Top articles
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Parler (extrait) Philippe Jaccottet
Parler est facile, et tracer des mots sur la page, en règle générale, est risquer peu de chose : un ouvrage de dentellière, calfeutré, paisible (on a pu même demander à la bougie une clarté plus douce, plus trompeuse), tous les mots sont écrits de la...
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Au nom du peuple - Sandor Petöfi -
AU NOM DU PEUPLE (mars 1847) Hâtez-vous de donner au peuple ce qu’il réclame. Ne savez-vous pas qu’il est terrible, quand il se lève, Quand il ne réclame plus, quand il arrache et prend. N’avez vous pas entendu le nom de Georges Dozsa. Vous l’avez brûlé...
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Il disait - Claude de Burine
Il disait Qu'il avait besoin D'une présence Plus silencieuse qu'une lampe Qu'il attendait debout Dans la prairie des larmes Vêtu de la dépouille d'un chêne Car il était l'envoyé des rois Il disait Que rien n'était digne Qu'il lui fallait entrer Dans la...
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L'impénitent
Rôdeur vanné, ton œil fanéTout plein d'un désir satanéMais qui n'est pas l'œil d'un bélître,Quand passe quelqu'un de gentilLance un éclair comme une vitre. Ton blaire flaire, âpre et subtil,Et l'étamine et le pistil,Toute fleur, tout fruit, toute viande,Et...
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LE POETE - Léo Ferré
ALORS VINT LE PRINTEMPS Extrait de L'opéra du pauvre Je voudrais que tout s'arrêtât là du temps compté des hommes Je voudrais que cette vie s'en aille comme la mer s'en va là-bas Sur les épaules dénudées de ces rochers en robe de soirée Rien qu'un moment...
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Je vais dormir / Voy a dormir
Dents de fleurs, coiffe de rosée, mains d’herbe, toi, ma douce nourrice, prépare les draps de terre et l’édredon de verdure. Je vais dormir, ma nourrice, berce-moi. Pose une lampe à mon chevet; une constellation, celle qui te plaît; elles sont toutes...
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L'Homme Juste
Le juste restait droit sur ses hanches solides :Un rayon lui dorait l'épaule; des sueursMe prirent : "Tu veux voir rutiler les bolides ?Et, debout, écouter bourdonner les flueursD'astres lactés, et les essaims d'astéroïdes ? "Par les farces de nuit ton...
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La côte est en vue
La côte est en vue et les lueurs du port et la mer est pensive et s'étale que l'étrave fend silencieuse. La côte est en vue et les lueurs du port. Et le désir à l'eau de rejoindre l'amante et ses blancs acacias qui trempaient leur tignasse à l'encre turquoise...
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Je vis, je meurs - Louise Labé
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ; J’ai chaud extrême en endurant froidure : La vie m’est et trop molle et trop dure. J’ai grands ennuis entremêlés de joie. Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j’endure ; Mon...
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Les pensées séduites par le pouvoir des roches et des forêts ...
À tous les amoureux de la Semois et des bords de Meuse, et en particulier à Florence Noël et à Pierre Gaudu pour ce qu’ils nous partagent de leur amour de la nature. Je me presse d’écrire, car avant le chant du coq il me faut dédicacer ces images. Au-dessus...
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JE N’AI SU QU’HÉSITER...
Je n’ai su qu’hésiter ; il fallait accourir ; Il fallait appeler ; je n’ai su que me taire. J’ai suivi trop longtemps mon chemin solitaire ; Je n’avais pas prévu que vous alliez mourir. Je n’avais pas prévu que je verrais tarir La source où l’on se lave...
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Quand annoncera-t-on la mort des Arabes ? Nizar Qabbani
"Quand annoncera-t-on la mort des Arabes ?" Nizar Qabbani traduit par Abdelaziz Ben Daoud 1J'essaie, depuis l'enfance, de dessiner ces paysQu'on appelle-allégoriquement-les pays des ArabesPays qui me pardonneraient si je brisais le verre de la lune...Qui...
