Ecrits vains

Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /Oct /2009 15:25

Par Loran

Départ

.'.

Voici plusieurs mois que mes pas n'ont pas résonné sur les murs de la ruelle qui mène au Temple...

Le fait est qu'il y a presque deux années, le doute s'est installé sérieusement en moi me plongeant dans une profonde réflexion.

Aux frères que j'ai pu rencontrer, ici où là, , je n'ai pas caché mon trouble, évoquant un blocage qu'ils jugèrent passager. Pourtant, je suis arrivé au terme d'un processus de lente maturation qui me conduit ce soir à t'annoncer ma décision de quitter notre institution.

Cette décision n'a pas été facile à prendre cependant je ne peux m'empêcher de sourire à l'évocation du tumulte qui entoura mon passage sous le bandeau, tumulte que j'aurais du comprendre. Je ne peux m'empêcher de sourire en pensant aux bons moments passés, aux moins bons aussi, et je ne peux m'empêcher d'être un poil nostalgique quand je songe au chemin parcouru.

L'initiation est une naissance, je ne suis pas certain que tous en soient convaincus, L'initiation est une naissance et c'est au milieu de vous que j'ai fait mes premiers pas, dans un silence appliqué et dans le Respect, avec un « R » majuscule, du Rituel. C'est ainsi que j'ai grandi parmi vous, jusqu'à la plus haute marche bleue.

 

Parallèlement, pendant cette lente et modeste ascension, je me suis souvent rendu dans mes terres intérieures, dans mes ténèbres, pour y trouver cette lumière mystérieuse dont on dit qu'elle y brille pour qui sait accoutumer son regard.

«  Connais toi, toi même » du vieux Socrate, ou aporie de Pindare « Deviens qui tu es » ?

Simplement suis-je en devenir d'être...

 

Permets moi ici de marquer une pause et citer un court extrait d'une correspondance de Georges Brassens qui convient à mon état d'esprit de ces derniers temps :

 

« Je ne me permettrais pas de parler au nom de tous les anarchistes qui sont, par définition, individualistes. Mais la métaphore que je me suis plu à répéter et qui a si souvent été citée, plus ou moins déformée, est: «Je suis anarchiste au point de toujours traverser dans les clous afin de n’avoir pas à discuter avec la maréchaussée. » Vous aurez compris que c’est là ma transcription personnelle et pragmatique de l’aphorisme d’Élisée Reclus, adopté fièrement en épigraphe par le journal «Le Libertaire»: «L’anarchie est la plus haute expression de l’ordre». Contrairement à ce que l’on voudrait croire, je me suis très peu intéressé aux grandes doctrines politiques ou philosophiques. D’abord parce qu’un anarchiste ne se mêle pas de politique. (Jamais je n’aurais pu envisager de faire le sot en politique!) Puis, parce que l’une ou l’autre de ces idéologies, entre autres faiblesses, me sont vite apparues chimériques à des degrés divers et que j’ai toujours pensé que, si des éléments d’une doctrine peuvent être valables, l’histoire nous démontre que c’est dans la mise en oeuvre que les choses se gâtent. J’ai également souvent répété que la seule révolution possible est de s’améliorer soi-même en espérant que les autres suivent la même démarche. Aussi, très tôt, j’ai entériné un engagement formel avec la confrérie des philosophes et la corporation des « poliicologues »: je n’interviendrai pas dans leurs champs de juridiction et, en contrepartie, ils s’engageaient à ne pas écrire de chanson. » 

 

Voilà, j'arrête là ce bavardage qui peut être souffle déjà quelques soupirs de lassitude sur l'une ou l'autre des colonnes. Je remercie les quelques frères qui ont bien voulu a se soucier de ma disparition, je remercie les autres de m'avoir accepté durant ces quelques années dans leurs paysages cordonniers.

 

J'ai toujours été contre les dogmes d'où qu'ils viennent et contre toute forme de pensée unique, je le resterai...

Je vous quitte donc avec la ferme intention de poursuivre au dehors ma recherche spirituelle, avec intégrité, avec cohérence, liberté d’actions et de pensées… Je ne cesserai d'agir dans le monde en homme libre et de bonnes moeurs grattant la pellicule terne et incendiant le voile des certitudes.

 

Belle école à la vérité dont je referme la porte ! Je regrette simplement qu'elle soit parfois mal servie et que ces trois mots « liberté, égalité, fraternité » qu'on m'avait soumis dans le noir. y perdent parfois leur substance, sacrifiée sur l'autel des conciliabules.

 

Le pluriel ne vaut rien à l'homme...

