Samedi 11 février 2012
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11
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/Fév
/2012
12:33
Par Loran
Les mots agonisent,
Foudroyés
Au son péremptoire
De l'intonation
Qui rôde
Et jaillit
Dans un éclair de lame.
Mes lévitations d'inouï
S'effondrent,
Marquant le pas
Au saut des dits
Infusés
De mots citrons
Qui n'assaisonneront plus
Tes salades.
Ce matin
Des mots défunts
se sont pendus à tes lèvres
et mon corps
soupire
au mausolée
Loran (22.01.2011)
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Jeudi 19 janvier 2012
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19
/01
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/2012
01:40
Par Loran
Cette nuit m'accable
de bruits de bottes
et de coups de matraques
de portes que l'on claque
et de fers qui s'entrechoquent
Cette nuit m'accable
de ses cohortes noires
et de leurs chiens de sang
qui rôdent dans ma mémoire
Cette nuit m'accable
de journaux incendiés
de bouches qu'on baillonne
Cette nuit m'accable
de poètes qu'on emprisonne
au retour liberticide
de la nuit macabre
Bientôt
l'aube étendra sa rumeur
sur la retraite des chiens
et blanchira le ciel d'Angye
que cette nuit accable.
Loran
( Pour Angy Gaona - le 19 janvier 2012)
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2
Dimanche 8 janvier 2012
7
08
/01
/Jan
/2012
01:13
Par Loran
C'est arrivé doucement
une approche
un froissement de tissus
dans la bande son
un point de colle
sur l'image
et puis le sentiment confus
que ça cloche
un contre-chant
un contretemps.
J'avais trois ans peut être,
la pellicule qui s'effiloche
le film qui saute
et moi qui me dédouble
et tombe.
L'escalier sombre
la poussière grise
sur les marches noires
les marches noires
la poussière grise
la toile d'araignée
comme une voile
dans l'escalier
qui attend le vent
comme j'attends...
C'est arrivé doucement
un froissement de tissus
un frémissement d'idée
une ombre dans le miroir
que j'ai suivie
et le film a repris
Du fond de mon miroir
je regarde l'écran
et j'y fais bonne figure
je leur donne l'illusion
je fais semblant
de suivre la mesure
Loran
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4
Jeudi 5 janvier 2012
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05
/01
/Jan
/2012
16:16
Par Loran
Elle sans l'sou
qui s'en soucie
si seule
si seulement seule
au sol
qui gèle
rue du désespoir
rude trottoir
de sel
de solitude
où se lachent vos chiens
qui se soulagent
de vos restes
de vos poubelles
interdites.
Qui se soucie d'elle
qui s'éteint
sous vos yeux mous
de chiens bâtards
attendants dociles
la trique ou le ragout
sur le trottoir grésil
où elle s'éteint
si seule
si socialement seule
dans la marge
avenue de la république.
Ainsi la tua-t-elle
ta tellement belle
ment tueuse
menteuse
telle
ment belle
société
modèle.
Loran
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1
Lundi 2 janvier 2012
1
02
/01
/Jan
/2012
17:00
Par Loran
J'ai la mémoire stratifiée
De vies éperdues,
De vies épargnées
Dans les cordes tendues
entre deux espaces temps.
J'ai marché
dans des temps oubliés
d'espaces insoucieux
d'une soupe natale
et j'ai couru
des coeurs incendiés
aux yeux sans couleur.
J'ai fouillé des blessures
Où j'ai bu jusqu'a l'ivresse
De fieleuses liqueurs
Et distillats de chaines.
J'ai senti mon sang bouillonner
dans les vitraux liquides
des yeux de femmes
qui m'offraient leur calice
autant qu'il se glaça
dans des poisons infâmes
où j'ai rencontré dieu
triste comme un saule.
J'ai la mémoire abyssale
des anciens naufrages
et la mémoire céleste
des vieilles envolées.
J'ai la mémoire soleil
de nos nuits de cuivre
la mémoire millénaires
de nos épousailles
toujours recommencées.
Loran
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0
Jeudi 29 décembre 2011
4
29
/12
/Déc
/2011
07:19
Par Loran
Anachorète monolithe
Un souffle
pousse ses racines
et enfle
dans la lumière dénudée
à l'heure neigeuse
du thé.
Peut être que
dans les résidus de vide
du langage myosotis
comme un bruissement qui passe
L'ivre rêve
à tous ces lents demains
qui ventent
sur syllepse.
Loran
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0
Mardi 20 décembre 2011
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20
/12
/Déc
/2011
00:28
Par Loran
L'écriture n'est pas la vie,
mais, tu l'écris...
Il y a l'écrit dit
et puis
il y a l'écrit tu
du verbe terre.
Celui-là tue...
Loran
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0
Vendredi 9 décembre 2011
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09
/12
/Déc
/2011
08:10
Par Loran
Un silence à tout rompre envahissait les jours,
Ou bien était-ce le tumulte de l'ennui
Assourdissant la chambre blanche horizontale ?
Le temps s'était figé, privé d'heures et de nuits
Sous un plafond mité, blafard, imaginal
Où je traçais des yeux d'improbables contours.
Jeanne avait déposé sur la table des fleurs,
Un glaïeul méprisant dans un bouquet d'iris.
Mais j'ignore qui est Jeanne, ou bien était-ce Blanche ?
Du bout des cils j'allongeais mes pâles esquisses,
Le galbe d'un sein ou la courbe d'une hanche,
Des corps enchevêtrés, des creux et des rondeurs,
Puis le plafond céda, comme une déchirure
Silencieuse et sournoise, d'une totale impudeur.
