourtière mais en réduisant un peu, je dispose mes pommes en cercles (toujours comme pour une tarte classique) puis je termine en disposant les lamelles qui restent bien à plat et uniformément.
  • Je retire du feu puis je dispose ma pâte sur les pommes en prenant soin de bien former un bourrelet tout autour
  • Avec une fourchette ou un couteau je fais quelques petits trous dans la pâte pour éviter qu'elle gonfle comme un soufflé pendant la cuisson et je mets au four pour 25 minutes à thermostat 7
  • Quand c'est cuit, reste à retourner précautionneusement la tarte dans un plat.

 

             C'est... vachement bon !!

 

         Si vous avez des suggestions je suis preneur !

 

Loran

Publié dans : Divers - Communauté : LA PLUME D'ARGENT
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 18:45

Par Loran
Duel, non pas vraiment, correspondance...
Je me suis échoué un jour sur son rivage
il y avait une bouteille avec un message
J'ai répondu avant de rejoindre ma rive...


L’Identité Algonquine
 

A travers des rivières et des étroits couloirs en granite et calcaire,
des cascades abasourdies par la chute des vents et des syllabes,
aux chants d’oiseaux tissés dans la cortine des âmes,
on reconnaît le pays Algonquin.

En canoë, sens aux aguets,
chicanée par les rayons de soleil et la brume,
j’attends entrevoir l’amarre et les contours du sol.

Cette identité faite d’incertitudes et
des flèches d’imagination vers l’azimut du Nord,
est enveloppée dans des lacs et des ilots.

Cette identité de tribu navigateur et d’éternels forets,
j’incruste dans l’écorche des arbres qui s’inclinent
et dans la peau des gris échos.

Irina

----------------------------------------------

De vous à moi j'aime cette identité gravée entre la peau éraflée et le tronc griffé des arbres...

Loran

------------------------------------------------

Lampe d’Aladin


Donne-moi un peu de cette fumée de génie
qui s’émeut sous des lentilles opaques -
sentiments faits du bric-à-brac,
poésie que j’écris dans l’autobus
appuyée sur la lampe d’un carnet de brouillons.


Donne-moi un peu du climat ailé
qui transperce la vague matinée
et qui me retrouve recroquevillée dans
les coins perdus du paysage.


Recelés dans leurs carapaces,
mes vers changent
sous la force de la répétition
et la forêt des mots qui s’entrelacent.

Une dentèle pluvieuse de feuilles de bouleau  me soutient.

Et cette incantation sauvage te donnera
la mesure de ma lumière et des lointains azimuts

dans le Babylone des vents.

Irina

---------------------------------------------------------

Sous la neige

j'avais allumé
l'essence des parchemins
de bouleau roulés
embrasant des mélèzes
la brassée de brindilles,
un fagot de bois mort.
Trois patates cendrées
frissonnent sous la braise
et mes vers s'immolent
aux sorcières vapeurs
des langues incendiaires
qui montent aux ramures givrées
leurs paillettes dorées.
Tu ne parles pas,
comme à la messe
où tes pieds ne t'ont jamais porté.
Le feu balance ses pétons
comme des fusées d'artifice
à la rencontre des flocons,
le bois susure et chuinte
et dans ton oeil unique
celui qui brille
délavé par le temps
luisent l'or de la flamme
et le bonheur de l'instant.
J'ai dix ans encore ce soir
Grand père
les patates
Crois-tu qu'elles sont cuites ?

Loran

-----------------------------------------------------------


Coup de canon


Tourelles, chaînons, hallebardes.
Créneaux en fleuves miroitants divisent
les remparts cuivrés de l’après-midi
ou s’épanche le bleu des paroles
et les griffes des anneaux qui attachent
les vitraux aux poteaux.

Le jour se perd dans l’effilochure des détailles -
points dérobés aux masques en plomb,
pointillisme d’un Versailles
accoudés aux fontaines,

où chaque mesure de couleur est un pont
et chaque flocon de neige est la trace
d’un coup de canon.

