Top articles
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Babi Yar
Non, Babi Yar n’a pas de monument. Le bord du ravin, en dalle grossière. L’effroi me prend. J’ai l’âge en ce moment Du peuple juif. Oui, je suis millénaire. Il me semble soudain – l’Hébreu, c’est moi, Et le soleil d’Egypte cuit ma peau mate ; Jusqu’à...
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La ville où j’entre en passeuse
La ville où j’entre en passeuse Sur la route de pierre, je traîne le gris de mon âme, rasant le corps friable des murs de la ville. C'est elle qui pleure comme elle perd sa peau d'eau, des larmes de papier aux gémissements de mort, c'est elle qui refuse...
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fourmis grouillant sur mes bras ivres
Ô fourmis grouillant sur mes bras ivres vous avez laissé Van Gogh s’asseoir dans un champ de maïs et se retirer du monde avec un fusil de chasse, fourmis grouillant sur mes bras ivres vous avez poussé Rimbaud au trafic d’armes, fouinant dans les rochers...
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So Long
Il y a toujours une ville, des traces de poètes Qui ont croisé leur destinée entre ses murs L’eau coule un peu partout, ma mémoire murmure Des noms de ville, des noms de gens, trous dans la tête Et c’est toujours la même histoire qui recommence, Horizons...
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LE JARDIN CHAUD
Paul Géraldy et Colette Le jardin chaud, repu de soleil, accablé De trop de jour, s’affaisse. Et les roses, en touffes, Manquant d’air, à l’étroit dans leurs parfums, étouffent. Un rosier feu met des carmins acidulés Dans le grenat béat des pivoines bourgeoises....
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Je m'anarchise
Quand les militants courtisent Quand les courtisans militent ils se montrent promènent à la sauce leurs écrans de fumée puis masquant le vide de leurs échoppes ils décorent leurs vitrines pour alouettes fatiguées. Quand les courtisans courtisent ils s'écoutent...
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Entre la cave et le grenier - Lionel Mazari
interprété par l'auteur ... J'ai retrouvé dans mon grenier un bon vieux livre renversé dont l'encre au sol avait goutté : puis dans la cave, toute allongée une bouteille ; et dans l'escalier l'après-midi s'est installée entre la cave et le grenier. J’ai...
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Nedje Camille Roussan
Tu n'avais pas seize ans, toi qui disais venir du Danakil, et que des blancs pervers gavaient d'anis et de whisky, en ce dancing fumeux de Casablanca. Le soir coulait du sang par la fenêtre étroite, jusqu'aux burnous des Spahis affalés contre le bar,...
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Migrations (Serge Bourquard)
Sur les lèvres noires de l’antre gît couchée la motocyclette en feu A son côté pour la veiller ce corps calciné sous un réverbère aveugle La cafetière est fumante le pain est doré Le fourgon démembré est perché sur un amas de tôles tordues et de béton...
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Les loups ont des têtes de mouton
Julos Beaucarne Depuis qu’Lumumba fut tuéPour avoir dit sa véritéDepuis qu’Lahaut est là en hautParce qu’il avait parlé tout hautDepuis qu’on étouffa une filleDans un avion pour pas qu’elle crieLes loups ont des têtes de moutonDerrière les roses y a des...
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Dans la langue des chiens
voir son blog : http://lafreniere.over-blog.net/ S’il faut une couleur à l’encre sur la page qu’on me traduise en fleur en caresse en baiser en jargon de galet en rime de Cadou, en vers de Villon en ver dans la pomme. S’il faut du son dans mon silence...
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En boucle ! - de Serge Trinquecoste
En boucle ! 4 semaines déjà de ces images blafardes de jaunes en fluo face à des cordons bleus et des canons à eau qui pleuvent des hallebardes . De rond points libérés et de suite repris. De péage gratuits, de radars aveuglés. En boucle sur toutes les...