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Trois petites lettres - Brassens
Trois petites lettres Il était une fois trois petites lettres, trois petites lettres de l'alphabet ; pas plus.Trois petites lettres qui, partant du principe que l'union fait la force, se réunissent à la fin du siècle dernier.Au grand bonheur des exploités,...
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Je marcherai léger
Fruit confus Extirpé Violé Je suis mort Au jardin Des funérailles de l'infante assassinée. J'ai Dans le crâne Un grenier Que je promène Avec ses toiles Ses pinceaux de poussière Coulés de la lucarne Et Dans le sac qui me courbe l'échine Des années de...
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J'écris de ce pays - JC MAHY
J’écris de ce pays tordu par de lointains fonctionnairesJ’écris sur les ruines des cités ouvrièresSur les gravats dans les couloirsLes échaudures dans les laminoirsSur les antiques et gais chemins de ferLe ballast sous les pavésLa halte de Fumay, la rame...
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Le Masque - Norge
Elvire portait un masque, le plus joli du monde. Et chacun se laissait prendre au charme de ce masque. Dans la saison pesante on y trouvait la fraîcheur; Et la nuit son pouvoir continuait de luire; Un pouvoir qui allait jusqu'à l'âme; Un beau fleuve n'est...
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L' enfant et l'étoile
Un astre luit au ciel et dans l'eau se reflète. Un homme qui passait dit à l'enfant-poète : " Toi qui rêves avec des roses dans les mains Et qui chantes, docile au hasard des chemins, Tes vains bonheurs et ta chimérique souffrance, Dis, entre nous et...
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Allégorie
C'est une femme belle et de riche encolure,Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.Elle rit à la Mort et nargue la Débauche,Ces monstres dont la main,...
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Hijas del viento - Alejandra Pizarnik
Poème de Alejandra Pizarnik pour lequel je me suis permis une modification personnelle de la traduction de Silvia Baron Supervielle ( Œuvre poétique,Les aventures perdues (1958) traduit par Silvia Baron Supervielle © Actes Sud 2005, p.45) Hijas del viento...
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TV - Gaël Faye
Même au fin fond de mon petit pays, je regardais ma lucarneLes convulsions du monde nous parvenait comme un lointain vacarmeSouvent la télé s'partageait avec l'ensemble du voisinageLa mondovision canapé transforme le globe en un villageLes fractions d'imaginaires...
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Les yeux ouverts- extrait-
Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que...
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Ma désolée sereine - Gaston Miron
Ma désolée sereinema barricadée lointainema poésie les yeux brûléstous les matins tu te lèves à cinq heures et demiedans ma ville et les autresavec nous par la main d'existertu es la reconnue de notre lancinancema méconnue à la cimetu nous coules d'un...
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Barcarolle - Théophile Gautier
Dites, la jeune belleOù voulez-vous aller ?La voile ouvre son aileLa brise va souffler ; L'aviron est d'ivoire,Le papillon de moire,Le gouvernail d'or fin ;J'ai pour lest une orange,Pour voile une aile d'ange,Pour mousse un séraphin. Dites, la jeune belleOù...
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Barcarolle - Neruda
Si seulement tu touchais mon cœur,si seulement tu posais ta bouche sur mon cœur,ta bouche fine, tes dents,si, telle une flèche rouge, tu posais ta languelà où mon cœur poussiéreux martèle,si tu soufflais dans mon cœur, près de la mer, en pleurs,on entendrait...
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POUR QUOI FAIRE ? Maurice Carême
La vérité, mais pour quoi faire ? Répétait chaque jour son frère. La liberté, mais pour quoi faire ? Demandait encore son frère. La justice, mais pour quoi faire ? Elle est trahie, disait son frère. La révolte, mais pour quoi faire ? On nous tuerait,...
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