Lézardes et murmures

L'impitoyable éphéméride
irrémédiablement
s' effeuille et jette
dans la grande corbeille,
nos souvenirs de sang.
Ce soir,
le grand sablier aura
d'une nouvelle ride à mon front
froissé cette page.
Le grimoire oublié,
aux parfums de craie,
d'encriers
et de marronniers jaunis,
aux pages nicotines,
tachées en Saône et Loire ou Bordelais,
entre lesquelles
négligemment endormie
à peine effeuillée
une marguerite sourit,
ce grimoire poussiéreux
demain s'ouvrira
sur une page blanche.
Lettre ouverte sur notre vie qui passe
et s'en ira,
avant d'avoir pu dire tant pis,
un pied de nez dans une main
dans l'autre un vieux mouchoir.
Cette page 
je veux l'écrire avec toi
pour qu'avant l'arrivée du froid
nous vivions le temps.
Celui d'un chapitre
ou le temps d'un roman.
Quelle importance ?
Vivre le temps
pour enfin
pouvoir l'arrêter.

Loran



Mar 26 jan 2010 12 commentaires
Les pages grisées de souvenirs qui permettent de s'enivrer de tous les temps ...
raya - le 08/02/2009 à 14h46
tous les temps, n'est pas le temps raya...
josiane - le 08/02/2009 à 15h00
(...)Cette attente... Cette douleur lancinante de l'incertitude lui est tellement familière qu'il finit peut être par la réclamer, la désirer... comme une preuve d'amour qui se cache et murmure à son oreille ce que lui seul sait entendre et qui mouille sa joue de larmes ruisselantes... Alors lui, l'incrédule, se tourne vers le ciel et prie les étoiles pour que la sienne retrouve son éclat scintillant, avec ou sans lui, mais il prie pour qu'elle soit heureuse... et il attend... dans son hall de gare.(...) "Article L'attente du 09/10".... Aprés ça peut on encore avoir le coeur à écrire quelques chose aillieurs?
nisaba - le 08/02/2009 à 15h36
non! on ne peut pas, alors on arrête la douleur, on arrête à vouloir vivre en dehors de son temps... il n'y a qu'un temps pour tout.
josiane - le 08/02/2009 à 17h36
Exactement Josiane, tu es une sage:)...c'est impossible de penser écrire aillieurs si on a pas terminer d'écrire là où il fallait...car la douleur resetra à jamais en nous...Il faut savoir stopper la douleur, car il n'y a qu'un temps pour tout, un seul, et le perdre ailleurs c'est une autre douleur qui arrive .;-)
nisaba - le 08/02/2009 à 18h14
Chapitre... chapitres maladroits.. dommage cela aurait pu être un beau roman :)
C.. - le 11/02/2009 à 03h08
Qu'importe la perte des jours, la fuite du temps... un jour, on retrouve le temps perdu et l'on reprend le dialogue où on l'avait arrêté...
LUEUR - le 08/05/2009 à 00h37
Le temps qui passe... C'est un thème qui me touche beaucoup. Ton poème est magnifique. Quand on le lit, les mots qui le composent défilent inexorablement comme le temps qui passe. J'aime beaucoup le final: "vivre le temps pour enfin l'arrêter". Merci.
Ophélie - le 26/01/2010 à 18h47
Toujours eu un petit faible pour ce joli poème ;)
Chatou - le 26/01/2010 à 20h50
le temps qui passe. j'en sais quelque chose, il en passé une grande partie pour moi. il file de plus en plus vite.
amicalement $$
reinette - le 27/01/2010 à 15h50