 

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 18:27

Par Loran

... avoir confiance en l'Homme, pour un nombre impressionnant de gens revient à botter en touche les problèmes que les générations futures, grâce au génie Humain qui ne saurait manquer d'être au rendez vous, sauront résoudre... Certains sont même passés Maîtres dans l'art à peine déguisé du fatalisme : La terre se désertifie pendant que montent les océans, qu'à cela ne tienne, l'Homme s'adaptera... Alea jacta est... Ite missa est...

Si les plateaux étaient dans un parfait équilibre, fort de certaines lois plus ou moins admises, l'optimisme en effet pourrait être de mise... En attendant il n'en est rien et cet optimisme là que mes frères préconisent est selon moi purement suicidaire...

La guerre...entre états ? entre obédiences ? entre courant de pensée ? entre multinationales ?
La guerre entre initiés et Initiés, entre initiés et profanes, entre détenteurs et dépossédés... la guerre du feu, la guerre du fer, la guerre du pétrole, la guerre de l'eau, la guerre des maux...

Combien de grondements de guerres les hommes aux affaires ont ils vu venir et n'ont pas su taire ? J'entendais hier un de ces chers emplumés dire avec emphase : "L'optimisme et les grandes avancées se conjuguent au futur et requièrent l'adhésion, fusse au prix d'une guerre..."

C'est un prix bien trop cher qu'on impose de payer pour n'avoir pas su en temps utile faire preuve d'un pessimisme salutaire...

Je crois en l'homme mon frère, de plus en plus... quoi qu'il y paraisse... je crois en l'homme libre et de bonnes moeurs, celui qui n'est d'aucune autre certitude que celle de l'Amour, celui qui du coq ne retient que le symbole de sa crête solaire et le croissant de lune qui lui sert de queue, celui là même qui oublie de me réveiller en hurlant aux aurores perché sur son tas de fumier... Je crois en l'homme lucide et conscient de ses chaines qui se désembrigade et qui pour tendre à l'équilibre accepte l'idée de déposer dans l'autre plateau un peu de son confort devenu surréaliste... Je crois en l'homme qui peut entendre le mot décroissance sans se sentir outragé.

Je ne supporte plus ces milieux autorisés où l'on s'autorise à penser, où l'on se congratule, ou l'on espére mystiquement une hypothétique alchimie qui de toutes façons ne saurait se produire par manque cruel d'un ingrédient majeur que tout le monde possède mais que personne ne trouve pour cause de cessité...
optimisme triste ou pessimisme gai ???

Et dieu dans tout ça ? Dieu est angoissé... Car croire en l'homme n'empêche pas la crainte de le perdre pour cause de cupidité morbide et de suffisance étouffante...

 

Loran


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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 14:58

Par Loran

     Laplace a dit : « Les découvertes consistent en des rapprochements d'idées susceptibles de se joindre et qui étaient isolées jusqu'alors. »

     Jusqu’à aujourd’hui en tous cas, nous savons que ce sont les sumériens qui inventèrent l’écriture, cependant il est pratiquement certain que l’épopée de Gilgamesh se racontait bien avant qu’elle ne soit fixée dans l’argile et qu’elle a continué encore bien longtemps après à se transmettre de bouches à oreilles.

     A cette époque déjà il est probable que l’accès à l’écriture était réservé à une élite et que le peuple devait se satisfaire de la transmission orale, c’était d’ailleurs encore vrai à une époque pas si éloignée de nous dans les pays occidentaux… Je dis qu’il devait s’en satisfaire mais en réalité bien que la transmission orale fut tributaire des qualités du conteur, je pense que c’était une chance.

     Avant que ne soit inventée la science que l’on nomme «Histoire» la Tradition orale n’était pas otage de la chronologie et des dates. Bien souvent, des personnages qui eux mêmes symbolisaient des époques, ou des énergies ou des phénomènes naturels, voire surnaturels, servaient de jalons historiques et n’existaient peut être que pour symboliser une époque ou une tendance, un courant.

    Certains passages semblables pouvaient se répéter plusieurs fois mettant en scènes des personnages différents, servant ainsi de moyens mnémotechniques, mais permettant de reprendre le message à des degrés ou sous des angles de vue différents. Les mots employés, au delà de leurs significations premières, par leur sonorité s’adressaient aussi à l’inconscient, ou au subconscient comme à une mémoire oubliée qu’ils venaient révéler.


     Selon Freud l'inconscient est l'organisation qui gouverne nos pensées, nos désirs, nos actes ; cette instance est porteuse d'un savoir inconscient auquel nous n'avons pas accès si ce n'est à travers ce qu'on appelle les formations de l'inconscient comme par exemple le lapsus. Il est donc possible de dire que la parole recèle une information cryptée sur celui qui parle mais aussi qu’elle peut atteindre, activer, i-compris par le son, une information inconsciente chez celui qui écoute. «Dans ce langage inconscient « les pensées les plus compliquées et les plus parfaites peuvent se dérouler sans exciter la conscience », nous dit Freud, en 1900, dans « La Science des Rêves » (p.504).


