Top articles
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l’odeur du café
Mehmet Said Aydın, poète kurde, "Le Jardin Manqué" premier recueil en français le café vient du yemen le rossignol de l’herbe ils disaient qu’on sait pas d’où vient le café quand ils disaient « dégage » et qu’ils le disaient en gueulant qu’on met pas...
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Pessoa - Le gardeur de troupeaux (extraits)
I Jamais je n’ai gardé de troupeaux, Mais c’est tout comme si j’en gardais. Mon âme est semblable à un pasteur, elle connait le vent et le soleil et elle va la main dans la main avec les Saisons, suivant sa route et l’œil ouvert. Toute la paix d’une Nature...
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PASSEPORT
Ils ne m’ont pas connu dans les ombres Qui absorbent mon teint sur le passeport Ils exposaient ma déchirure aux touristes Collectionneurs de cartes postales Ils ne m’ont pas connu Ne laisse donc pas Ma paume sans soleil Car les arbres me connaissent Toutes...
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Le petit chien
La vanité nous rend aussi dupes que sots. Je me souviens, à ce propos, Qu'au temps jadis, après une sanglante guerre Où, malgré les plus beaux exploits, Maint lion fut couché par terre, L'éléphant régna dans les bois. Le vainqueur, politique habile, Voulant...
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la grille en fer
Derrière la grille en fer, ce n'est pas le Jourdain Qui d'eau sourde arrose le petit jardin. C'est un instant d'air frais du matin C'est une brume douce qui court sur la mousse C'est le chant muet de l'herbe qui pousse. Derrière la grille en fer pas d'Abel,...
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Le temps grignote l'enfance
Le temps grignote l'enfance Dans l'armoire aux souvenirs Où dorment nos rêves Dans l'ourlet des draps blancs Les matins d'hier reviennent Avec des bouquets de printemps Qui fleurissent dans la cuisine Où ma mère chantait en repassant Le temps se cache...
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NOTRE CHEMISE RAPEE
Son absence sera longue, livrée au froid dont la morsure, là-bas, en Occident, est de celles que nul ne supporte. O toi, la mère, rassemble donc toutes les couvertures de selle que tu pourras trouver et fais-lui tes adieux, ce gage déposé entre des bras...
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Neiges
Et puis vinrent les neiges, les premières neiges de l'absence, sur les grands lés tissés du songe et du réel ; et toute peine remise aux hommes de mémoire, il y eut une fraîcheur de linges à nos tempes. Et ce fut au matin, sous le sel gris de l'aube,...
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Vagabonde
La courbe à l'horizon S'évase en copeaux frileux Absorbant la lumière pourpre De l'aube naissante Genoux à terre Je devine les troupeaux Aux épaules agglutinées Foulant l'ocre ensommeillée Arc tendu vers le ciel Regard traversant l'épopée Bruyante aux...
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Quatrième station
j'ai retrouvé mon calme. En somme, la rencontre avec la mort avait été brève, comme je l'eus été avec l'assassin ! Puis, d'un seul coup, je me suis mis à trembler, de tous mes membres. Je commençais soudain à comprendre. J'ai porté les mains au visage....
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Règlement de comptes
Safari kenyan Des vulves noires J'encule l'Afrique Des livres d'histoire Petite Annamite Des bordels de Saïgon Poussée par la misère noire Au sperme des hévéas J'encule l'Indochine Des livres d'histoire Galions de soie et d'ivoire Au nez des peuples affamés...
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Rhino féroce
Un mètre quatre-vingt un cul comme un fourgon il était à deux pas en contrebas dans le parc à Rhinos. De dos, Tel une énorme vache en combinaison de plongée aux bourrelets de locomotive Il somnolait sans doute, Je ne voyais pas sa tête. Elle, mignonne,...
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C'est l'heure étrange
C'est l'heure étrange où chasse sur la plaine le Grand Duc affamé choisissant ses victimes. Du manoir déserté La muraille inquiétante jette ses créneaux noirs au néant de la nuit où l'astre blafard portant le voile Luit. Un remord de douves Exhale ses...
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Oser rare
Oser rare : free vol Arrose les mots des sens Que brûlent les idées indécentes en incandescentes paroles. Ose ce ventre en prières assoiffé d'effervescentes caresses d'impudiques envolées. Ose l'obscène et la langue folle, l'érotisme affranchi à la page...
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On supprimera l'Âme
On supprimera la Foi Au nom de la Lumière, Puis on supprimera la lumière. On supprimera l'Âme Au nom de la Raison, Puis on supprimera la raison. On supprimera la Charité Au nom de la Justice Puis on supprimera la justice. On supprimera l’Amour Au nom...
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L'HOMME BRISÉ
Garcia Lorca, détail du panneau droit du Triptyque espagnol d'Andrei Mylnikov (1979). Le vingt-cinq du mois de Juin, on vint prévenir Amargo ; Tu peux couper, si tu veux, les lauriers-blancs de ta cour. Peins une croix sur ta porte et mets au-dessous...
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Je suis né troué
Il souffle un vent terrible. Ce n’est qu’un petit trou dans ma poitrine, Mais il y souffle un vent terrible, Petit village de Quito, tu n’es pas pour moi. J’ai besoin de haine, et d’envie, c’est ma santé. Une grande ville, qu’il me faut. Une grande consommation...
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Pâques à Rimbaud
Je crache sur la braise incandescente des lilas Avec le petit frère Arthur qui ( pour cause de grande mise en herbe additionnelle ) n'est pas là ! Je piétine des eaux, belles comme des flammes La flache, où galvaudaient les pas du doux infâme. Toute la...
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Haute plainte en plaine, l'hiver
Je plante un arbre sec dans le ventre du feu La mèche usée du jour charbonne sous la pluie Naissent les bruits du soir, j'entends rentrer les bœufs La pendule a moulu des minutes de suie. Je suis plus près de toi, qui brouilles le parcours Et qui laisses...
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Cette blessure - Léo Ferré
Cette blessure Où meurt la mer comme un chagrin de chair Où va la vie germer dans le désert Qui fait de sang la blancheur des berceaux Qui se referme au marbre du tombeau Cette blessure d'où je viens Cette blessure Où va ma lèvre à l'aube de l'amour Où...
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L'Ange
J'étais assis, momifié dans un vieux rocking-chair, les yeux hagards. J'étais assis sur le quai d'une de ces gares d'après fièvre quand, avec ou sans or, comme un vol de criquets, les chercheurs furent partis ne laissant plus que ruine. Partout régnait...
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Nous, îlochtones
Tous ces visages Venus du fond de toutes races Parlant la même poussière Et le même sourire Du fond de toutes races Venus traînés arrachés Pour féconder l’Île Réinventer l’Eden De gré ou de force Nous îlochtones D’une terre-volcan D’une histoire-volcan...
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BALLADE DE LA RIME JOLIE
D ites moi où, en quel pays, S'est enfuie ma rime légère Celle, qui aux règles ob é it, Que tout vrai poète vénère. Elle sonnait son carillon d'or Au fond de la forêt d'oubli. L' é cho le raisonnait dès lors, Ce glas des souvenirs enfuis. A la fontaine...
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J'ai tant rêvé de toi - Robert Desnos
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant Et de baiser sur cette bouche la naissance De la voix qui m'est chère? J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués En étreignant ton ombre A se croiser sur...
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L'art poétique
À Charles Morice De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise Rien de plus cher que...
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