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- Poésie ininterrompue -
Extrait - Poésie ininterrompue - Paul ELUARD La première femme apparue Le premier homme rencontré Sortant du jeu qui les mêlait Comme doigts d'une même main La première femme étrangère Et le premier homme inconnu La première douleur exquise Et le premier...
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Mot d'elle
Elle sans l'sou qui s'en soucie si seule Elle sans l'sou qui s'en soucie si seulement seule au sol qui gèle et se désole rue des espoirs rude trottoir de sel où se lâchent vos chiens qui se soulagent de vos restes de vos poubelles. Qui se soucie d'elle...
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Lassitude
Jean Pierre Pailler - lassitude (2011) crayon fusain-estompe / dessin 35 x 25 cm Je traîne à chaque pas un boulet trop lourdFait de regrets, d’ennuis, de souvenirs moroses;Mais parfois, remembrant mes plus vieilles amoursJe trouve un doux parfum aux...
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Combien sommes-nous
I l promène sa femme comme il promène son chien tenue par la main rasant les murs du désert urbain Combien sommes-nous liés pieds et mains à ramper dans la boue qui n'vont plus à Nuit Debout Combien sommes-nous ? Combien sommes-nous à ne plus cesser le...
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Champagne - Alan Seeger (en français)
Vous qui rirez demain, dans les fêtes heureuses, A ce vin pétillant, qui fait le teint vermeil Et d’un flot si doré remplit les coupes creuses Qu’on a l’illusion de boire du soleil, Buvez quelquefois, vous les promeneurs paisibles Dont le pas lent s’attarde...
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Ananda Devi - extrait -
Collection « Embrasures » ISBN : 978-2-36229-018-3 "Quand la nuit consent à me parler" Editions Bruno Doucey 25 Q uand la nuit consent à me parlerC'est à la lameQu'elle éminceLes lieux de certitudeQu'elle mutileLes aimés en solitude Quand la nuit consent...
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Et les chiens se taisaient
Aimé Césaire T out s’efface, tout s’écrouleil ne m’importe plus que mes ciels mémorésil ne me reste plus qu’un escalier à descendre marche par marcheil ne me reste plus qu’une petite rose de tison voléqu’un fumet de femmes nuesqu’un pays d’explosions...
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Au café du canal
Paroles et musique : Pierre Perret – © Editions Adèle 1977 Chez la jolie Rosette au café du canalSur le tronc du tilleul qui ombrageait le balOn pouvait lire sous deux cœurs entrelacés‘’Ici on peut apporter ses baisers’’Moi mes baisers je les avais perdusEt...
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Signe 13 - "Je tisse"
Je tisse avec le fil du temps l’histoire du rêve et la mémoire de l’attente maille mot mot maille je fais patienter la douleur du manque et l’avidité du corps j’écoute le récit de mes gazelles et de mes oiseaux je n’entends pas les tempêtes souffler à...
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Ode à la mer
Ici dans l'île la mer et quelle étendue! sort hors de soi à chaque instant, en disant oui, en disant non, non et non et non, en disant oui, en bleu, en écume, en galop, en disant non, et non. Elle ne peut rester tranquille, je me nomme la mer, répète-t-elle...
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Cité - Borges
Jorge Luis Borges, por Cido Gonçlaves Cité Des annoncent lumineuses tiraillent la fatigueDe grossiers charabiasmettent à sac la quiétude de l'âme.Des couleurs impétueusesescaladent les façades étonnées .Des places lézardéesdébordent largement les distances...
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Pire
Y 'aurait tant de choses à direy' aurait tant de choses à faireque je ne sais plus quoi te direque je ne sais plus quoi te fairele délit dans le délire c'est d'attenter à sa viec'est de quitter le navireen pleine intempérie Pire, je m'attends au pirepeu...
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Le cygne dit -
Je capture une cigogne pour l'offrir aux putains d'hier. Une cigogne sonnante et trébuchante. Avec cet oiseau-là, donné le cou battant, les pattes frêles, je désire pour cette nuit, marchand, une fille sans vergogne, aux seins durcis, à l'urine claire....
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