     « De longues périodes durant, on a considéré la pensée consciente en tant que la pensée au sens absolu. À partir de maintenant seulement la vérité se fait jour en nous que la majeure partie de notre activité intellectuelle se déroule inconsciente et insensible à nous-mêmes. » (Le Gai Savoir, Nietzsche, § 333, trad.Klossowski).

     Dans l’inconscient, nous dit Lacan, « ça parle et ça pense, ça fonctionne d’une façon aussi élaborée qu’au niveau du conscient qui perd ainsi ce qui paraissait son privilège » ( «Les Quatre concepts », p.25)

     Plusieurs mots se condensent sur le même sens. Méta ou méto, dans métaphore et métonymie, veulent dire changement. Mais dans métaphore il s’agit d’offrir (phore) un changement de signifiants, tandis que dans métonymie il s’agit d’un changement de sens.

La condensation de mots sur un même sens c’est la Métaphore.

Le déplacement du même mot sur plusieurs sens c’est la métonymie.

     C’est la possibilité infinie du jeu de substitution de mots et de sens que crée la fonction du langage. La mythologie est l’étude des histoires fabuleuses, dit-on. Le grec muthos signifie parole et le mot logos signifie aussi parole. Muthos - logos, c’est donc la parole dans la parole. La parole qui délivre de la parole qui enferme ou inversement.

      L’autre parole qui dans la parole ouvre sur d’autres dimensions c’est ce qui caractérise le discours inconscient. La possibilité infinie du jeu des substitutions de mots et de sens explique la fonction créatrice du langage. Il s’agit de faire parler les mots, de leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.» (Guy Maussat)

Le mental subconscient et l'inconscient jouent un rôle majeur pour ce qui est de contrôler notre vie et notre comportement lorsque nous ne sommes pas totalement éveillés et présent à la conscience de nous-même. Chez l'être humain normal, ils sont responsables de plus de 90% des pensées, sentiments, motivations, désirs, préjugés, angoisses, tensions, maladies, illusions, problèmes de personnalité et comportements quotidiens.

Je considère que la clé des Ecritures qui divisent le monde réside dans cette analogie entre "Conscient et Inconscient" (et leurs interactions) et le "féminin/masculin" de l’Etre, et par conséquent avec "Adam et Eve" ou "Ish et Isha" dans la tradition ésotérique mais aussi avec le mythe d'Abel et Caïn, ou de Hiram/Salomon.

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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 20:32

Par Loran

... n'en faites rien, la dernière fois que quelqu'un l'a fait, moi qui ne suis pas chasseur, j'ai cru ne jamais pouvoir la reprendre.
Se mettre à la place de l'autre, ça part souvent d'une bonne intention et c'est trés louable, mais la chose est moins anodine qu'il y paraît.
Il n'est pas question ici, bien entendu, de la place derrière le volant de sa toute dernière acquisition rutilante et flambant neuve... Acquisition qu'il accepte, du bout des lèvres, et parce que vous êtes son ami, de vous faire essayer... Ni même d'une autre place encore plus délicate et fort bien chantée par Brassens à l'ombre des maris... Non, vous l'avez compris, se mettre à la place de l'autre, c'est tenter de se mettre dans sa peau, dans sa tête... Et là, attention les yeux.....

Se mettre à la place de l'autre ?


Après avoir épuisé tous les arguments, qui n'a jamais prononcé cette phrase ultime : "Mets toi à ma place, qu'aurais tu fait d'autre ?". Ou bien encore, quand le malheur frappe, ne trouvant pas le mot compatissant : " Mon pauvre ami, je me mets à ta place, ce doit être dur..." ?

Se mettre à la place de l'autre ne consiste pas à se mettre en situation à sa place en laissant jouer notre propre personnalité... Trop facile et inutile...

Se mettre à la place de l'autre c'est d'abord et avant tout chercher à le comprendre lui, pour comprendre peut être alors comment pouvoir l'aider ou simplement coexister... C'est faire connaissance avec les sentiments qui l'animent et soulever un des voiles de son caractère.

Un vieux Maréchal disait :"Commander n'est rien, ce qu'il faut c'est comprendre..." et celui là, c'est certain devait être éclairé à tous les étages...

Comprendre l'autre, ce n'est pas adhérer à ses idées, ça n'oblige personne à partager ses vues, mais ça permet sans doute de le respecter en tant qu'homme et c'est tellement plus beau que la tolérance...

Loran

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Lisabuzz.com parle de Lézardes et murmures : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Lézardes et murmures, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Loran mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Lézardes et murmures et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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