Top articles
-
Venus d’occident - de Christian Erwin Andersen
Venus d’occident Venus d’occident de gros insectes métalliques bourdonnent dans le ciel ils jettent aux chiens noirs la graine qu’ils mangeront à même la terre cette graine est blanche comme est blême le visage de l’enfant piétiné j’ai vu souvent la charité...
-
Lettre a Marie (Jacques Reda)
Vous m'écrivez qu'on vient de supprimer le petit train d'intérêt local qui, les jours de marché, passait couvert de poudre et les roues fleuries de luzerne. Devant le portail des casernes et des couvents. Nous n'avions jamais vu la mer. Mais de simples...
-
Musickissme - Sonnet par Blaise Cendrars
A Erik Satie. Que nous chaut Venizelos Seul Raymond mettons Duncan trousse encore la défroque grecque Musique aux oreilles végétales Autant qu'éléphantiaques Les poissons crient dans le gulf-stream Bidon juteux plus que figue Et la voix basque du microphone...
-
Les souffles - Birago Diop
Écoute plus souventLes Choses que les Êtres La Voix du Feu s’entend,Entends la Voix de l’Eau.Écoute dans le VentLe Buisson en sanglots :C’est le Souffle des ancêtres. Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaireEt dans...
-
Signe
Je suis soumis au Chef du Signe de l'Automne Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs Je regrette chacun des baisers que je donne Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs Mon Automne éternelle ô ma saison mentale Les mains des amantes d'antan...
-
POÉSIE ininterrompue - extrait - Paul Eluard
L'aile gauche du cœur Se replie sur le cœur Je vois brûler l'eau pure et l'herbe du matin Je vais de fleur en fleur sur un corps auroral Midi qui dort je veux l'entourer de clameurs L'honorer dans son jour de senteurs de lueurs Je ne me méfie plus je...
-
Partir - Aimé Césaire
C omme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juifun homme-cafreun homme-hindou-de-Calcuttaun homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-tortureon pouvait à n'importe quel moment le saisir le...
-
On a replié sa vie - Agnès Schnell
On a replié sa viecomme une carte lue à l’envers.On a replié sa viecomme un livreoù se terrent les dérapageset les boues. On est telle une vieille horlogeobstinée dans le recultaiseuse depuis trop longtemps. On repousse le sommeilon se cogne à l’ombreaux...
-
Va cancer, va - Christian E Andersen
Va cancer vaPousse plus loin et plus fort encoreTes bataillons haïs Tailladés stipendiés massacrés incomprisVa cancer va tu fais plaisir à voirTa révolte est la mienne cancerTu es l'avant-gardeDe la matière cellulaire en révolteVa cancer va ronge nos...
-
Un automne à Paris - Amin Maalouf
A l'amie qui est tombée,Une chanson sur les lèvres,Ensemble nous chanterons, Main dans la main. Pour tous ceux qui sont tombés,Pour tous ceux qui ont pleuré,Ensemble nous resterons,Main dans la main. Pour Paris, ses quais, sa brume,La plage sous ses pavés,La...
-
L’éternité en un clin d’œil
Quiconque voit son double en face doit mourir Échéance du drame au voyant solitaireMiroir un œil regarde un œil qui le regardeOffert et renoncé pur don et dur refusD’étrangère qui n’en peut plus qui n’en peut plusDonatrice abreuvée aux sources des insultes...
-
Sans mot dire
Silencieux tu n’oses effleurer l’émailDes sentiers brûlant de grillons et tu lèvesDes pierres sans attendre l’orage.Seule la fauvette grise en volutes marbréesT’a distrait du jour sombre. Quand le soc s’est fendu sous la violence du rocTu gardas en silence...
-
Quand la nuit consent à me parler
Extrait "Quand la nuit consent à me parler" Ananda Devi - Editions Bruno Doucey 1 A l'aube, tu descendras pieds nusBoire à la rivièreComme ces chats muetsAux pattes cramoisies Tu glisseras sur les pentesEndormies de plaisirSuivre la piste argentéeDes...