Irina

-----------------------------------------------------------------


Dentelures

cuivrées de tes remparts
se mirent aux rivières effilochées,
paroles bleutées débordantes
des fontaines de ton art.
Au vitrail de l'infante
Les canons ont tonné
fondant en neige
griffes et plombs
qui passaient en cortège
aux couleurs de tes ponts.
Le jour se perd
aux anneaux sans attache
Versailles désespère
Soleil de gouache

Roture

Loran

-----------------------------------------------------------------


Roture

À la fin de la bataille, tout était perdu.

Vaincue,  flanquée par terre, couverte de plaies
qui saignaient, nez brisé et langue coupée,
je respirais avec peine - princesse en guenilles,
princesse de pacotille,
éclaboussée par la boue des métaphores.

J’étais contente. J’avais survécu.

Naufragée,  après d’âpres tempêtes,  sur une plage mystérieuse,
je me dressais, à genoux,
sur un nouveau continent, aux confins de l’imagination.

Une terre neuve,  vaste et silencieuse, dans lequel
le mutisme des arbres était mon compagnon,
une contrée peuplée
d’inukshuks, petits bonhommes en pierre et calcaire,
qui me servaient des courtiers.

Un totem blanc, érigé avec des sons des voyelles, s'élançait entre
neiges et pétales, vers le Pôle Nord.

Le soleil se perdait, en verglas,  dans le sillage du canoë.

Fatiguée, je choisis un abri pour la nuit.

À peu près endormie, je me suis évanouie de nouveau,
sans avoir pu saisir le rêve qui me guettait –
un rêve des palais.


Versailles.

Irina
http://poesiecanadienne.blogspot.com/


-----------------------------------------------------------------

Plus de pieds

Plus de pieds
et pas de ciel
des glaçons aux narines
et des givres aux lèvres.
Je trainais mes guenilles
la poudreuse aux genoux
songeant aux heures paresseuses
à l'ombre des filles.
Je marchais hagard
sur cette neige de voyelles
déchirées aux ramures
des syllabes noires.
Je n'avais pas vu
sous le blizzard
cet abri de fortune
soudain incendiant mes pupilles
d'ors et de carmins.
Un versailles Algonquin
rougeoyant de braises
où se tendaient les bras
d'une belle algonquine.

Tu as la fièvre dit-elle
reprends un peu de soupe.


Loran





à suivre...
Publié dans : Divers - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 12:13

Par Loran

Je te parlerai
Je te raconterai des histoires
Comme tu les aimes
Le soir
A la veillée

Je te parlerai
De nous
De tout
Pourtant je sais
Que derrière tes grands yeux étoilés
Si tu m'écoutes quand même
Tu ne m'entends pas.
Tu glisses doucement
Dans cet autre monde
Où tes démons abondent
Tu pars inexorablement.

 
Bientôt tu t'effraieras
De cet étranger
Assis à tes côtés
Et j'aurai peur
De ta frayeur.

 

Laurent Chaineux ©

J'écouterai,
Longtemps, le murmure de ta voix déposé sur le mouvement de tes lèvres,
Mon œil fixé sur le ciel où la lune immaculée nous raconte ce "Nous" qui déjà s'en va,
A la hauteur de ce soleil qui me rendait si belle,
Et qui dans le tapis du ciel,
Fait chavirer les autres astres constellés.

Je regarderai,
Fixées dans l'ombre,
Les nouvelles étoiles,
De cette voute sans lune,
Comme le gel en hiver,
Se fixe sur les ramures,
De mes branches au ciel dépouillées de feuillures.

Déjà j'ai froid.
Mon langage se mure,
Crispé dans le bleu de mes doigts.
J'ai froid.

 

© Claude Chatron-Colliet


Publié dans : Divers - Communauté : partage
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

 moi2bis


 Livre d'Or

 

 

couverture-copie-1.jpg

7,00 € / 86 pages
  ISBN: 978-2-917745-24-3 

  Illustration © Laurent Chaineux

   commander :

chez Brumerge

Amazon.fr

 


Partager

overblog

agréable et astucieux :)

Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés