Lézardes et murmures

    Si la liberté de la presse avait existé aux temps d'Henri de Navarre et de Louis le 14 ème cela se saurait, c'est probable. Par conséquent, et sans sombrer trop facilement dans la complotomania, je crois pouvoir dire que l'Histoire, celle qui est écrite dans les manuels scolaires, n'est qu'une version sujette à caution... Dans ma quête d'une intime conviction il me fut donné de lire un ouvrage estimable que je vous recommande : "Récits des temps Mérovingiens" et  "Considérations sur l'histoire de France " de AUGUSTIN THIERRY.

Lecture faite de ces temps Mérovingiens, une fable de Monsieur De La Fontaine qui jusqu'ici ne m'avait pas sauté aux yeux semble s'éclairer d'une lumière nouvelle... La voici :


Les Grenouilles qui demandent un roi


Les Grenouilles, se lassant
De l’état démocratique,
Par leurs clameurs firent tant
Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique.
5Il leur tomba du Ciel un Roi tout pacifique :
Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant
Que la Gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
10Dans les joncs, dans les roseaux,
Dans les trous du Marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau :
Or c’était un soliveau,
15De qui la gravité fit peur à la première
Qui de le voir s’aventurant
Osa bien quitter sa tanière.
Elle approcha, mais en tremblant :
Une autre la suivit, une autre en fit autant,
20Il en vint une fourmilière ;
Et leur troupe à la fin se rendit familière,
Jusqu’à sauter sur l’épaule du Roi.
Le bon Sire le souffre, et se tient toujours coi.
Jupin en a bientôt la cervelle rompue :
25« Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue. »
Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir,
Et Grenouilles de se plaindre ;
30Et Jupin de leur dire :
« Eh quoi ! votre désir
À ses lois croit-il nous astreindre ?
Vous avez dû premièrement
Garder votre Gouvernement ;
Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devait suffire
35Que votre premier Roi fût débonnaire et doux :
De celui-ci contentez-vous,
De peur d’en rencontrer un pire.
»


Mer 1 avr 2009 4 commentaires
Amusant ces vers de La Fontaine. Ils me font penser combien ce poète avait un esprit fantaisiste mais malgré tout était un observateur implacable de son époque.
Sa prose est très intéressante car elle permet diverses interprétations pour qui se donne la peine d'essayer de comprendre...
Carine Geerts - le 02/04/2009 à 09h52
Les grands esprits se rencontrent (LOL!)car j'ai également consacré un article début Janvier à cette fable qui est effectivement une grande leçon d'histoire et de politique!
Amitiés
Elen
elen - le 02/04/2009 à 12h04
Coucou de la Colline,

Article très intéressant.

Amicalement,
Joséphine.
Joséphine - le 02/04/2009 à 12h12
Coucou Loran
Moi j'aime bien le côté presque "visionnaire" de cette fable..... on dirait presque que La Fontaine l'a écrite de notre temps.....
bonne soirée
bises
morgane - le 02/04/2009 à 19h05