De longues lèches de brume sur les toits qui gondolent les osiers se gonflent comme des merles dans le froid à ma fenêtre close une palette grise quelques gouttes de pluie en suspens je m’enfonce dans l’ombre de la maison du fond du vieux fauteuil je sais que va s’effondrer le ciel en eaux brutes j’attends la submersion sonore l’obscur monte encore l’espace rétrécit je vois là-bas la fenêtre grise qui tremble et qui vibre j’entends gronder les cieux interminablement et sur la vitre déjà la pluie fait ses griffes Voilà le monde s’affale en eaux et s’éteint la lumière Je retiens mon souffle et j’attends que revienne l’inspir