Top articles
-
Le coquelicot
A Monica, L'été a mis la lèvre au sein nu de la terre, Y laissant la marque rougie d'un coquelicot. Comme un baillement de feu, il sortit de l'herbe, Et, d'une bouffée, le vent le fit jaillir en flamme. La gueule ardente, rouge comme celle d'un lion,...
-
Toute ta vie ta principale occupation
Âme et corps ligués ensemble comme deux gardiens qui veillent devant le jardin où mûrissent les figues mais l'un est aveugle, l'autre paralytique Ce n'est que lorsque l'aveugle prend le paralytique sur son dos qu'ils peuvent cueillir les figues Sur les...
-
Le rire dans la faille
Je suis un moine errant Comme le renard onirique erre sans errer Fuit sans fuir, rit dans le rayon nocturne Honore les morts d'avant et d'après Comme ce prince à la soyeuse mine Luit dans l'enchevêtrement des formes Court sans courir À la sagesse immobile...
-
ROMÉO ET GINETTE
C’est des feuilles mortes qui s’accrochent Un pull-over pour deux qui s’effiloche C’est une cuisine dans la soumission de l’habitude Contre une envie de respirer des altitudes C’est une télé qui regarde l’amour en faillite, Du quotidien quand l’ennui...
-
L’Île Dissidence
La nuit verte du Sud n’avait rien apprivoisé L’île en jaillit avec la véhémence de la race De nouveau le sang gagne sur ses marées basses. Souvenir redis-moi le nom de ce voyage A rebours au pays de trop-d’enfance Je n’ai rien renié de ma part de lumière....
-
Ghetto
Pourquoi m'enfermerai-jedans cette image de moiqu'ils voudraient pétrifier ?pitié je dis pitié !j'étouffe dans le ghetto de l'exotisme non je ne suis pas cette idoled'ébènehumant l'encens profanequ'on brûledans les musées de l'exotisme je ne suis pas...
-
J'aime l'araignée (Victor Hugo)
J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,Parce qu'on les hait ;Et que rien n'exauce et que tout châtie Leur morne souhait ; Parce qu'elles sont maudites, chétives,Noirs êtres rampants ;Parce qu'elles sont les tristes captivesDe leur guet-apens ; Parce qu'elles...
-
Insecta Zadistarum
Ça a six pattes, ça n’a pas d’ailes, ça a un corps allongé, gros comme une mouche, un dos Noir au milieu, orange sur les côtés, granuleux, un peu comme une arbouse, mais qui ne se mangerait pas (ou si?). Ça se promène sur le bord de la table. Ça n’a pas...
-
Derrière le mur
Le temps nous a liés naguère Avec une chaîne en fer Que la pluie a rouillée Partiellement Il l'a cadenassée Puis a jeté la clé Dans le terrain derrière Le mur qui nous sépare Des regards indiscrets Des promeneurs du soir Dont les chiens couvrent d'urine...
-
le mur traversé
Il y a des nuits sans lune des pays sans rivière et des yeux sans regard Il y a des chambres sans fenêtre des villes sans lumière et des lèvres sans chanson Il y a des chemins sans village des matins sans clarté et des enfants sans pain Mais il y a une...
-
Lettre à Élise
C'est vrai, j'avais promis de t'écrire une lettre, Mais tout se ligue ici pour mieux m'en empêcher Le ciel, la mer, le vent, le sable, le rocher, Il fait trop beau, vois-tu, je vais devoir remettre. J'avais pris mon stylo, mais à quoi bon promettre. Le...
-
Ode à l'Homme simple (Pablo Neruda)
Je vais te raconter en secret qui je suis, moi comme ça, à voix haute tu me diras qui tu es, combien tu gagnes, l’atelier où tu travailles, la mine, la pharmacie, j’ai une obligation terrible, celle de le savoir, de tout savoir, nuit et jour savoir comment...
