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CLANDESTINITÉ
Pour mon amour, j’aurai vainement cherché refuge dans le bréviaire des métaphores. Toute la nuit j’ai veillé sur l’absence des mots. Qu’est-ce qu’écrire sans t’écrire ? Dans la nuit, un homme est tombé. Ou un arbre. Et dans la maison d’à côté, personne...
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E..
En chemin j’ai perdu l’étoile Elle m’habitait au creux des yeux Et y grinçait comme un essieu. Berger sans maison ni voile Je pais l’herbe brûlée des prés D’août, en quête de l'après. Qu’elle me pousse à trébucher Cette bonne pierre de demain Pour que...
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Bluette au coquelicot
Du premier bonjour Jusqu'au dernier tambour Je tournerai autour De tout ce que je vis D'un oeil effarouché Du reste de ma vie Au coeur amouraché De la première fleur des prés. Il faudrait me l'arracher Le rougeoyant amour Qui ne passera de jour Ni le...
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Irina et moi - Duel poètique
Duel non pas vraiment Je me suis échoué un jour sur son rivage il y avait une bouteille avec un message J'ai répondu avant de rejoindre ma rive... L’Identité Algonquine A travers des rivières et des étroits couloirs en granite et calcaire, des cascades...
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Lampe d’Aladin
Donne-moi un peu de cette fumée de génie qui s’émeut sous des lentilles opaques - sentiments faits du bric-à-brac, poésie que j’écris dans l’autobus appuyée sur la lampe d’un carnet de brouillons. Donne-moi un peu du climat ailé qui transperce la vague...
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Òlt
L'Òlt (en occità Òlt i en francès Lot) és un riu del Massís Central. L'Òlt ha donat nom als departaments de l'Òlt (Lot en francès) Il faut le dire simplement, Et le murmurer doucement Pour le conserver longtemps Ce bien doux sentiment Qui naît par beau...
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Ce qui nous sépare - Isis de Laonnie
Je n'ai plus de mots pour dire cette beauté dérisoire fatale que tant de poètes nous imposent avec tact, nuances et froideur je n'ai plus de temps pour les lire non plus le désir de les écouter qu'ils se cooptent entre eux se congratulent de poèmes cruciformes...
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La Belle Dorothée
Le mystère #Baudelaire et la belle Dorothée réunionnaise Le soleil accable la ville de sa lumière droite et terrible ; le sable est éblouissant et la mer miroite. Le monde stupéfié s’affaisse lâchement et fait la sieste, une sieste qui est une espèce...
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Guelta
Glissant aux ocres du Hoggar Ma silhouette bleue, Je portais en moi mon eau Depuis de nombreuses portes Lorsque ses yeux de chat Me lièrent à son ombre Allongée sur le sable. La lumière plongea aux entrailles minérales. Les envoûtements de roche Croisaient...
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Un printemps rive d'Olt
COMME JE DESCENDAIS LA RIVIÈRE IMPASSIBLE Au fil des larges boucles, s'étirent, indolents Éclats de berge scintillants, soleil hésitant Eaux de Mars chuchotant au passage chuintant De la chaussée usée du Pesquier, entonnant Un chant déchu, l'hymne oublié...
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Brise marine
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe...
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Ce n'est pas beau - Edith Berthuit
Ce n’est pas beau, tu sais, l’ordure à ta face Et je ne souris pas à la pourriture Sur tous les bords du détachement, tu resplendis Que te reprocher, si ce n’est l’habitude de faire ? Seule, la tendresse du sourire immédiat t’engage Et ce contrat se termine...
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Saint John Perse, 1924, “Anabase”, section VIII
Lois sur la vente des juments. Lois errantes. Et nous-mêmes. (Couleur d’hommes.) Nos compagnons ces hautes trombes en voyage, clepsydres en marche sur la terre, et les averses solennelles, d’une substance merveilleuse, tissées de poudres et d’insectes,...
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Trompeuses apparences
Depuis le début de la soirée la nuit avait été assez calme et mon téléphone n'avait sonné que pour quelques problèmes de voisinage, les inévitables demandes de médecins et pharmacies de garde et quelques délires nocturnes de l'hôpital psychiatrique. C'est...
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COURONNE DEHORS (Die Niemandrose)
COURONNE DEHORS, craché dehors dans la nuit. Sous quelles étoiles ! Seul l'argent du coeur-marteau battu à gris. Et la Chevelure de Bérénice, ici aussi, - j'ai tressé Je tresse, je détresse, Je tresse. Gouffre de bleu, en toi je repousse l'or. Avec lui...
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à la fontaine de jouvence - Brassens
Les nymphes sont installées sur le rebord de la vasque de la fontaine. Les unes rajustent leur chevelure sur le miroir d'eau, les autres folâtrent et se jettent des poignées d'eau sur la frimousse et les seins. Plus loin, les gouttes d'eau anthropomorphes...
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Adieu à la Meuse - Jeanne d’Arc, A Domrémy (1897)
Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance, Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas. Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance En des pays nouveaux où tu ne coules pas. Voici que je m’en vais en des pays nouveaux : Je ferai la bataille et...
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BARUCH SPINOZA
Brume d’or, le Couchant pose son feu Sur la vitre. L’assidu manuscrit Attend, avec sa charge d’infini. Dans la pénombre quelqu’un construit Dieu. Un homme engendre Dieu. Juif à la peau Citrine, aux yeux tristes. Le temps l’emporte Comme la feuille que...
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Bière
Quand l'apostat Rubinescent Se présenta, Un potentat Concupiscent Tâtait sans hâte La croupe callipyge De la belle Agate. Agate rit Repoussant la main du prélat Passa derrière le zinc Pour servir l' Orval de l'apostat Qui préféra la gueuse Lambic comme...
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Les enfants qui s'aiment
Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout Contre les portes de la nuit Et les passants qui passent les désignent du doigt Mais les enfants qui s’aiment Ne sont là pour personne Et c’est seulement leur ombre Qui tremble dans la nuit Excitant la rage...
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Corps
Croyances étranges de l'homme... Celle-ci le méprise cette autre l'adule... Mais ce corps vestibule sans adoration ni mépris Ce corps véhicule m'emporte et me jette à la faille frivole d'Univers imbriqués, l'un épousant l'autre où le corps exulte et disperse...
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Sur le quai du temps
Sur le quai du temps je me regarde passer le nez à la portière Je traverse le temps dans ce fichu train, déchirure éphémère d'un paysage immobile qui s'étire et se replie. Sur le quai du temps je me regarde passer sans joie et sans remord le nez sur l'horloge...
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Dernière danse, dernier round
D'abord se préserver des coups les poings près du visage. Garder les yeux ouverts, Aux premières loges Voir ce qui arrive. Envelopper chaque blessure Qu'il tentera d'atteindre. Garder l'équilibre. Surtout, Ne pas avoir peur, Ne pas sombrer, Ne pas penser......
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Si tu savais
Loin de moi et semblable aux étoiles et à tous les accessoires de la mythologie poétique, Loin de moi et cependant présente à ton insu, Loin de moi et plus silencieuse encore parce que je t’imagine sans cesse, Loin de moi, mon joli mirage et mon rêve...
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PORTRAIT DE SAINT-POL-ROUX
Le soleil s'éloignait des mitres et des casques poussé par la colère des forêts entraînant avec son ombre les visages noircis par la suie de leurs rêves Et tels des escaliers leurs rêves simulaient leurs nuits et leurs jours absurdes comme une épingle...
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