-
Je reprends le visage - Jacques PREVEL
Je reprends le visage et je reprends le signeJe lève le poing fermé à l’horizonEt j’entreprends de vivrePour apprendre douteux à mourirJ’écarte tes cheveux tombés sur ton visageEt je dessine en moi pour toi et pour ces joursDes souffrances héroïques et...
-
La Terre est soûle (extrait) Léo Ferré
La Terre s'est carré du pernod dans la gouleAssassinée au zinc d'un café Vendredi Ça devait être un treize où le destin s'abouleLa terre est soûle et prend son pied dedans mon lit Des pieds d'hommes pensants lui brûlent la chausséeC'est un boueux nommé...
-
Chant de guerre parisien
Chant de guerre parisien Le Printemps est évident, car Du coeur des Propriétés vertes, Le vol de Thiers et de Picard Tient ses splendeurs grandes ouvertes ! Ô Mai ! quels délirants culs-nus ! Sèvres, Meudon, Bagneux, Asnières, Écoutez donc les bienvenus...
-
Le manifeste du pélican - Extrait
Le terrorisme n'est pas dans l'écologie mais bien dans l'insouciance capitaliste *** Moi l'homme animal l'homme conscient Moi l'homme Homme je condamne les fils de la chimie les fils de la consommation irréfléchie ceux qui empoisonnent les lacs et les...
-
POUR TROIS LOUIS D’OR - POU TROI PIÈSS LOR
« L’homme seul dans la grotte regardait dans le bruit.Dans le bruit de la mer l’immensité des choses. » Marguerite Duras Je n’oublie pas qu’ils étaient nos frèresLivrant nos âmes aux bois d’enfersJe ne m’en souviens pas était-elle làSilence d’effroi hurlant...
-
la délivrance
la délivrance o n apprend ce qu’est le malheur quand certaines maisons se construisent les murs sentent l’alcool, les rideaux sont d’un jaune maladif, c’est la cigarette des napperons de dentelle sur le poste de télévision, les fauteuils longs, verts...
-
Je t'aime par les chemins noirs - ARAGON -
Je t’aime par les chemins noirs comme ceux-là qui n’ont demeure Et qui marchent toute la nuit toute part à se dépenser J’inscris ton nom sur tous les murs qu’avec moi mon amour ne meurt Qu’ils soient mémoire à mon murmure et preuve par où j’ai passé Où...
-
Ne dis rien - Christian E Andersen
Ne dis rienépargne cette vaine fatigueà tes lèvresà ta pauvre tête fatiguéequi fait grise mineun vent fouà pleines poignéesdispersedans la montagneles oiseauxqui volent tête en bason refait le procèsde la sélection naturelleon écourte on écourteil y a...
-
Et comme si (Maram al-Masri)
Et comme siune voix étouffée me parvenaitvers laquelle mon oreille se tendcomme si quelqu'un pénétrait mes entrailleselle lui prête l'oreilleet de temps à autre capte l'onded'un signalelle l'habille d'un corpsqui devient voixd'abord chuchotéepuis qui...
-
Le Palais (Rudyard Kipling)
Quand j'étais Roi, et Maçon - un maître prouvé et habile, Je me dégageai un emplacement pour élever un Palais, Tel qu'un Roi se doit de construire. Je décidai, et fis creuser selon mes propres instructions. Et juste là, au dessous du limon, j'atteignis...
-
L'endroit était accueillant
L'endroit était accueillant on y avait suspendu les heures. Des ilots de lumière, tamisée de rouge, accueillaient ça et là quelques ombres chinoises aux bois acajou des moucharabieh. Mon cerveau était en pause, On m'attendait, Quelqu'un me fit entrer....
-
Le Vent - Jean-Joseph Rabearivelo
F orce la grotte où marche le vent, source du parfum de l’aurore qu’il verse au seuil vespéral, et de la jeunesse des futaies lointaines qu’il cache dans la tendresse des herbes, et de la splendeur du soleil moribond qu’il ressuscite sur les collines...
/image%2F1260695%2F20250213%2Fob_cd661f_recueil-lezardes-et-murmures.jpg)