Alors une larme coula puis les corps churent.
Loran
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5
Jeudi 8 décembre 2011
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08
/12
/Déc
/2011
08:18
Par Loran
Au pied de la lettre inutile, des mots semelles
Et des phrases mises en tropes ivres de voyelles,
Vers le point culminant où flotte mon drapeau,
Cheminent aux jardins de ma mémoire d'émaux.
Dans un rire en cascade elle m'offrit un blanc-seing
Puis se coucha fraiche et presque nue, envoutante
Au creux du lit de pierres où sa source ruisselle.
J'ai plongé mes doigts dans l'onde frémissante
Et ma bouche cueillit une langue nouvelle
Ses mots comme du miel se mélangeant aux miens.
Mélange étincelant en quête d'absolu,
Vers le ciel étendit ses ailes et disparut...
Au pied de la lettre inutile, des mots se trainent
Et mes phrases au jardin attendent qu'elle revienne.
Loran
.
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13
Mercredi 7 décembre 2011
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07
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/Déc
/2011
22:16
Par Loran
Aux frontons des édifices,
Aux frontispices,
Si haut
qu'un regard trop lourd
plus jamais ne cueille,
une devise n'a plus cours
Dont je porte le deuil.
Les têtes penchées
des silhouettes voutées
qui dorment sur les trottoirs
perçoivent dans la flaque
Le triste reflet de trois noms
Gravés jadis sur les façades fières.
Des lettres en toc et plexiglas
palissent et tombent sur la pierre
des parvis de glace.
Coquilles vides de mots dévoyés
livrés à l'usure des vents capitaux.
Loran
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1
Vendredi 25 novembre 2011
5
25
/11
/Nov
/2011
06:52
Par Loran
D'un métissage bleu
Aux yeux grands ouverts,
La nuit dilue son encre noire
A l'eau de l'aube, à l'heure blanche.
J'aime cette nuit qui flanche
Sous l'horizon d'ivoire
et la chambre qui s'éclaire
et réveille les feux,
L'ambre chamoisé de ton corps
et ton corps qui se cambre
juste avant l'aurore.
J'attends l'or de tes yeux
et ton sourire de nacre
et le sacre du jour
accroché dans les branches
où mille visages chiffonnent
Mes brouillons de mémoire.
Sous mes yeux entrouverts
Une biche à la roseraie vint boire
pour qui Sisera plus qu'Hever,
oserait, perdant la tête,
Le divin breuvage
D'un métissage bleu
Loran
Voir l'article de Roland Reumond au sujet de ce poème ici
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3
Mardi 1 novembre 2011
2
01
/11
/Nov
/2011
22:22
Par Loran
Fruit confus
Extirpé
Violé
Je suis mort
Au jardin
Des funérailles de l'infante
assassinée.
J'ai
Dans le crâne
Un grenier
Que je promène
Avec ses toiles
Ses pinceaux de poussière
Coulés de la lucarne
Et
Dans le sac qui me courbe l'échine
Des années de plomb
Des siècles de silence
Et quelques brassées d'or.
Je dépose aujourd'hui mon bagage
Je marcherai léger
Sur la fin
De l'histoire.
Celle qui m'attend
Foule le raisin
Du vin
De nos épousailles.
Loran (septembre 2011)
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Mercredi 26 octobre 2011
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26
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/Oct
/2011
21:14
Par Loran
Un poème s'est noyé sous le pont des soupirs
Dans l'eau scintillante d'une nuit vénitienne.
Du papier florentin gonflé de souvenirs
Les mots effacés pleurent l'encre phénicienne.
Un poème s'est noyé pour des mots fredonnés,
Un poète s'est noyé pour des mots périmés
Dans l'âme en doline d'une amante obstinée
revenant d'Argentine qui n'osait plus l'aimer.
Sur le pont des soupirs les pierres se gondolent
Aux versions sibyllines de l'histoire folle
d'un amour immortel qu'on voudrait voir finir
et d'un coeur qui s'enfuit qu'on aimerait retenir.
Loran (le 24/11/2010 "AV")
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Lundi 10 octobre 2011
1
10
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/Oct
/2011
13:21
Par Loran
Là où les hommes s'agglutinent
Là où ils s'organisent
se tyrannisent
se désobligent
autour de leurs mines
de leurs églises
de leur bêtise
qu'ils érigent
en monuments pâles
en arches triomphales
jusqu'autour de leurs villes
de leurs bidonvilles,
Là où ils vivent
Là où ils meurent
pousse une étrange fleur
qu'ils cultivent.
Une fleur qui fait ses lois
ses prix ses crimes et ses croix
ses places ses cours ses escaliers
ses légions, ses déclarations
ses demoiselles et ses garçons
ses tables et présidents
ses affaires et engagements
Une fleur qui fait son vin
dont ils se piquent
en vain
une fleur épique
qui préfère les fronts aux coeurs
une fleur qui pue
une fleur
qui tue...
Loran
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7
Lundi 10 octobre 2011
1
10
/10
/Oct
/2011
08:10
Par Loran
Feux follets
(poème de mes 14 ans, oublié au fond d'un carton)
Qui sont ces petits êtres
au fond de mon jardin?
Qui cela peut-il être
Qui se tiennent par la main.......
Quelles sont ces choses étranges ?
Ils dansent tous en rond
Comme des petits anges
Autour d'un potiron .
Auraient-elles des âmes
Ces petites flammes ?
Qui effrayeraient les dames ?
Ils sont feux follets, non
De ma pensée reflet
Ils dansent d'un pas guilleret.
Laurent - 1973
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