Tahar Ben Jelloun

Est il vraiment nécessaire de vous présenter Tahar Ben Jelloun ?

 

Romancier mais avant tout poète il est un des écrivains francophones les plus traduits au monde... Je l'ai découvert il y a seulement quelques années avec son roman "L'enfant de sable" publié en 1985.  

 

 

 

 

 

Voici ce que, mieux que moi, dit de lui mon amie Diane :


 "Il est mon héritage culturel, un trésor riche et précieux. Grace à lui, j'ai connu la litterarture, la poèsie, et surtout je me suis réconciliée avec mon pays..... Aux confins de mon enfance et mon adolescence, où des problémes géants et interminables s'élevaient....il était là.....toujours présent pour me donner du courage...et comme pour lui être reconnaissante....j'ai appris par coeur toutes ses oeuvres....à force de les lire et de les relire."

 

 

 

 

"Cette aveuglante absence de lumière"  Un roman est tiré de faits réels et inspiré par le témoignage d'un ancien détenu du bagne de Tazmamart...

"(...), cette aveuglante absence de lumière. 'Longtemps j'ai cherché la pierre noire qui purifie l'âme de la mort. Quand je dis longtemps, je pense à un puits sans fond, à un tunnel creusé avec mes doigts, avec mes dents, dans l'espoir têtu d'apercevoir, ne serait-ce qu'une minute une longue et éternelle minute, un rayon de lumière, une étincelle qui s'imprimerait au fond de mon oeil, que mes entrailles garderaient, protégée comme un secret. Elle serait là, habiterait ma poitrine et nourrirait l'infini de mes nuits, là, dans cette tombe, au fond de la terre humide, sentant l'homme vidé de son humanité à coup de pelle lui arrachant la peau, lui retirant le regard la voix et la raison..(..)"

 


Quel oiseau ivre  

(Tahar Ben Jelloun, Les amandiers sont morts de leurs blessures, 1976)


Quel oiseau ivre naîtra de ton absence

toi la main du couchant mêlée à mon rire

et la larme devenue diamant

monte sur la paupière du jour

c’est ton front que je dessine

dans le vol de la lumière

et ton regard

s’en va

sur la vague retournée

un soir de sable

mon corps n’est plus ce miroir qui danse

alors je me souviens


tu te rappelles

toi l’enfant née d’une gazelle

le rêve balbutiait en nous

son chant éphémère

le vent et l’automne dans une petite solitude

je te disais

laisse tes pieds nus sur la terre mouillée

une rue blanche

et un arbre

seront ma mémoire

donne tes yeux à l’horizon qui chante


ma main

suspend la chevelure de la mer

et frôle ta nuque

mais tu trembles dans le miroir de mon corps

nuage

ma voix

te porte vers le jardin d’arbres argentés


c’était un printemps ouvert sur le ciel

il m’a donné une enfant

une enfant qui pleure

une étoile scindée

et mon désir se sépare du jour

je le ramasse dans une feuille de papier

et m’en vais cacher la folie

dans un roc de solitude

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés