Lézardes et murmures

Je marche dans une rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je tombe dedans
Je suis perdu… Impuissant
Ce n’est pas ma faute
Il me faut une éternité pour en sortir

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je fais semblant de ne pas le voir
Je retombe dedans
Je n’arrive pas à croire que je suis au même endroit
Mais ce n’est pas ma faute
Il me faut encore longtemps pour en sortir

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je le vois bien
Je tombe quand même dedans…c’est une habitude
J’ai les yeux ouverts
Je sais où je suis
C’est ma faute
J’en sors immédiatement

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
J’en fais le tour

Je prends une autre rue



 Poême de Portia Nelson

Sam 4 déc 2010 10 commentaires
c'est déja pas mal de changer de rue...
josiane - le 12/03/2009 à 18h11
Je vois cela comme l'image du joueur à qui l'on distribue un certain nombre de cartes. Il n'a pas choisi son jeu mais à partir de là, il est libre d'abattre la carte qu'il veut, bonne ou mauvaise. Il est libre de perdre ou de gagner la partie comme le personnage de Laurent est libre de changer de rue et de continuer à errer...
Carine Geerts - le 13/03/2009 à 18h53
C'est marrant, moi je voyais une évocation du cycle d'incarnation, des vies successives comme autant "d'unités de valeurs" permettant d'accéder au niveau suivant... Ce texte est issu d'un manuel d'analyse transactionnelle.
Loran - le 13/03/2009 à 19h13
Cela peut rejoindre ton idée Laurent.
N'est-ce pas par l'abandon de son libre arbitre que l'homme peut soulager ses souffrances ?
Le retour dans la matière est pour l'âme synonyme de douleur...
La notion de réincarnation aide à supporter la condition terrestre qui peut parfois paraître injuste...
Carine Geerts - le 13/03/2009 à 19h56
moi j'y ai lu beaucoup plus simplement la difficulté de l'être humain à se servir de son expérience propre ou de celles des générations passées.. sa propension à reproduire les mêmes erreurs, le même schéma de pensées et d'actions. Je trouve ce texte optimiste puisque l'homme parvient à modifier son comportement ;)
Chatou - le 14/03/2009 à 07h59
Amusant ! il nous faut souvent refaire la même erreur avant d'en prendre conscience. Bonne fin de journée !
nathalie1962 - le 14/03/2009 à 17h46
@ Nathalie
A force de prendre des gifles, on prend conscience de ses erreurs... L'homme n'est pas condamné au déterminisme. Il reste responsable de ses actes et maîtres de son existence, de ses actions et de ses pensées... A lui de faire le bon choix !
Carine Geerts - le 15/03/2009 à 12h53
"Ah ! Si c'était si simple,
Je fermerais ma gueule,
Je prendrais l'aller simple,
J'aimerais y aller seul"
L'homme n'est il pas "formaté" par son enfance, par son vécu, par ses habitudes, ne doit il pas faire un effort sur lui même pour faire le bon choix, pour en quelque sorte se "déprogrammer" ?
Chatou - le 18/03/2009 à 19h33

Nous sommes toujours attirés par les même sons, les mêmes couleurs, les mêmes odeurs, les mêmes flatteries, les mêmes apprivoiseurs... Peut être est-il moins question de changer que d'apprendre à se connaître.

Laurent - le 04/12/2010 à 11h18

Il faut souvent bien des erreurs pour comprendre que c'est tout simplement le moment de prendre un tournant dans la vie, comme si le destin finalment forçait les choses...

Bises...

Loukristie - le 04/12/2010 à 12h38

Merci de ta venue Lou, c'est toujours une joie pour moi de te lire.

Loran