-
Oceano nox
Oh ! combien de marins, combien de capitainesQui sont partis joyeux pour des courses lointaines,Dans ce morne horizon se sont évanouis !Combien ont disparu, dure et triste fortune !Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,Sous l'aveugle océan à...
-
MOI, J’ AI
MOI, J'AI Moi j'ai réveillonné Avec Van Gogh et Verlaine Avec Vincent François Paul et les autres Avec des crevettes rouges Et des bouillies de cachots Avec des remugles de vin Des bordels d'Arles où les putes trempent leur cul Avec des absinthes des...
-
au bord de l'onde & Femme démone
C'est au bord de l'onde que rêve encore le monde chaque cercle d'eau enferme la clé d'un mot il suffit de laisser miroiter le fond de ses pensées dans l'eau claire d'une rivière pour y pêcher la lumière ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Femme démone reine des...
-
Prière d’un petit enfant nègre ! “Balles d’or” de Guy Tirolien
Seigneur je suis très fatigué je suis né fatigué et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq et le morne est bien haut qui mène à leur école Seigneur je ne veux plus aller à leur école , faites je vous en prie que je n’y aille plus Je veux suivre mon...
-
Pour faire le portrait d'un oiseau
Peindre d'abord une cage avec une porte ouverte peindre ensuite quelque chose de joli quelque chose de simple quelque chose de beau quelque chose d'utile pour l'oiseau placer ensuite la toile contre un arbre dans un jardin dans un bois ou dans une forêt...
-
Hier je suis allé aux sources (C.E.A)
Hier je suis allé aux sources qui irriguent ma mémoire plongeant mes mains d'orpailleur dans des eaux de toutes sortes mes yeux cupides se sont allumés à bien des ors factices ces flux ne me livrèrent jamais qu'incisions vives de carmin pourpres saturées...
-
Les métaphores - Roland Reumond
Les métaphores sont-elles comme les doryphores ? Des bébêtes à pomme de terre, des bibittes à patates, en terres grasses du Québec. Petites bêtes du bon lieu, celui de l’écriture, elles vous boivent le sang des yeux, sans vergogne s’accouplent devant...
-
Plume d'ange
Vous voyez cette plume? Eh bien, c´est une plume... d´ange Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus. Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire. Une nuit, je faisais un rêve désopilant...
-
Queer Poem
I knew a man without a heart: Boys tore it out, they said, And gave it to a hungry wolf Who picked it up and fled. And fled the boys, their master too, All distant fled the brute, And after it, in quaint pursuit, The heartless man reeled on. I met this...
-
Phrases (Illuminations, 1873-1875)
Phrases Quand le monde sera réduit en un seul bois noir pour nos quatre yeux étonnés, — en une plage pour deux enfants fidèles, — en une maison musicale pour notre claire sympathie, — je vous trouverai. Qu'il n'y ait ici-bas qu'un vieillard seul, calme...
-
Une femme créait le soleil
Une femme créait le soleil En elle Et ses mains étaient belles La terre plongeait sous ses pieds L’assaillant de l’haleine fertile Des volcans Ses narines palpitaient ses paupières se baissaient Empesées par le lourd limon de l’oreiller C’est la nuit...
-
Chanson de Moi-Même - extraits - Walt Whitman
1 Je me célèbre moi-même ! Mes prétentions seront aussi les tiennes, Puisque chaque atome qui m’appartient est aussi bien ta part. Je muse et j’y invite mon âme. Je muse et je flâne à mon gré, observant un brin d’herbe estival. Les maisons et les pièces...
-
A mon frère revenant d’Italie
Ainsi, mon cher, tu t’en reviens Du pays dont je me souviens Comme d’un rêve, De ces beaux lieux où l’oranger Naquit pour nous dédommager Du péché d’Ève. Tu l’as vu, ce ciel enchanté Qui montre avec tant de clarté Le grand mystère ; Si pur, qu’un soupir...
/image%2F1260695%2F20250213%2Fob_cd661f_recueil-lezardes-et-murmures.jpg)