Partager l'article ! Tahar Ben Jelloun: Est il vraiment nécessaire de vous présenter Tahar Ben Jelloun ? Romancier mais a ...
Voici ce que, mieux que moi, dit de lui mon amie Diane :
"Il est mon héritage culturel, un trésor riche et précieux. Grace à lui, j'ai connu la litterarture, la poèsie, et surtout je me suis réconciliée avec mon pays..... Aux confins de mon enfance et mon adolescence, où des problémes géants et interminables s'élevaient....il était là.....toujours présent pour me donner du courage...et comme pour lui être reconnaissante....j'ai appris par coeur toutes ses oeuvres....à force de les lire et de les relire."
"Cette aveuglante absence de lumière" Un roman est tiré de faits réels et inspiré par le témoignage d'un ancien détenu du bagne de Tazmamart...
"(...), cette aveuglante absence de lumière. 'Longtemps j'ai cherché la pierre noire qui purifie l'âme de la mort. Quand je dis longtemps, je pense à un puits sans fond, à un tunnel creusé avec mes doigts, avec mes dents, dans l'espoir têtu d'apercevoir, ne serait-ce qu'une minute une longue et éternelle minute, un rayon de lumière, une étincelle qui s'imprimerait au fond de mon oeil, que mes entrailles garderaient, protégée comme un secret. Elle serait là, habiterait ma poitrine et nourrirait l'infini de mes nuits, là, dans cette tombe, au fond de la terre humide, sentant l'homme vidé de son humanité à coup de pelle lui arrachant la peau, lui retirant le regard la voix et la raison..(..)"
Quel oiseau ivre
(Tahar Ben Jelloun, Les amandiers sont morts de leurs blessures, 1976)
Quel oiseau ivre naîtra de ton absence
toi la main du couchant mêlée à mon rire
et la larme devenue diamant
monte sur la paupière du jour
c’est ton front que je dessine
dans le vol de la lumière
et ton regard
s’en va
sur la vague retournée
un soir de sable
mon corps n’est plus ce miroir qui danse
alors je me souviens
tu te rappelles
toi l’enfant née d’une gazelle
le rêve balbutiait en nous
son chant éphémère
le vent et l’automne dans une petite solitude
je te disais
laisse tes pieds nus sur la terre mouillée
une rue blanche
et un arbre
seront ma mémoire
donne tes yeux à l’horizon qui chante
ma main
suspend la chevelure de la mer
et frôle ta nuque
mais tu trembles dans le miroir de mon corps
nuage
ma voix
te porte vers le jardin d’arbres argentés
c’était un printemps ouvert sur le ciel
il m’a donné une enfant
une enfant qui pleure
une étoile scindée
et mon désir se sépare du jour
je le ramasse dans une feuille de papier
et m’en vais cacher la folie
dans un roc de solitude